L’erreur – Susi Fox

L’erreur – Susi Fox

Et pourtant, ça commençait bien…

Je vous ai promis un retour de chaque lecture (sauf les abandons). Je ne m’étendrai pas trop  sur le sujet, inutile de la faire longue. Je le répète encore, ceci n’est que mon humble avis, qui n’est pas parole d’évangile, faites vous le vôtre.

Le thème de ce thriller psychologique est très intéressant.  Suite à un accident, Sasha accouche prématurément par césarienne sous anesthésie générale. Lorsqu’elle se présente pour aller voir son bébé, elle est convaincue qu’il n’est pas le sien. Est-ce son instinct maternel qui parle ? Est-elle mentalement malade ? Personne ne la croit, elle parle de complot, même son mari et sa famille commencent à douter de sa santé mentale.

L’histoire se déroule sur sept jours en sept chapitres, en alternance avec des flash back de la vie de Sasha et de son mari Mark. Le début du roman est très interpellant, voire troublant et plutôt réussi,  MAIS les choses changent en cours de route. Le récit se répète encore et encore, les chapitres se ressemblent tellement et la quête de Sasha finit par me lasser.  Plus on avance dans la lecture, plus le doute s’estompe, plus c’est tiré par les cheveux et moins j’y crois, trop invraisemblable (et pourtant le roman est écrit par une médecin).
J’ai rencontré un gros problème, je n’ai ressenti aucune empathie pour le personnage principal, Sasha est insupportable au plus haut degré, elle m’a énervée au delà de tout.
Je tourne les pages, j’attends,  j’espère une fin de dingue, un twist qui sauvera l’histoire.
Tout ça pour ça !!! Vous voulez vraiment qu’on en parle de la révélation finale ?

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Sasha a toujours voulu un bébé.
Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu’au jour où elle se retrouve à l’hôpital pour subir une césarienne d’urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu’elle s’attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu’on lui amène n’est pas le sien.
La jeune mère n’a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre, ni sa meilleure amie, appelée au secours.
Pour tous, Sasha souffre d’un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l’instinct d’une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences. Si le bébé devant elle n’est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?

Editeur : Fleuve (coll. Fleuve Noir), 360 pages, date sortie: 10 janvier 2019

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

S’il n’en restait plus qu’un….

Sur mon montage photo, j’ai écrit ces quelques mots: « un roman d’une sensibilité incroyable, d’une beauté et d’une poésie rare. On touche au sublime ». Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire plus tant il m’est difficile, voire impossible de vous parler de ce roman.

Je me souviens que dans ma chronique de Glaise, j’avais hésité à écrire le mot chef d’oeuvre, quand tant d’autres l’avaient fait.

Aujourd’hui, j’ai envie de l’écrire plusieurs fois, en italique, en gras, en majuscule.  Né d’aucune femme est un CHEF D’OEUVRE !!!
Un coup de coeur, un coup en plein coeur, un coup de foudre… le premier de l’année et je sais que je ne pourrai rien lire d’aussi beau durant les douze prochains mois.

S’il vous plait, ne lisez pas les chroniques qui vous raconteront le livre de long en large, vous allez vous gâcher toute la magie de cette lecture, la quatrième de couverture est parfaite.
Il faut tourner les pages délicatement pour entrer à petits pas dans ce joyau et se laisser surprendre. Cette histoire, c’est l’histoire de Rose, une petite fille de quatorze qui nous murmure des mots dans l’oreille… des mots si beaux que nous relisons chaque phrase deux fois.

Comment vous dire que Franck Bouysse s’est glissé dans la peau d’une petite fille de quatorze ans jusqu’à ressentir les vibrations sortant de ses entrailles…
Comment vous dire l’immense talent et le génie de l’auteur pour fouiller l’âme de ses personnages…
Comment vous dire les émotions rarement ressenties à la lecture d’un livre, les larmes qui coulent et qui coulent encore, le coeur au bord des lèvres…
Comment vous dire le désespoir et la noirceur de ce récit touchant de si près la lumière et l’espoir…
Comment vous dire la plume exceptionnelle de Franck Bouysse, influencée par Faulkner, Giono, Morrisson, McCarthy… Les mots si beaux, les respirations, les silences, la sensibilité et la musique particulière qui s’en dégage…
Comment vous dire que Rose vous hantera à tout jamais.  Que son histoire intemporelle est l’histoire de milliers de femmes…
Comment vous dire toute la magie, toute la pudeur de ce chef d’oeuvre…
Comment vous dire que je suis restée plusieurs jours sans pouvoir ouvrir un autre livre…

Les mots me manquent, tout simplement…

Merci monsieur Franck Bouysse, merci du fond du coeur pour ce moment rare.

Une mention spéciale pour la sublime couverture. Je remercie chaleureusement La Manufacture de livres pour leur confiance.

4ème Couverture

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Editeur: La Manufacture de livres, 336 pages, date sortie: 10 janvier 2019

Un demi-siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Un demi-siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

En 2017, je vous avais parlé d’une belle découverte, Un siècle de mensonges , c’était le premier roman d’un « jeune » auteur belge.

Deux ans plus tard, voici la suite des aventures palpitantes de Marylou. Une saga très originale à mi chemin entre le récit d’une histoire familiale mêlé d’aventures et d’Histoire.

Notre héroïne Marylou s’est posée à la campagne pour y mener une vie calme avec sa famille. Le répit sera de courte durée, son grand père décède, la police penche pour la thèse de l’assassinat et la voilà rattrapée par son douloureux passé.

Nous allons remonter le cours de trois histoires familiales tout en re-visitant une partie de l’histoire de Belgique, l’exposition universelle de 1958, l’incendie de l’Innovation en 1967…
Le passé s’emboîte à merveille dans le présent, ces différentes histoires sont intimement liées et imbriquées comme les pièces d’un gigantesque puzzle.

Je me suis laissée porter par le récit mais j’avoue avoir été un peu moins surprise, un peu moins déroutée que dans le premier tome des aventures de Marylou. J’ai trouvé certains passages un peu tirés par les cheveux, même si l’ensemble cohérent.  Le rythme est parfait, il oscille entre accélérations et moments de respiration. L’enquête est complexe, les révélations nombreuses, on ne s’ennuie pas un instant. Entre mensonges et mystères, Jean-Louis Aerts nous embarque et nous manipule de bout en bout en déroulant son récit sur un demi siècle d’histoire.

Un très agréable moment lecture !  Pour ceux qui se poseraient la question, il faut bien entendu les lire dans l’ordre.

Je remercie les éditions 180° pour leur confiance.

4ème Couverture

1940 : Émilie a quatorze ans quand la Deuxième Guerre mondiale vient bouleverser ses rêves d’adolescente.
1961 : Jeanne a dix-huit ans lorsque sa vie vole en éclats.
2006 : Marylou a quarante ans au moment où deux drames font basculer son existence et lui rappellent son douloureux passé.
Quel lien unit ces trois femmes ? Qui donc a intérêt à déterrer les vieux démons ? L’inspecteur Gleizner mène l’enquête et tente de démêler l’écheveau de mensonges qui entoure les mystérieux incidents dont est victime Marylou.

Editeur: 180°éditions, 352 pages, date sortie : 24 novembre 2018

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Envoûtant

Le jour de Noël, j’ai réservé la chambre 81 à Avalanche Hôtel, un hôtel hostile et mystérieux perdu au milieu des montagnes enneigées. J’ai eu froid durant toute mon séjour et pourtant, j’étais bien emmitouflée.

Le pitch en deux mots : nous sommes en 1980, en pleine tempête de neige, Joshua, agent de sécurité à Avalanche Hôtel fait une chute, il tombe dans le coma durant deux jours. Il se réveille, nous sommes en 2018. Est-il entrain de rêver ? Plongé dans un mauvais cauchemar ? Est-il schizophrène ?

Dès les premières pages, l’auteur distille un suspense et une tension qui ne nous lâcheront pas jusqu’au dénouement imprévisible. Il réussit à nous retourner le cerveau en mêlant  habilement rationnel et irrationnel, il installe le doute en nous et nous fait voyager entre rêve et réalité, tout en restant bien ancré dans l’intrigue.
Il nous questionne sur la mémoire, les souvenirs, les rêves et la mort avec une subtilité étonnante.

Niko Tackian maîtrise à 100% l’art du huis clos. Après l’immensité du désert dans « La nuit n’est jamais complète », nous voilà entrain de trembler dans l’immensité des montagnes. Sa plume très visuelle nous immerge complètement dans une ambiance mystérieuse, lugubre, glaçante.

Un thriller hypnotique et anxiogène qui vous surprendra et vous déstabilisera plus d’une fois.

A lire d’une traite si possible, bien au chaud sous un plaid, en retenant votre souffle.

Un seul petit bémol, j’ai trouvé mon séjour trop court, j’aurais aimé jouer les prolongations.

Si vous avez aimé La nuit n’est jamais complète, vous aimerez Avalanche Hôtel. Par contre, si l’irrationnel vous hérisse le poil, vous devriez peut être passer votre chemin et vous ruer sur l’excellente série du commandant Tomar Khan (Toxique et Fantazmë, tous deux sortis en poche).

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann Lévy pour leur confiance. Mention spéciale pour la sublissime couverture.

4ème Couverture

SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS À VOS SOUVENIRS !
Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd connaissance… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma. Un rêve, vraiment ?

Editeur: Calmann Lévy Noir, 270 pages, date sortie: 2 janvier 2019