Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Il y a tout juste un an Luca d’Andrea s’est fait remarquer avec L’essence du mal, un premier thriller d’une maîtrise impressionnante. Il nous revient avec un deuxième roman où la montagne est à nouveau un protagoniste à part entière, l’histoire se déroule dans le Sud du Tyrol.

La quatrième de couverture nous parle de Marlène, une épouse qui fuit son mari, emportant avec elle des saphirs. Une banale histoire tellement vue ? Détrompez-vous !  La magnifique plume de l’auteur vous plongera vite dans  un récit de folie teinté de fantastique à la limite de l’horreur.

Luca d’Andréa est un fabuleux conteur, en quelques mots il parvient à créer un certain malaise en nous, il nous immerge dans le froid glacial des montagnes enneigées, il installe une ambiance angoissante proche de celle de certains contes cruels des frères Grimm, une peur qui nous donne des frissons en nous glaçant les os.

Quatre personnages principaux dans ce huis clos, la jeune épouse Marlène, son mari Monsieur Wegener, l’homme de confiance aux trousses de Marlène et Simon Keller qui la recueille. Ce dernier personnage est fascinant et son analyse psychologique est tout simplement extraordinaire. Simon, le vieil homme des montagnes, le Bau’r, l’ermite, l’excentrique éleveur de cochons qui entretient une relation très particulière avec Lissy. Mais qui est Lissy ? « Lissy, ma douce. Ma petite Lissy ». Dans un premier temps, Marlène se sent en sécurité dans cette ferme isolée, mais le cauchemar se dessine lentement, elle court un grand danger, elle doit fuir au plus vite.

Aucun temps mort dans cette chasse à l’homme, la tension s’installe dès les premières pages pour monter crescendo, le lecteur est piégé dans cette spirale effrayante, les chapitres très  courts accélèrent le rythme de lecture, les rebondissements se succèdent tout au long des 440 pages, jusqu’au point de rupture.
Un bémol pour la fin, le soufflé retombe brutalement dans les dernières pages, elles sont incohérentes, en contraste avec le reste du récit et me laissent un goût d’inachevé en bouche. Dommage !

Une chose est sûre, Luca d’Andrea a un indéniable talent, il fait désormais partie des auteurs que je suivrai avec plaisir.

Je remercie les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

Italie, hiver 1974. A bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller.

Editeur: Denoël (coll. Sueurs Froides), 448 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Apocryphe – René Manzor

Apocryphe – René Manzor

J’ai découvert René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus, un énorme coup de coeur. J’ai enchainé avec Les âmes rivales  et Dans les brumes du mal , deux autres coups de coeur.  Vous l’aurez compris, j’adore l’auteur, je l’ai surnommé « le virtuose au talent fou ».

Pour son quatrième roman, il s’éloigne de son univers connu, il ose un énorme challenge, un pari un peu fou, une mise en danger avec une histoire qui se passe au Ier siècle en Palestine à l’époque de Jésus.

Le Larousse me donne la définition exacte du titre  Apocryphe: « se dit d’un texte qui n’est pas authentique, exemple: testament Apocryphe »

L’auteur nous précise une nuance, nous sommes dans un thriller biblique et non un roman historique.

Un passionnant thriller où l’Histoire et la fiction se croisent, une fresque épique qui revisite l’histoire officielle. J’aime beaucoup cette question que pose Ponce Pilate en première page : « La vérité ? Qu’est ce que la vérité ?
Un fabuleux divertissement qui nous plonge deux mille ans en arrière. Une chasse à l’homme haletante, des batailles sanglantes.  De nombreux personnages, certains ont vraiment existé, Judas, les apôtres, Ponce Pilate, Caligula et d’autres relèvent de l’imagination de l’auteur. Un récit bouleversant, un mélange d’aventures et d’émotions à travers la quête de David, un fils en révolte qui cherche son père, Yeshua de Nazareth.
René Manzor est un conteur exceptionnel qui fabrique des images avec ses mots.

Je me suis évadée complètement dans cette lecture, je parlerai de belle réussite, de pari réussi mais hélas, pas de coup de coeur. La raison est simple, je crois tout simplement qu’Apocryphe m’a replongée dans mes cours de catéchisme d’enfance, un vrai traumatisme pour moi.

Je remercie les éditions Calmann Lévy pour leur confiance. Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

4ème Couverture

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Editeur: Calmann Lévy, 400 pages, date sortie: 3 octobre 2018

 

 

 

Organigramme – Jacques Pons

Organigramme – Jacques Pons

Un premier roman qui explore les coulisses de la mode. Bien loin des défilés, strass et paillettes qui font rêver les foules. Nous sommes plongés dans le monde du travail, au coeur d’une entreprise de luxe, La maison Louis Laigneau.
Jacques Pons dépeint à merveille l’univers impitoyable d’un système qui ne pense qu’aux chiffres, aux actionnaires et à la compétition, au détriment de l’humain.
Bienvenue en enfer, tout y est permis: les conf call à n’importe quelle heure, le pouvoir et ses chantages, les coups bas, les hypocrisies, les jalousies, les cadences de dingue et j’en passe. Les tensions, les petages de plomb, les burn out se multiplient, mais qu’importe la souffrance, après tout… les employés sont des rouages interchangeables.

Et au milieu de tout ce stress… un tueur !
Une première exécution, suivie de disparitions, de suicides et autres bizarreries. Ah c’est sûr, il a la haine. Mais qui veut se venger ?  Et pourquoi ? Le doute, la peur et la paranoïa s’installent, tout le monde en vient à se soupçonner, à se regarder bizarrement du coin de l’oeil, les cadavres s’accumulent et l’ambiance devient carrément invivable.

Les chapitres courts, le rythme enlevé, les nombreux rebondissements, les alternances entre l’enquête et les pensées du tueur et son plan machiavélique nous immergent complètement. L’auteur a eu l’excellente idée de placer le  lecteur au centre du puzzle, il mène l’enquête en tournant les pages de plus en plus vite, il cherche en comptant les morts, il s’égarera plus d’une fois avant de connaitre le fin mot de l’histoire.

Une belle réussite pour un premier roman mais ce n’est assurément pas un coup de coeur.  Je vous avoue que je suis restée un peu hermétique à cette histoire et n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les nombreux personnages.  Ceci n’est bien sûr que mon humble ressenti personnel. Voyez par vous-même !

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.

4ème Couverture

La vision sans exécution n’est qu’hallucination.
Telle est la devise du célèbre patron de la Maison Louis Laigneau, fleuron du luxe français. Martelée en chaque occasion, de séminaires de créativité entre beautiful people en conference calls des membres du CoDir, elle va également devenir celle d’un tueur dont le seul but est d’anéantir de façon brutale, méthodique et cruelle l’intégralité de l’entreprise et de ses salariés. Quelles sont ses motivations ? Quelles sont réellement ses cibles? Pourquoi un tel déferlement de haine froide ?Une chose est sûre: rien ni personne ne sera épargné dans la réalisation de ce mortel projet.

Editeur: Hugo Thriller, 379 pages, date sortie: 20 septembre 2018

Le douzième chapitre – Jérôme Loubry

Le douzième chapitre – Jérôme Loubry

Quand le passé vous rattrape…

Il y a tout juste un an, Jérôme Loubry s’est fait remarquer avec un brillant premier roman Les chiens de Détroit , un beau coup de coeur pour moi. J’avais écrit dans ma chronique « Jérôme Loubry… de la graine de géant » .  Il nous le prouve totalement avec Le douzième chapitre. Pas évident de négocier le deuxième virage en sachant que le public vous attend au tournant. Pari réussi ! L’auteur confirme son grand talent, il nous surprend et se renouvelle.

Changement de décor, changement d’ambiance dans cette histoire magnifiquement construite mêlant deux époques, le présent et 1986. L’été 1986, deux enfants de douze ans vivent un drame durant leurs vacances en Vendée. Leur amie Julie disparait brutalement. Ils n’en parleront jamais. Devenus adultes, l’un est écrivain, l’autre éditeur, ils reçoivent tous deux un étrange manuscrit relatant une partie des événements du fameux été, le douzième chapitre est différent pour chacun. Qui veut réveiller cette histoire ? Les anciennes blessures s’ouvrent et David entame une quête pour faire la lumière sur ce passé resurgissant brutalement.  Une véritable obsession pour lui, il est prêt à exhumer ses souvenirs, peu importe le prix, il veut déchiffrer le dernier chapitre.

Nous sommes immédiatement happés et envoûtés par ce mystère qui plonge ses racines trente ans en arrière. Jérôme Loubry a un don particulier pour créer des ambiances captivantes et angoissantes, le livre se dévore quasi d’une traite,  tellement curieux de connaitre le mot de la fin.

Parallèlement à la merveilleuse intrigue, le récit revisite l’enfance avec beaucoup de sensibilité, de tendresse et une certaine nostalgie, il nous interroge sur l’amitié, les premiers émois, l’insouciance, la perte de l’innocence, les secrets et les promesses tenues.

L’auteur nous manipule, il sème des indices, nous les suivons pas à pas, il brouille les pistes, nous nous égarons en émettant des hypothèses, la tension monte en puissance, les émotions affleurent dans tous les sens, nous sommes en haleine jusqu’aux toutes dernières pages et là … nous nous prenons l’éblouissant final en pleine face.

Du grand art monsieur Jérôme Loubry !

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann Lévy pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît.
30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les évènements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire.

Editeur: Calmann Lévy Noir, 320 pages, date sortie: 5 septembre 2018

Bilan lecture – septembre 2018

Bilan lecture – septembre 2018

10 livres lus, soit 4693 pages.

Waouh, je n’en reviens toujours pas ! Quel exceptionnel et extraordinaire mois lecture !

Un bilan plus que réjouissant !!!  Imaginez… J’ai commencé le mois avec deux énormes coups de coeur.  J’ai poursuivi avec deux très belles découvertes, suivies de deux déceptions. Bah oui, même si je choisis de mieux en mieux mes lectures, c’est pas gagné à chaque fois. Ensuite, boum boum ! deux nouveaux coups de coeur. Et je termine le mois avec la confirmation d’un talent que je suis depuis ses débuts et une très belle découverte.
Si je compte bien, 2 + 2 = 4 coups de coeur pour 4 auteurs que je ne connaissais pas, j’en jubile encore !!!
Alors, elle est pas belle la vie d’une serial lectrice ?

Allez, c’est parti pour un résumé de mes lectures. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

Sa majesté les ombres – Ghislain Gilberti : COUP DE COEUR !
740 pages qu’on dévore en apnée à une vitesse incroyable, sans pouvoir décrocher un instant.
740 pages hallucinantes qui envahiront vos journées et raccourciront vos nuits.
740 pages à couper le souffle, bourrées d’adrénaline, d’action et de rebondissements.
740 pages d’une rare intensité qui décoiffent sec et balaient tout sur leur passage.
740 pages puissantes, noires et violentes qu’on referme à regret, on n’est pas prêt de les oublier !

Les marcheurs – Frédéric Mars : COUP DE COEUR !
Un thriller brillant et intelligent. Un parfait mélange entre Politique, Enquête et Emotion.
Un thriller qu’on ne lit pas, on le vit à 100% le coeur au bord de l’explosion !

Moi, témoin – Niki Mackay : La surprise que je n’attendais pas. Un thriller psychologique qui m’a embarquée complètement, lu d’une traite. Une belle réussite pour ce premier roman très prenant.

Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil : Le roman s’inscrit dans une actualité sensible mais se démarque de tous les autres abordant la radicalisation. L’auteur ose le pari risqué d’explorer l’autre face du terrorisme, la face cachée dont on parle si peu, les groupuscules d’extrême droite qui veulent plonger la France démocratique dans le chaos. Tout aussi terrifiant que l’extrémisme islamique. Excellent !

La rivière de l’oubli – Cai Jun : L’histoire est longue, très dense, elle se déroule sur vingt ans. Si elle démarre rapidement, elle est loin d’être linéaire, elle va et vient dans le temps sans aucune logique. L’enquête est très originale mais complexe et assez difficile à suivre. Le lecteur s’embrouille, il doit s’accrocher pour suivre la pensée « zigzagante » de l’auteur et les nombreux personnages. Pour les amoureux de la culture chinoise !

Délicieuse – Marie Neuser : Un roman inclassable entre le roman d’amour, la tragédie grecque et le thriller psychologique, un brillant exercice littéraire, un roman original, une plume exceptionnelle mais j’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher à ce texte. C’est long, très long, un long monologue de 480 pages. Un roman qui fera le bonheur des psychanalystes, j’en suis certaine.

Dégradation – Benjamin Myers : COUP DE COEUR !
Un roman exceptionnel.  Les éditions du Seuil ont déniché une pépite noire. Un terrible roman … noir, macabre et décadent. Les vrais amateurs de noir vont l’adorer.

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti : COUP DE COEUR !
Un incroyable premier roman qui possède ce petit quelque chose de plus que les autres. Un thriller d’atmosphère d’une maîtrise impressionnante, comme si Ilaria Tuti était née avec une plume en or en main. Sur le toit de l’enfer possède ce supplément d’âme que j’aime tant. J’ai adoré la sensibilité toute particulière de l’auteure. Retenez bien son nom, elle va faire beaucoup de bruit dans les prochaines années.

Torrents – Christian Carayon : L’intrigue criminelle en toile de fond n’est qu’un prétexte pour aborder les thèmes chers à l’auteur : la famille, ses secrets et leur poids, les non-dits et leurs conséquences, l’enfance, ses blessures et ses rêves. La grande Histoire et ses liens avec nos petites vies, la collaboration et la résistance durant la seconde guerre, ses plaies et ses cicatrices, les horreurs commises en toute impunité à la libération.

La coupure – Fiona Barton : Un excellent thriller psychologique. L’histoire de trois femmes liées par un secret. Un entrefilet dans un journal va bouleverser la vie de ces trois femmes. Il relate la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier, probablement enterré là depuis les années 80.

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Sa majesté des ombres – Ghislain Gilberti

Les marcheurs – Frédéric Mars

Moi, témoin – Niki Mackay

Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil

La rivière de l’oubli – Cai Jun

Délicieuse – Marie Neuser

Dégradation – Benjamin Myers

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti

Torrents – Christian Carayon

La coupure – Fiona Barton

 

La coupure – Fiona Barton

La coupure – Fiona Barton

Un excellent thriller psychologique !

Je découvre enfin Fiona Barton avec son deuxième roman. Et je dois vous dire que c’est une très belle surprise pour moi.

La coupure, c’est l’histoire de trois femmes en souffrance liées par un secret.

Kate, une journaliste qui a peur d’être mise au placard, prête à tout pour dénicher le scoop.
Emma, une éditrice free lance qui traine un gros problème psychologique et un lourd secret.
Angela, elle n’arrive pas à faire le deuil de son bébé enlevé à la maternité dans les années 70.

Un entrefilet dans un journal va bouleverser la vie de ces trois femmes. Il relate la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier, probablement enterré là depuis les années 80.

Kate flaire le bon papier,  elle décide de mener l’enquête, déterminée à identifier le bébé.  Les blessures d’Angela se rouvrent, son douloureux passé ressurgit et la submerge, elle se demande s’il s’agit des restes de son bébé. Emma a beaucoup de mal à contenir son secret, il remonte petit à petit à la surface en ouvrant des portes qu’elle croyait fermées.

L’histoire démarre lentement, l’auteure prend son temps pour installer l’ambiance, touche après touche. Des éléments sans lien apparent entre eux pourraient dérouter certains lecteurs au début. Rassurez-vous, toutes ces histoires vont s’entremêler à merveille pour composer un magnifique puzzle.

L’une après l’autre, les trois femmes vont dérouler leurs vies… les failles, les douleurs, les doutes, les remords, les angoisses, les mensonges. Nous les suivrons dans leurs souvenirs à différentes époques et c’est fort émouvant.
J’ai eu une énorme empathie pour ces femmes, je les ai ressenties de l’intérieur avec beaucoup d’émotions. Fiona Barton les étudie en profondeur, comme si elle était dans leur peau et nous offre de très beaux portraits, fouillés, précis, subtils. Elle décrit aussi tellement bien les relations mère-fille, la maternité et le sentiment d’être mère.

Je vous avoue avoir été complètement happée dès les premières pages, j’ai beaucoup aimé l’ambiance et les longueurs ne m’ont nullement gênée. (Je le dis souvent, il y a les longueurs inutiles qui m’ennuient et celles qui apportent quelque chose au récit !).
Curieuse du dénouement de l’histoire, je n’ai pas pu lâcher ma lecture en cours de route. J’ai eu l’impression de mener l’enquête avec Kate, de deviner, de tout comprendre… pour réaliser que j’étais complètement à côté de la plaque, que je partais sur une fausse piste. Dans la deuxième moitié, la tension monte crescendo, l’enquête prend de la vitesse, je vais de surprises en révélations jusqu’au twist final bouleversant.

A découvrir absolument !

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

Editeur: Fleuve (coll. Fleuve noir), 480 pages, date sortie: 13 septembre 2018

Torrents – Christian Carayon

Torrents – Christian Carayon

J’ai beaucoup aimé les deux premiers romans de Christian Carayon « Le diable sur les épaules » et « Un souffle une ombre », c’est avec une certaine excitation que je me suis plongée dans son dernier opus.

Des morceaux de cadavres sont retrouvés dans une rivière au coeur d’un petit village. Ce sont les corps de deux jeunes femmes disparues depuis longtemps. Dénoncé par sa fille, Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite est arrêté. Les rumeurs et jugements se répandent dans le hameau. Son fils, François, s’effondre. Une des victimes est sa  petite amie disparue sans laisser de trace. Il ne croit pas en la culpabilité de son père, c’est impossible, comment pourrait-il être le « dépeceur de Fontmile » ? Il part à la recherche de la vérité, il va reconstruire l’histoire familiale pour faire la lumière sur le passé mystérieux de son père si taiseux. Dans son enquête, il sera aidé par Camus, l’ami intime de la famille, considéré comme un oncle.

Un récit en quatre parties, chacune étant racontée par un protagoniste différent. Le lecteur naviguera sans cesse entre présent et passé dans cette histoire familiale. L’intrigue criminelle en toile de fond n’est qu’un prétexte pour aborder les thèmes chers à l’auteur : la famille, ses secrets et leur poids, les non-dits et leurs conséquences, l’enfance, ses blessures et ses rêves. La grande Histoire et ses liens avec nos petites vies, la collaboration et la résistance durant la seconde guerre, ses plaies et ses cicatrices, les horreurs commises en toute impunité à la libération.

Le rythme est assez lent, mais l’alternance des époques, l’atmosphère étouffante, les personnages touchants, les questions importantes soulevées et la magnifique plume de Christian Carayon hypnotisent et passionnent le lecteur jusqu’à l’étonnant dénouement.

Une lecture que je vous recommande vivement.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Le courant emporte tout sur son passage. Sauf les secrets les plus inavouables.
1984. Des morceaux de corps humains sont découverts dans une rivière qui dévale vers la ville de Fontmile. On finit par identifier deux victimes, deux femmes portées disparues depuis longtemps. La peur et l’incompréhension s’emparent des habitants, jusqu’à l’arrestation de Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite. Ce dernier connaissait une des victimes, l’amie intime de son fils. Il a les compétences pour démembrer ainsi les cadavres et un passé trouble. Mais surtout, il a été dénoncé par sa propre fille.
Bouleversé par ces évènements qui réveillent la douleur de la perte de la femme de sa vie et font imploser sa famille, son fils François décide alors de remonter le cours de l’histoire. Car derrière les silences, ce sont les violences de l’Occupation que Pierre Neyrat a tenté d’oublier. Mettant ses pas dans ceux de son père, François va reconstituer ce passé dont il ignorait tout, où se sont noués les fils fragiles de son existence. Deux époques, deux enquêtes, pour un polar mené de main de maître.

Editeur: Fleuve (coll. Fleuve noir), 336 pages, date sortie: 6 septembre 2018

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti

COUP DE COEUR !!!

Une nouvelle voix féminine dans le thriller italien… 

Découvrir un premier roman, c’est toujours un grande excitation pour moi. Et à force de lire des thrillers, polars et noirs, je sens très vite quand je tiens une pépite en main, un roman qui possède ce petit « quelque chose » de plus que les autres.

Sur le toit de l’enfer est un incroyable premier roman, un thriller d’atmosphère d’une maîtrise impressionnante, comme si Ilaria Tuti était née avec une plume en or en main.

Un petit village austère dans les montagnes du Frioul, un paysage hostile, une atmosphère angoissante, magnétique. Tout est décrit avec tant de nuances, le lecteur voit la beauté de la nature sauvage, il ressent le froid, la neige et la blancheur partout, les falaises, il entend le silence de la la forêt.

Un corps est retrouvé, horriblement mutilé, les mains posées sur un coussin de mousse, un pétale de fleur entre les doigts, un tableau peint à la couleur rouge sur la neige blanche. Le froid a figé la scène macabre.

L’enquête démarre lentement, elle est confiée à Teresa Bataglia, une commissaire spécialisée dans le profilage, hyper douée pour entrer dans l’esprit de ceux qu’elle traque. J’ai adoré cette héroïne atypique, complexe, très touchante, d’une humanité extraordinaire. La soixantaine, elle cache une maladie et une fragilité émotionnelle par son attitude réservée, odieuse et hostile. Elle travaillera en tandem avec Massimo Marini, un tout jeune flic inexpérimenté mais prometteur.

Ilaria Tutti maitrise l’art de plonger dans l’âme de ses personnages, elle les décortique en leur donnant une belle profondeur.

Les agressions brutales se poursuivent, un fantôme se cache dans la forêt, il épie. Vous n’avez jamais, oh grand jamais croisé un tueur comme celui ci. La peur s’empare de la petite communauté repliée sur elle-même, le maire et la police locale refusent de coopérer.

Une passionnante enquête qui maintient le lecteur sous tension et le fait naviguer entre présent et passé. Un saut dans les années 80 dans une cabane au coeur de la forêt. Un autre en 1978, en Autriche, une étrange institution appelée L’école. Existe-t-il un lien avec les événements d’aujourd’hui ?  Les habitants se taisent et protègent des secrets bien enfouis depuis des décennies. Teresa Bataglia se battra sans relâche pour dénouer cette intrigue, elle écoutera sa profonde intuition, elle creusera jusqu’aux racines profondes, là où se cache le mal.

Sur le toit de l’enfer possède ce supplément d’âme que j’aime tant. J’ai adoré la sensibilité toute particulière de l’auteure. Vous garderez longtemps en mémoire la bouleversante rencontre entre la commissaire et le tueur… sublime d’émotions !

Je vous invite vivement à lire les dernières pages où l’auteure se présente, elle explique que son roman « plonge ses racines dans sa terre d’origine » et même ses remerciements possèdent quelque chose de très touchant.

Ilaria Tuti a reçu de nombreux éloges, dont celui de Donato Carisi. Retenez bien son nom car elle va faire beaucoup de bruit dans les prochaines années, j’en suis sûre. Ce roman est le premier d’une trilogie, j’ai hâte de retrouver la commissaire Bataglia.

Une mention spéciale pour le fabuleux travail de traduction de Johan-Frédérik Hel Guedj. Une autre mention spéciale pour la sublime couverture.

Je remercie chaleureusement les éditions La Bête Noire pour leur confiance.

4ème Couverture

 » Les tueurs voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs…  »
Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le coeur tendre, est appelée sur les lieux d’un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s’en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut…
 » L’Italie tient enfin sa reine du thriller !  » Sandrone Dazieri.
 » Inoubliable !  » Donato Carrisi.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 416 pages, date de sortie: 6 septembre 2018

Dégradation – Benjamin Myers

Dégradation – Benjamin Myers

GROS COUP DE COEUR !

Benjamin Myers n’est pas un inconnu en Angleterre, il a déjà publié huit romans et a remporté le prix GORDON BURN en 2013 pour son roman Pig Iron.

Dégradation (« Turning blue » en version originale) est un roman exceptionnel, une vraie déflagration ! Les amateurs de David Peace seront comblés. Les éditions Le Seuil ont eu du flair en dénichant ce bijou noir.

Le bandeau sur la couverture « Ames sensibles vous auriez tort de vous abstenir » nous annonce la couleur, j’avoue que certains lecteurs devront avoir les tripes bien accrochées pour résister à certaines scènes horribles, violentes, limite gore.

Le paysage est un personnage à part entière dans cette peinture extrêmement noire et sordide du nord de l’Angleterre. Imaginez, un hameau sans nom dans une vallée isolée des Dales, les montagnes gelées tout autour, la grisaille, la pluie, la neige, le froid, les crevasses dans la lande battue par les vents. Une atmosphère sombre qui vous met le cafard en moins de deux.

A deux jours de Noël, une adolescente disparait en baladant son chien dans les landes du Yorshire. C’est la fille du riche homme d’affaires local Ray Muncy. Le chef de la police locale ne prend pas l’affaire au sérieux, il évoque une fugue. Les autorités finissent par envoyer un policier de Londres.  James Brindle, un drôle de gus, un solitaire, un brillant détective qui ne vit que pour son boulot, un obsessionnel compulsif rempli de tocs. Il mènera l’enquête avec Roddy Mace, un journaliste qui a fuit les tabloïds et sa vie de débauche Londonienne pour s’enterrer à la campagne et écrire son roman. Deux personnages aux antipodes qui se détestent d’emblée et finiront par se rapprocher pour les besoins de l’enquête.

Steve Rutter est vite soupçonné, un « monstre » répugnant qui a perdu toute humanité, maltraité par sa mère depuis l’enfance, un taiseux crasseux qui vit seul dans sa ferme au milieu des cochons. L’enquête est passionnante, elle nous fera voyager dans son passé trouble pour tenter d’éclairer le présent. Il sera question de secrets obscurs enfouis, de corruption, de notables mafieux, de pornographie, de tortures, de meurtres. Le lecteur est sous tension dès les premières pages et il aura bien du mal à lâcher l’histoire avant le mot de la fin.

L’auteur nous englue jusqu’au cou dans son univers glauque par la force de son écriture. Sa plume est juste magnifique. Ne laissez pas le manque de ponctuation -l’auteur n’utilise aucune virgule- vous décourager. Certes c’est un peu déroutant au début, il faut s’adapter, mais vous oublierez vite pour vous concentrer sur la beauté du style.

Un terrible roman … noir, macabre et décadent. Les vrais amateurs de noir vont l’adorer.

La suite, « These Darkening days » est déjà écrite et paraîtra bientôt en France. Quelle heureuse nouvelle !

Benjamin Myers est un auteur bourré de talent, je vais le suivre de très près.

Je remercie chaleureusement les éditions LE SEUIL pour leur confiance.

4ème Couverture

Au plus profond de l’hiver, dans la lande rugueuse et désolée du nord de l’Angleterre, une jeune fille disparaît. Deux hommes la recherchent : le détective James Brindle, solitaire, taciturne, obsessionnel, et Roddy Mace, ex-journaliste des tabloïds fuyant son passé de débauche à Londres. Ils ne tardent pas à dénicher le suspect idéal : Steven Rutter, terrifiant personnage, plus proche de la bête sauvage que de l’homme, qui vit retiré dans une ferme isolée et rumine de sombres secrets. Mais il n’est pas le seul, et ce qui s’annonçait comme un banal fait divers va bientôt basculer dans l’horreur, à mesure que Brindle et Mace plongent dans les coulisses insoupçonnées de la vie du hameau.

Editeur: Le Seuil, 400 pages, date sortie: 6 septembre 2018

Délicieuse – Marie Neuser

Délicieuse – Marie Neuser

Une lecture très mitigée….

Après vingt ans de mariage et d’amour, le mari de Martha lui annonce « Martha, il faut que je te parle… ». Les mots terribles que personne n’a envie d’entendre… Quoi de plus tragique, quoi de plus banal qu’une séparation ?
Vingt ans d’amour qui volent en éclat. Martha refuse la rupture, elle est prête à tout pour continuer d’exister, pour que son homme lui revienne. Elle va se filmer entrain de parler à son mari, elle veut que tout le monde entende sa confession, elle crie sa douleur et la partage sur le réseaux sociaux.

Une première partie d’une force incroyable. Des mots qui tordent les tripes. Le long monologue, la confession très bavarde et impudique d’une femme qui sombre, une femme atteinte au plus profond de son âme, un cri d’amour, une mise à nu d’elle même, une immersion totale dans la douleur, une plongée vers la folie. Une femme blessée et humiliée, une  femme en colère qui nous épargne rien.

Hélas, le soufflé retombe dans la deuxième partie. C’est lent, c’est long, Martha continue à geindre durant 300 pages. Le choix du monologue n’aide pas le lecteur. Je crois que j’ai saturé, je me suis ennuyée, j’ai même failli abandonner ma lecture, ne ressentant aucune empathie pour Martha. La tension chute de plus en plus pour remonter dans les cent dernières pages totalement jouissives, un final que j’ai adoré !

Un roman inclassable entre le roman d’amour, la tragédie grecque et le thriller psychologique, un brillant exercice littéraire, un roman original, une plume exceptionnelle mais j’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher à ce trop long texte. Un roman qui fera le bonheur des psychanalystes, j’en suis certaine.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.  Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

4ème Couverture

L’histoire commence ainsi : une femme parle à l’homme qu’elle aime.
Devant elle : les restes d’un repas.
Plutôt que le papier, elle a choisi l’écran.
À l’intimité d’une lettre, elle a préféré la vidéo et la multitude des réseaux sociaux.
Cette femme, c’est Martha Delombre, psychologue criminelle habituée aux confessions les plus abominables.
C’est désormais à son tour de se confesser. L’impudeur ? Peu lui importe, car tout le monde doit savoir. À commencer par lui. Le traître.
Peut-on dire adieu à vingt ans d’amour fou en succombant à la première inconnue qui passe ? C’est ce qu’il croyait. Au rythme des likes et des partages, traquant la fréquence des connexions, scrutant le pouls des commentaires, Martha la ténébreuse se montrera prête à tout pour continuer d’exister sans baisser la garde, jusqu’au point de rupture. Celui qu’on n’attendait pas et qui a le pouvoir de redistribuer les cartes.

Editeur: Fleuve noir, 480 pages, date sortie: 23 août 2018