Le miroir des âmes – Nicolas Feuz

Le miroir des âmes – Nicolas Feuz

Un flic meurt dans d’horribles souffrances, un tueur à gages appelé « le Vénitien » lui coule du verre de Murano en fusion dans la bouche et le regarde mourir.
Le miroir des âmes démarre sur les chapeaux de roue, à 1000 à l’heure et le rythme ne ralentira jamais durant les 262 pages.

Une enquête très réaliste sur fond d’attentats terroristes, de réseaux mafieux de traite des femmes, de scandales et d’hommes politiques corrompus jusqu’à la moelle, de flics pas toujours nets et au milieu un tueur à gages justicier de la pire espèce.
Le procureur Jemsen est touché par l’attentat à la bombe du centre de Neuchâtel, défiguré et amnésique sur son lit d’hôpital. Aidé par son étrange greffière, il va tenter de reconstituer le puzzle à coût de flash back successifs.

Un court roman qu’on lit d’une traite jusqu’au dénouement final explosif. Le rythme effréné vous empêche de poser votre lecture et de reprendre votre souffle, c’est à peine si vous avez le temps de respirer. Les chapitres sont courts, très courts, le suspense intense, l’écriture nerveuse et les nombreux rebondissements nous obligent à tourner les pages très vite pour savoir qui va survivre « Tous meurent. Tous, sauf trois ».

MAIS le gros bémol que j’émettrai : la déception vient des personnages. Ils passent au second plan et sont à peine survolés, place à l’action pure et c’est fort dommage !
Le miroir des âmes, il lui manque ce supplément d’âme que j’aime tant dans les thrillers et romans noirs.
Je suis donc à moitié réconciliée avec l’auteur, ma première expérience de lecture Horrora Borealis avait été une grosse déception.

Je remercie chaleureusement les éditions Slatkine & Cie pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Un attentat sans commanditaire, des meurtres sans mobile apparent, l’auteur est à son affaire, il est procureur du Canton de Neuchâtel. Dans ce polar essoufflant, il fait endosser à son personnage principal la robe d’un magistrat qui pourrait être son double si tout n’était précisément double et trouble dans ce Miroir des âmes : les flics, les filles, les politiques, les juges et jusqu’à ce mystérieux tueur en série que la police a surnommé Le Vénitien parce qu’il coule du verre de Murano dans la gorge de ses victimes.

Editeur: Slatkine & Cie, 262 pages, date sortie: 23 août 2018

Abattez les grands arbres – Christophe Guillaumot

Abattez les grands arbres – Christophe Guillaumot

Une très belle découverte !

Je découvre enfin Christophe Guillaumot, rencontré à Toulouse Polars Sud en octobre 2017.  L’auteur est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, son roman sonne « vrai » sans aucune incohérence.

Une enquête qui se déroule à Toulouse. Renato Donatelli, surnommé le Kanak par ses coéquipiers qui ne l’aiment guère, est un black baraqué, une armoire à glace de 2m qui vient de Nouvelle Calédonie. Il rêve d’y retourner et attend sa mutation refusée chaque année par sa hiérarchie.
Le kanak, une force de la nature au grand coeur, il est le seul flic honnête au sein d’une bande de ripoux à la brigade des stups. Une montagne de muscles qui répète toujours cette phrase quand quelqu’un commence à le gonfler : « Je vais te laisser le choix… Soit tu passes ton chemin, soit je te mets une gifle amicale ! »

Lors d’une descente des stups dans l’appartement d’un dealer, le Kanak reste à l’extérieur, refusant de participer aux magouilles de ses collègues. Il découvre dans l’appartement voisin un couple d’Africains sauvagement mutilés, les viscères à l’air, un petit enfant présent sur la scène de crime a été épargné. Sans l’accord de sa hiérarchie, il va mener une enquête non officielle, assisté de Six, un bébé flic de la Crim et d’Avril, la belle médecin légiste.

Pour élucider ces meurtres atroces, il va devoir plonger vingt ans en arrière, dans le passé du Rwanda, durant le massacre des huit cent mille Tutsis par l’ethnie Hutu, dans l’indifférence générale de la communauté internationale. Le beau titre énigmatique « Abattez les grands arbres » est en fait le signal du début des massacres prononcé sur les ondes de la radio Milles Collines.

Après  le génocide, certains bourreaux ont atterri en France où ils se cachent sous de fausses identités. L’heure de la vengeance aurait-elle enfin sonné à Toulouse ? L’enquête s’annonce très complexe, elle va mettre certaines magouilles en lumière, quand tout le monde aimerait qu’elles restent au fond des dossiers.

Christophe Guillaumot nous offre une intrigue à plusieurs niveaux, bien rythmée, sans aucun temps mort. C’est cohérent, ficelé à merveille et magnifiquement documenté, il nous explique clairement et sans détour (sans être lourd ni entrer trop dans les détails) l’effroyable tragédie rwandaise et l’implication du gouvernement français, un réalisme à couper le souffle.

Au delà de l’enquête, le grand point fort de ce roman, c’est le personnage principal que je ne suis pas prête d’oublier. Le Kanak, ce flic atypique aux grosses paluches, à l’humour si particulier, tellement attachant et touchant dans sa naïveté par moments, une espèce en voie de disparition.

Un premier opus qui me donne envie de lire la suite des aventures du Kanak dans « La chance du perdant ».

4ème Couverture

À la brigade des Stups, on le surnomme le Kanak. Gardien de la paix au grand cœur, natif de Nouvelle-Calédonie, il en impose du haut de ses deux mètres. Intègre, il refuse de participer aux magouilles de ses collègues. Lorsqu’il découvre une famille africaine massacrée à coups de machette, il prend l’affaire à cœur et se promet de faire justice. Sur la piste d’une odieuse vengeance, le Kanak découvre une histoire où les bourreaux d’hier sont les victimes d’aujourd’hui.

Editeur: Cairn, 372 pages, date sortie: octobre 2015 (éditions Points 8 mars 2018)

Livresse du Noir fête ses deux ans !

Livresse du Noir fête ses deux ans !

Deux ans… déjà !

Le 24 août 2016, m’est venue cette idée folle et délirante de créer un BLOG.  Ainsi naquit Livresse du Noir  !
Une sacrée aventure et un défi qui dure depuis deux ans.

24 mois… 229 livres chroniqués  (sans compter les romans lus et non chroniqués)

Un blog… c’est chronophage, c’est du boulot, beaucoup de boulot.
Des nuits courtes et une vie sociale proche du néant (c’est presque çà !).
Un blog… c’est avant tout une histoire de passion.
Le plaisir, la curiosité insatiable et la jubilation intense m’animent au quotidien, sans ça, rien n’est possible.
Un blog… c’est des belles rencontres et des échanges enrichissants. J’ai beaucoup de projets dans mes tiroirs, le manque de temps m’empêche de les réaliser.

Je vous pose la même question existentielle que l’an dernier : ai-je ouvert quelques portes et suscité l’envie ou la curiosité chez certains d’entre vous ?  Si oui, j’ai gagné mon pari et c’est tout bonheur pour moi !

Je remercie les fidèles lecteurs qui me suivent de près et ceux qui jettent un oeil de loin, sans vous le blog n’aurait aucune raison d’être. Pour fêter l’évènement, j’ai décidé de vous gâter, j’organise un concours en trois temps, trois romans à gagner. Tout sera expliqué sur la page FB, soyez attentifs, ça démarre aujourd’hui !

Je remercie les maisons d’éditions, les agences de communication et les attaché(e)s de presse très attentifs qui me font confiance depuis le début (impossible de les citer toutes, je risquerais d’en oublier, il y en a plus de 40).

Et plus que tout, je remercie tous les auteurs, sans eux rien n’existerait.
Des magiciens qui font briller mes yeux et battre mon coeur plus vite.
Je rêve, j’oublie, je m’évade, je frissonne, je tremble, je réfléchis, je m’étonne, je jubile à leurs côtés…
Leurs histoires sont de précieux cadeaux, des parenthèses de « merveilleux » et des promesses de moments hors du temps.

Je terminerai en remerciant FLAVIEN… mon informaticien de génie. Sans lui, le blog s’enliserait dans les méandres informatiques et n’aurait aucune chance de survie.

Je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.  Et n’oubliez pas… Lisez, lisez, lisez beaucoup, cela rend heureux !

Helena – Jérémy Fel

Helena – Jérémy Fel

Premier coup de coeur de la rentrée littéraire.

J’ai eu un véritable choc en découvrant son premier roman il y a deux ans, Les loups à leur porte.  Un tel talent, ça surprend et ça ne s’oublie pas ! J’ai eu un soupçon (un mini soupçon, hein) d’appréhension en entamant Helena.  Jérémy Fel va t il réitérer l’exploit ?

Ma réponse est OUI, OUI et OUI… sans aucune hésitation, Helena est dans la même vaine que le premier, voire beaucoup plus fort (plusieurs clins d’oeil en référence au premier, mais rassurez vous, il se lit indépendamment, sans problème).
Bluffant, scotchant, terrifiant de bout en bout, Helena frôle la perfection.

735 pages sans aucun temps mort, hyper addictives, je les ai dévorées en apnée, à la vitesse de l’éclair. Dès les premières pages, l’auteur nous prend la main, que dis-je ? le bras, le corps tout entier pour nous happer, nous engluer dans son histoire infernale et nous relâcher abasourdi et épuisé à la toute fin.

Quatre personnages pris au piège qui vont tenter de s’en sortir en osant l’innommable. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus plus pour ne pas gâcher votre surprise. Une construction parfaite, un puzzle machiavélique à plusieurs voix, les bourreaux vont croiser les victimes, les victimes deviennent des bourreaux et l’inverse. Des personnages complexes, d’une force incroyable que vous n’oublierez pas de sitôt.

C’est suffocant, haletant, bouleversant, percutant, noir, très noir et violent.  Jérémy Fel est un conteur hors pair qui nous met sous tension constante, nous empêche de respirer, joue avec nos nerfs et vient titiller nos angoisses les plus profondes. La plume de l’auteur est très visuelle, d’une beauté à couper le souffle,  emplie d’une poésie noire et influencée par les grands romanciers et le cinéma américain.

Comme dans Les loups à leur porte, il explore les tréfonds de l’âme humaine, les différentes facettes du mal, de la violence, les mécanismes de la déviance à travers un drame familial effroyable. Il nous questionne sur l’instinct maternel, l’enfance, la transmission, l’inceste, la folie.  Il ne nous épargne rien, il est très fort pour nous faire peur, nous bousculer et nous donner le vertige.  Accrochez vous ! les âmes sensibles passeront leur chemin.

Helena, un roman coup de poing d’une rare puissance, à lire immédiatement.

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

Chut, juste un détail, je n’aime pas la couverture, elle me fait penser à un roman teen-ager boutonneux.

4ème Couverture

Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena… Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ?

Editeur: Rivages, 735 pages, date sortie: 22 août 2018

L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard – Isabelle Duquesnoy

L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard – Isabelle Duquesnoy

COUP DE COEUR

Attention… chef d’oeuvre !

Auteure d’ouvrages historiques et restauratrice d’oeuvres d’art, Isabelle Duquesnoy a effectué dix ans de recherches pour écrire et peaufiner cet extraordinaire roman, sans se soucier de savoir s’il serait publié. Elle a fait de cette obsession son chef-d’oeuvre.

Nous sommes à Paris, fin du 18è siècle, dans la France post-révolutionnaire. Victor Renard a commis un crime (il nous sera révélé dans les toutes dernières pages), il comparait face à ses juges et risque la guillotine. Espérant gagner un peu de temps, il nous raconte sa triste vie durant ses onze jours d’audience. Il va nous tenir en haleine avec son horrible confession. Quelle histoire !

Mal parti depuis sa naissance, son cordon ombilical a tué son frère jumeau, il est né petit, difforme, laid et affligé d’un torticolis congénital. Sa mère, La Pâqueline, une mégère cruelle, lui en veut de vivre et le surnomme Victordu. Son père meurt très vite, éventré par une charrue.  Victor va devoir travailler pour ramener de l’argent sur la table. Une vie de misère et de magouilles jusqu’à ce que le destin tourne. Le vieux Joulia, l’embaumeur le plus réputé de Paris, va le prendre à son service, lui enseigner les rudiments de la profession, le respect de la dignité des morts. Un deuxième père qui le prend sous son aile, le protège et l’initie aux plus sombres secrets. Victor est doué et apprend vite. Il découvre les pratiques commerciales autour de la mort, les coeurs embaumés que les peintres achètent à prix d’or, les trafics d’organes, la profanation des tombes.  Il a enfin trouvé sa vocation !

Si vous avez aimé Le parfum de Süskind, ruez vous sur L’embaumeur. Certes, les histoires sont différentes, mais les deux personnages d’une force incroyable, Victor Renard et Jean Baptiste Grenouille, l’ambiance, la reconstitution historique du Paris populaire, l’importance des odeurs les rapprochent fort.

Un roman magnifique, original, drôle, un récit infiniment érudit, une fresque hors norme d’une époque, un suspense historique fascinant, envoûtant et hypnotisant.
J’ai dévoré ce bouquin (ou est-ce l’inverse ?) en deux jours, addiction garantie. Un immense plaisir de lecture, une vraie jouissance ! Je le relirai dans quelques mois pour la jubilation qu’il procure.

Dix ans de recherches et de documentation pour nous plonger dans le Paris fin XVIII siècle avec réalisme et exactitude. Un tour de force, ça fourmille et ça grouille de détails sur les us et coutumes, les moeurs et la vie quotidienne de l’époque, l’art, les techniques peu ragoûtantes d’embaumement, la médecine et ses diagnostics.

De la haute voltige littéraire, une alchimie parfaite entre l’Histoire, le suspense et l’intrigue, la noirceur, le romanesque et le picaresque.

La plume aiguisée comme un scalpel d’Isabelle Duquesnoy mélange savamment les descriptions et envolées littéraires aux dialogues rabelaisiens, truculents et pleins de gouaille. L’immense plaisir d’écriture de l’auteure transparait à chaque page.

Un bijou rare et unique dont aucun média n’a parlé, c’est bien dommage.
Ne passez pas à côté de cette incroyable histoire… Un pur bonheur de lecture !

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de rencontrer Isabelle Duquesnoy à Saint Maur en poche, je la remercie pour sa générosité et le beau moment partagé.

4ème Couverture

Victor Renard n’eut jamais de chance avec les femmes. À commencer par sa mère, l’épouvantable Pâqueline, qui lui reprochait d’être venu au monde en étranglant son frère jumeau de son cordon ombilical. Puis ce fut Angélique, la prostituée, qui se moquait des déclarations enflammées de Victor et de sa difformité, comme de sa  » demi-molle « .
Victor échappe pourtant à sa condition misérable : il devient embaumeur. Avec les cadavres, au moins, le voilà reconnu. Et en ces temps troublés, quelle meilleure situation ? Les morts, après la Révolution, ne manquent pas dans Paris…
Mais le sort le rattrape et l’épingle, comme le papillon sur l’étaloir. Face à ses juges et à la menace de la guillotine, Victor révèle tout : ses penchants amoureux, les pratiques millénaires de la médecine des morts, le commerce des organes et les secrets de sa fortune. Où l’on découvrira que certains tableaux de nos musées sont peints avec le sang des rois de France…

Editeur: La Martinière, 528 pages, date sortie: 17 août 2017 (sorti en poche chez Points, 7 juin 2018)

Déchirer les ombres – Eric L’Homme

Déchirer les ombres – Eric L’Homme

Road trip mystique

Erik L’Homme, auteur jeunesse à succès, publie son premier roman adulte.

Un court récit qu’on lit d’une traite, sans reprendre son souffle. Aucune narration, description, fioritures, uniquement du dialogue. Dans les premières pages, la forme peut dérouter certains lecteurs. Des phrases courtes écrites au scalpel.

Lucius Scrofra est un ancien militaire qui a tout perdu dans la guerre d’Afghanistan. Une espèce de Rambo qui a lu Sénèque, ex prof de philo, mystique et fou sur les bords, chaman inspiré. Après une folle nuit d’amour, il embarque la jeune Anastasie, étudiante en psycho, sur sa Harley Davidson. Ils foncent à toute allure dans une quête initiatique teintée de vengeance, de folie et de sagesse à la rencontre du monde, des âmes, des fantômes, des Mystères cosmiques et des forces de la nature.

C’est intense, tranchant, brutal, percutant, fulgurant, violent, cru.

Une quête, une histoire d’amour, une histoire de mort, une tragédie grecque, une réflexion sur notre monde de consommation, cet OLNI (objet littéraire non identifié) est une expérience de lecture très perturbante et déstabilisante. Je ne la conseillerais pas à tout le monde et les âmes sensibles passeront leur chemin.  J’ai beaucoup aimé !

J’ai découvert ce livre grâce à Elsa Roch et je la remercie.

4ème Couverture

La vengeance d’un homme auquel on a tout pris, même la raison.
Un amour condamné au destin des étoiles filantes…

Officier français de retour d’Afghanistan, grande gueule désespérée par ce qu’est devenue la France, personnage hors norme, LuciusScrofa surgit avec sa Harley Davidson chez son ancien lieutenant. Anastasie, la nièce de ce dernier, est là, jeune, lumineuse. Elle est fascinée par cette force de la nature qu’est Scrofa, il est séduit par sa fraîcheur. Après une nuit d’amour, ils partent tous les deux en Harley pour ce qu’Anastasie découvrira être la dernière virée de Scrofa, une cavale furieuse et mystique à travers le pays, une course vers l’ultime sacrifice.
Réflexion sur le sel de la vie et l’évolution de notre monde, plaisir de la route, montage de fusils à pompe, scènes de passion truculentes… Une histoire d’amour et de mort tout en dialogues.

Editeur: Calmann Lévy, 160 pages, 3 janvier 2018

Sauvez-moi – Jacques Expert

Sauvez-moi – Jacques Expert

COUPABLE OU PAS  ?

Jacques Expert, un ancien journaliste spécialiste des grandes affaires criminelles, nous questionne sur les erreurs judiciaires, l’acharnement et les méthodes policières.

Nicolas Thomas, surnommé « le monstre au visage d’ange » par la presse, a été condamné pour quatre meurtres macabres grâce à une jeune enquêtrice Sophie Ponchartrain. Il va clamer et hurler son innocence durant 30 ans. Dès sa sortie de prison, il disparaît.  Un nouveau meurtre est commis, semblable à ceux commis il y a 30 ans.  L’ambitieuce Sophie Ponchartrain, devenue commissaire divisionnaire, n’a aucun doute sur le coupable.  Elle est sûre d’avoir raison, elle reprend l’enquête et va tout tenter pour arrêter le monstre.

Son dernier polar Hortense  a été un coup de coeur, déroutant et scotchant de bout en bout (voici le lien de ma chronique). Sauvez-moi est raconté à la manière d’un fait divers passionnant mais ce n’est pas le meilleur roman de l’auteur. Une mécanique bien huilée, efficace, qui se lit d’une traite mais quelque peu décevante dans l’ensemble. Une intrigue qui entremêle présent et passé en nous plongeant dans un véritable puzzle.  Le lecteur est  baladé de fausses pistes en impasses, il se retrouve piégé, sous tension, il doute et tente de démêler le vrai du faux, l’exercice n’est pas simple. Hélas, j’ai trouvé beaucoup d’incohérences et d’exagérations dans le personnage de Sophie Ponchartrain, pourquoi avoir grossi le trait aussi fort ? Cela décrédibilise fortement l’histoire.

Cela n’est bien sûr que mon humble avis.  A vous de voir !

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Après trente ans d’incarcération, Nicolas Thomas passe les portes de la centrale de Clairvaux. Il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tout le monde l’a abandonné le jour où il a été reconnu coupable d’avoir assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles.
Quelques jours plus tard, il disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblables à ceux dont il a été accusé.
Sophie Ponchartrain, commissaire divisionnaire à Paris, reçoit alors une étrange lettre signée par Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces deux mots :  » Sauvez-moi ! « 

Editeur: Sonatine, 400 pages, date sortie: 7 juin 2018

Qaanaaq- Mo Malo

Qaanaaq- Mo Malo

Le polar qui vient du Groenland made in France !

Qaanaaq, le polar qui me laisse de glace…

La couverture est sublime, la campagne de médiatisation autour de la sortie du livre a été énorme, le mystère autour du pseudonyme de l’auteur a attisé la curiosité des lecteurs.  Un auteur très connu fait sa première incursion dans le monde du thriller.  Tout le monde cherche à savoir qui il est. Mystère !
Je me pose la question: pourquoi donc ce bandeau mensonger en couverture ?  L’auteur est français, a-t-il choisi un pseudo à consonance danoise pour surfer sur la vague très à la mode des polars nordiques ?

Qaannaq, une immersion totale, un voyage dans le grand Nord tout blanc, tout froid, les paysages de glaces à perte de vue, la nuit polaire, les ours, les Inuits, les chasseurs de Morses. Dépaysement assuré !
L’auteur a effectué un fabuleux travail de recherche, nous apprenons beaucoup de choses sur les us et coutumes de la vie groenlandaise, leur culture ancestrale, l’exploitation du pétrole, les intérêts financiers et les enjeux économiques qui s’y jouent, les politiques et la corruption.

Une histoire de meurtres, quatre ouvriers d’une plate forme pétrolière meurent en quelques jours, leur corps complètement déchiquetés. Ont-ils été victimes d’une attaque d’ours ? Mais les ours ne fracturent pas les serrures. L’inspecteur Qaanaaq est envoyé sur place pour enquêter.

L’intrigue est alambiquée, complexe, sent le déjà lu, elle est bourrée de grosses ficelles. Il y a un gros problème de rythme, il est tellement lent que le lecteur plonge dans un ennui profond.  Sommes nous dans un polar ou un docu-fiction ? Aucun personnage n’est parvenu à sauver ma lecture, impossible de m’y attacher.

Bref, vous avez compris que le Groenland et moi, ça fait deux… sauf quand Sonja Delzongle est aux commandes et nous offre « Boréal », un excellent polar qui a des tripes et sort vraiment du lot.
Je le répète, ceci n’est que mon humble avis et non parole d’évangile.  Faites vous le votre !

Une chose est sûre, le polar nordique a la cote et Qaanaaq surfe sur la vague.

Je remercie l’agence Anne & Arnaud pour sa confiance.

 

4ème Couverture

Dans le vaste pays blanc, l’esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu’au bout.

Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?

Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Editeur: La Martinière, 496 pages, date sortie: 31 mai 2018

La griffe du chat – Sophie Chabanel

La griffe du chat – Sophie Chabanel

J’ai rencontré Sophie Chabanel au Boulevard du polar à Bruxelles, j’ai apprécié son humour, elle m’a donné envie de découvrir son univers.

J’aime les chats, je les aime à la folie, alors vous pensez, un polar qui parle de chats, impossible de passer à côté, c’est un must !

Le pitch en deux lignes. Un crime est commis dans un bar à chat lillois, le propriétaire est retrouvé gisant dans une mare de sang.  La chat star du bar, Ruru, a disparu. L’assassin serait il un voleur de chat ? La veuve éplorée pleure. Normal, me direz-vous. Sauf qu’elle ne pleure pas son mari mais Ruru. La commissaire Romano est chargée de l’enquête avec son adjoint Tellier, beaucoup de pistes, peu d’indices.

L’intrigue  se révèle très classique, le rythme est lent, trop lent sur une bonne moitié du roman pour s’accélérer bizarrement sur la fin.

Les personnages hauts en couleurs sont le gros point fort, ils tiennent tout le roman. Des personnages super attachants qu’on suit avec beaucoup de plaisir, une mention spéciale pour la commissaire Romano. Une héroïne atypique au caractère plus que trempé, célibataire, féministe, libre, borderline, décalée, drôle.  Elle n’a pas sa langue en poche et est flanquée de son adjoint Tellier, carré, terre à terre, un brin dépressif, en révolte permanente.  Leur duo se complète et fonctionne à merveille.

Le décor est amusant, le ton léger, enlevé et loufoque. J’ai aimé les échanges caustiques, les petites touches piquantes et critiques sur certains travers de notre société.

Un polar bien sympathique, sans prise de tête, à lire avec un chat ronronnant sur les genoux.

Je remercie chaleureusement les éditions Le Seuil pour leur confiance.

4ème Couverture

Une étude américaine a prouvé que caresser un chat diminuait le risque d’infarctus, mais il n’est pas encore dit que cela arrêtait les balles : le propriétaire d’un bar à chats lillois est retrouvé gisant dans une mare de sang au milieu de ses matous. Comble de l’infamie, le chat star du commerce, Ruru, manque à l’appel. La commissaire Romano est mise sur le coup, assistée de son adjoint Tellier – aussi terre à terre qu’elle est spirituelle et borderline. Étrangement, ce duo insensé fait des étincelles sur le terrain, et l’assassin voleur de chat (si tant est que ce soit une seule et même personne) va devoir user de mille ruses s’il compte échapper à ces deux enquêteurs de choc…

Editeur: Le Seuil, 272 pages, date sortie: 1 mars 2018

Bilan lecture – juillet 2018

Bilan lecture – juillet 2018

10 livres lus, soit 4708 pages

Un mois chaud, un très beau mois lecture, des premiers romans, des découvertes, des retrouvailles et deux beaux coups de coeur.  Allez ! C’est parti pour un résumé de mes lectures, les chroniques se trouvent comme d’habitude en bas de page.

Les meilleurs amis du monde-Gilly Macmillan : L’auteure est incroyablement douée. Elle nous offre une démonstration étonnante de son immense talent en nous clouant sur place. Une magnifique histoire, une intrigue complexe. Un excellent roman, un bouleversant roman que je vous conseille vivement. Coup de coeur émotion !

Réveilles-toi !-François-Xavier DillardDiaboliquement original ! Un thriller dingue flirtant avec le fantastique, le paranormal, la science et la psychologie. Plusieurs histoires vont se croiser dans cette intrigue complexe à la construction vertigineuse.

MAD-Chloé Esposito : Un roman noir bourré d’humour, décalé, décapant et comme l’annonce le titre, complètement FOU. Imaginez Tarentino qui rencontre Bridget Jones ! Hélas, tout va très vite partir à vau l’eau. Déception !

Le triomphe des ténèbres-Giacometti-Ravenne : Une vraie leçon d’histoire avec un grand H autour de la seconde guerre mondiale, teintée d’ésotérisme, de paranormal, de mysticisme et d’occultisme nazi. Une plongée fascinante dans l’Europe des années 30/40 grâce à un impressionnant travail de documentation effectué par les deux auteurs érudits.

L’écrivain public-Dan Fesperman : Immersion dans le New York méconnu des années 40, le New York de l’après prohibition et son quartier allemand, les immigrés juifs, les nazis, la mafia et ses liens avec les autorités, les gangsters…. L’intrigue est le gros point faible, trop d’histoires en parallèle qui nous égarent. Déception !

Les fantômes de Manhattan-R.J. Ellory : Un grand roman ! Une sacrée histoire qui démarre au début du siècle en Pologne, passe par le camp de concentration Dachau, se poursuit parmi les gangsters à Manhattan des années 50 à nos jours. R.J. Ellory est un conteur au talent exceptionnel. Coup de coeur !

Nuit Blanche-Nicolas Druart : Un huis clos angoissant à l’atmosphère étouffante et glaçante. Le trouillomètre à zéro, flip assuré !  Une belle réussite pour un premier roman.

Akwaba-Jean Louis Rouillan : Une incroyable saga d’aventures proche de « Out of Africa », un voyage aux confins de la magie, un magnifique roman d’amour baigné du soleil africain, une ode à la liberté, à la sensualité.

Au coeur du solstice-Jacques Vandroux : Un parfait mélange de thriller, d’aventures, d’action, teinté d’un brin de paranormal. Une magnifique intrigue, un récit haletant aux multiples rebondissements.

La sirène qui fume-Benjamin Dierstein : Un premier roman récompensé par le prix Sang Froid et loué par Caryl Férey. Un tout jeune auteur qui n’a pas froid aux yeux, il tape très fort avec son premier roman. 100% noir, 100% sombre, 100% tripes ! Côté influence, il y a du David Peace et du James Ellroy.

Tu seras si jolie-Pierre Rehov : Un roman résolument féministe. Une belle réflexion sur la femme au coeur de notre société. Une analyse pertinente de l’endoctrinement qui mène à la radicalisation.

 

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Les meilleurs amis du monde – Gilly Macmillan (lecture de juin)

Réveille-toi ! – François-Xavier Dillard

MAD – Chloé Esposito

Le triomphe des ténèbres – Giacometti-Ravenne

L’écrivain public – Dan Fesperman

La sirène qui fume – Benjamin Dierstein

Nuit blanche – Nicolas Druart

Au coeur du solstice – Jacques Vandroux

Tu seras si jolie – Pierre Rehov

Les fantômes de Manhattan – R.J. Ellory

Akwaba – Jean-Louis Rouillan