L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich

L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich

COUP DE COEUR !

L’empreinte est un roman complexe, très particulier, inclassable. Un récit d’une humanité profonde, à la croisée du roman noir, de l’enquête journalistique criminelle et de l’auto-biographie.

L’empreinte, un roman dont le titre sonne tellement juste… l’empreinte profonde qu’il laisse sur le lecteur, l’empreinte des blessures du passé sur nos vies.

Il m’est bien difficile de vous en parler et de trouver les mots vous donner envie de lire ce bijou, je choisis de ne pas vous en dire trop et de spoiler l’histoire intime de l’auteure.

En juin 2003, Alexandria Marzano Lesnevich a 25 ans, elle est étudiante en droit à Harvard et commence un stage dans un cabinet de défense de la peine de mort à la Nouvelle Orléans. Elle se retrouve face à une affaire qui changera le cours de sa vie. Ricky Langley a été reconnu coupable du meurtre du petit Jeremy, six ans. Ricky est aussi un pédophile récidiviste. Si cela semble normal d’être dégouté ou horrifié par un pédophile-meurtrier d’enfant, Alexandria Marzano s’étonne de sa réaction viscérale… au fond de ses tripes, elle souhaite la mort de Langley. Elle qui est tout à fait opposée à la peine de mort. Ses convictions les plus profondes basculent en un instant et son passé enfoui remonte à la surface.

Elle abandonne le droit pour commencer à écrire son voyage dans le temps. Elle passera dix ans à explorer les parallèles entre son histoire et l’histoire de Langley. Les deux récits se superposent durant 480 pages. D’un côté, elle nous détaille l’affaire Langley, les recherches, l’enquête menée, elle dresse le portrait de Ricky Langley, elle reconstitue son enfance et son parcours à partir de la lecture de milliers de pages de procès. Langley a demandé de l’aide à sa famille, aux amis, à des responsables pénitentiaires mais il a toujours été ignoré. De l’autre, elle touche à l’intime, au profond, elle bascule dans l’auto-biographie et nous raconte sa propre enfance, son parcours, ses choix et ses combats intérieurs.

Langley coupable. Langley victime. Langley malade. Elle ne donne pas de réponse, ce serait bien trop simpliste. Elle interroge le système judiciaire et pose deux questions essentielles. Qu’est ce que la justice ? La vérité existe t elle ? Elle entraîne le lecteur dans sa réflexion sur des sujets dérangeants. La culpabilité, l’inceste, la peine de mort, la vengeance, le pardon, la résilience. Le poids du silence et ses conséquences, les blessures qui se transmettent de générations en générations, la complexité de l’amour, le sentiment d’appartenance, la trahison. Comment ne pas ressentir une immense empathie pour Alexandria Marzano ?

Une formidable plume mêlant la rigueur, la minutie d’un avocat dans l’enquête, la retranscription des procès et la sensibilité, la nuance et la finesse quand elle aborde l’intime.

Comment se libère-t-on de nos empreintes profondes ?
Un roman d’une extraordinaire maturité.
Un roman puissant, intelligent, bouleversant, dérangeant, déchirant.
Un terrible roman qu’on referme la gorge nouée.

A LIRE DE TOUTE URGENCE !!!

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

 » Ce livre est une merveille.  » Celeste Ng (auteur de La Saison des feux)
Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

Editeur: Sonatine, 480 pages, date sortie: 10 janvier 2019

La faim et la soif – Mickaël Koudero

La faim et la soif – Mickaël Koudero

Un thriller viscéral et terrifiant !!!

Une plongée aux confins de l’horreur, aux portes du cannibalisme.
Un voyage à la rencontre du mal entre Paris, Prague et la Roumanie.

Mickaël Koudero nous happe et nous captive dès le premier chapitre avec une scène d’une force incroyable,  on accroche tout de suite et il est bien difficile de lâcher l’histoire avant la dernière page. On en ressort sans voix, complètement abasourdi K.O. debout !

Une histoire tentaculaire qui nous fait voyager bien profondément dans le sordide, la noirceur, les trafics et la folie humaine. De quoi perdre le peu de foi qu’il vous reste pour l’humanité. C’est violent, je vous conseille de ne pas trop manger durant votre lecture, mieux vaut avoir les tripes et le coeur bien accrochés. J’ai frôlé le malaise durant les premiers chapitres, l’auteur est fort doué pour faire remonter nos peurs primitives, les miennes étaient enfouies bien profondément, des peurs d’enfance teintées du diable, Satan et autres vampires.

La construction est machiavélique, la trame est plus qu’intelligente, les fils s’entremêlent à souhait pour former une gigantesque toile et le passé de la Roumanie, la Securitate de Ceausescu, la Révolution de 1989, se mêlent savamment au présent.  Le scénario complexe sort de l’ordinaire, il se complexifie dans la deuxième partie avec quelques petites longueurs (on est quand même sur 525 pages) et la fluidité du récit en souffre par moment. Attention, je ne suis pas entrain de dire que l’auteur perd son lecteur, mais l’histoire est tellement dense avec de nombreux personnages, on a tout intérêt à ne pas déposer son cerveau durant la lecture. C’est le seul bémol que j’émettrai. J’ai quand même frôlé le coup de coeur !

J’ai adoré le personnage principal, Raphaël Bertignac, un ancien grand reporter qui a tout lâché, tout perdu, boulot et famille.   Engagé par la rédactrice de BFM TV, son instinct de chasseur se réveille, il reprend du service et s’engage dans une folle enquête pour découvrir la terrible vérité. Un gars coriace, entêté, qui n’a pas froid aux yeux, un gars touchant qu’on aime tout de suite.

J’ai beaucoup aimé l’écriture, la plume visuelle ne se perd pas dans les détails. Elle est légère, voire même poétique par moments, en contraste total avec l’ambiance noire, glauque et macabre qui se dégage du récit. Les influences de JC Grangé sont bien présentes, avec l’ambiance de ses excellents premiers romans, comme ‘Le vol des cigognes’.

Une lecture intense qui laissera des traces en moi. Les âmes trop sensibles passeront leur chemin !

Le premier roman de l’auteur « Des visages et des morts » se trouve dans ma PAL. Mon petit doigt me dit que je vais le lire dans pas trop longtemps. Retenez bien le nom de Mickaël Koudero, il a un talent de dingue et  fera beaucoup parler de lui dans les prochaines années.

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.

4ème Couverture

Paris, juin 2015. Dans un appartement aux allures de chapelle, une jeune femme s’est tailladé les veines. Avant de commettre l’irréparable, elle a cherché à s’arracher les yeux. Plus étrange encore, ces liasses de feuilles froissées sur lesquelles elle a griffonné le même nom : Nosferatu. Un mot roumain qui renvoie aux non-morts, aux vampires et au Diable.

Ancien journaliste d’investigation, Raphaël Bertignac fait le lien avec la découverte dans un parking en construction, quelques mois plus tôt, du corps d’un jeune Roumain sans papiers. Vidé de son sang. À moitié dévoré. Les organes arrachés. Deux affaires en apparence distinctes. Et pourtant…

Cannibale, Diable, organes… des mots aux sonorités animales qui poussent Raphaël à mener l’enquête à Paris, à Prague et jusqu’au tréfonds de la Roumanie. Dans ces territoires interdits où il comprendra que sous les cendres de la révolution de 1989 et la chute de Ceaușescu, une menace est née. Intime. Cannibale. Sauvage. La faim et la soif.

Editeur: Hugo Thriller, 525 pages, date sortie : 7 février 2019

Dans l’ombre du brasier – Hervé Le Corre

Dans l’ombre du brasier – Hervé Le Corre

Immense et époustouflant roman !

Paris durant les dix derniers jours de la Commune, du 18 au 28 mai 1871. C’est l’état de siège, la fin d’un rêve. La ville est à feu et à sang, les barricades se dressent dans chaque rue, les combats font rage, le peuple refuse d’abdiquer, les troupes versaillaises sont prêtes à détruire Paris plutôt que le laisser au peuple. Au beau milieu de ce chaos, un tueur en série kidnappe des jeunes filles, il se livre à un odieux trafic en les revendant à un photographe porno, à des proxénètes et des bordels. Une de ses dernières victimes est Caroline, une infirmière de la Commune, l’amoureuse du sergent Nicolas Bellec engagé auprès des Communards. Sous les obus, dans la furie des combats, le sort de ces jeunes filles n’intéresse pas vraiment les gardiens de la paix, sauf un… il s’agit d’Antoine Roques, un citoyen relieur promu commissaire par le peuple. Il se lance sur les traces de Caroline et s’engage dans une véritable course contre la montre. Mais réussira t il à la retrouver vivante ?

Quel sacré bouquin ! Un savant mélange de polar noir au coeur d’un roman historique, un roman populaire d’aventures avec une touche de romanesque. Un roman étonnamment moderne qui entre en résonance avec le contexte social actuel. L’histoire ne serait elle qu’un éternel recommencement ?

Une exceptionnelle plume oscillant entre élégance et modernité et qui nous immerge complètement dans cette ambiance d’apocalypse, au coeur de la  barbarie sanglante des combats.  La documentation et les descriptions sont d’une extraordinaire précision, sans jamais alourdir le récit. Nous sentons les odeurs de poussière, de poudre, de boue, de sueur, de sang, nous suffoquons dans les odeurs d’excréments. Nous ressentons la colère et la peur des hommes au combat, nos tripes se nouent face à la douleur des corps meurtris par les baïonnettes, nous vibrons face au courage de ces hommes qui luttent pour porter leurs idéaux d’un meilleur avenir.

Au milieu de ce chaos, il y a des héros, des hommes et des femmes d’une grande profondeur, ils brûlent d’espoir, ils rêvent, nouent des amitiés très fortes, s’entraident, partagent, trinquent, rigolent, tombent amoureux et s’aiment.

Une fresque fascinante entre utopie, tragédie, espérance, fraternité et humanité.
De la vraie, grande et belle littérature qui nous bouleverse entièrement.

J’ai adoré l’immense talent d’Hervé Le Corre !

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

4ème Couverture

A Paris, pendant les dix derniers Jours de la Commune. Dans les rues de la ville bombardée où se dressent des barricades, le mal rôde. Des jeunes femmes disparaissent, enlevées par un personnage aussi pervers que repoussant. Parmi elles, Caroline, la bien-aimée du sergent Nicolas Bellec qui combat dans les rangs des Communards. Antoine Roques, promu au rang de « commissaire » de police par la Commune, enquête sur l’affaire. Mû par le sens du devoir, il se lance à la recherche de la jeune femme, bravant les obus, les incendies, les exécutions sommaires… Et tandis que Paris brûle, Caroline, séquestrée, puis « oubliée » dans une cave parmi les immeubles effondrés, lutte pour sa survie. C’est une course contre la montre qui s’engage, alors que la Commune est en pleine agonie.

Editeur: Rivages, 491 pages, date sortie: 2 janvier 2019