Corruption – Don Winslow

Corruption – Don Winslow

COUP DE COEUR !

Un bouquin monumental !

Méa culpa, je découvre seulement Don Winslow, l’auteur de La griffe du chien et de Cartel, deux  thrillers exceptionnels dans le monde du polar.

Denny Malone est un flic très charismatique, à la tête « La Task force » qui règne sur les rues du nord de Manhattan gangrénées par la drogue. Une unité d’élite qui n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers, les trafiquants d’armes. Respecté et admiré de tous depuis 18 ans, il forme une famille avec ses coéquipiers, ses amis, ses « frères ». Pas à pas, à force de flirter avec les limites, il efface la frontière entre le bien et le mal et franchit la ligne rouge en prenant quelques arrangements avec la loi et sa conscience. Un jour, il se retrouve face au FBI, coincé dans un engrenage infernal qui le précipitera dans une descente aux enfers.

Une intrigue complexe, toute en dialogues, nous raconte une histoire d’hommes, de flics terriblement humains, vidés et broyés jusqu’au fond de leur âme par la pression, la violence, les trahisons, les chantages qu’ils subissent au quotidien.

Don Winslow nous dresse un portrait réaliste d’une société hypocrite entièrement pourrie et corrompue jusqu’au plus haut degré par la toute puissance de l’argent et du pouvoir; toutes les instances sont touchées, les flics, la mairie, le bureau du procureur, les travaux publics, les mafias, les politiques, les juges et avocats, le FBI. Terrifiant et glaçant quand on sait que tout est vrai, comme le précise l’auteur dans une interview.

Nous sommes sur le terrain, entrain de patrouiller aux côtés de Denny, Russo, Monty et les autres, en immersion totale dans leur quotidien. 600 pages d’un réalisme à couper le souffle et documentées dans les moindres détails. L’auteur a mis des années à écrire ce roman, il a fait énormément de recherches, a interrogé des dizaines de flics pour écouter leurs ressentis profonds, il a arpenté les rues où se déroule l’action pour s’imprégner du décor. 600 pages électriques, d’une intensité qui balaie tout sur son passage en nous emportant dans un tourbillon vertigineux. 600 pages qui défilent à toute allure pour nous laisser sans voix et K.O. debout à la toute fin.

L’ambiance, l’intelligence narrative, le héros en quête de rédemption, la plume tranchante comme un scalpel m’ont fait penser aux romans de James Ellroy et de RJ Ellory. Et je me suis retrouvée plongée dans la brillante série The Shield (que j’adore !) aux côtés de Vic Mckay, le double de notre héros Dennny Malone.

Un roman puissant, passionnant, magistral. Un pur chef d’oeuvre !

J’ai refermé Corruption à regret en me demandant ce que j’allais bien pouvoir lire après.

Une mention spéciale pour la sublime traduction de Jean Esch.

Je remercie chaleureusement les éditons HarperCollins pour la magnifique surprise.

4ème Couverture

Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie.
Le FBI le rattrape et va tout mettre en oeuvre pour le forcer à dénoncer ses coéquipiers. Dans le même temps, il devient une cible pour les mafieux et les politiques corrompus. Seulement, Malone connaît tous leurs secrets. Et tous, il peut les faire tomber…

Editeur: HarperCollins, 592 pages, date sortie: 7 novembre 2018

La mort selon Turner – Tim Willocks

La mort selon Turner – Tim Willocks

Un western tarentinesque !

 Quand le Bien affronte le Mal… 

Direction l’Afrique du Sud, dans la banlieue du Cap. Après une soirée de beuveries avec une bande de potes, Dirk un jeune riche Afrikaner renverse une jeune métisse, une pauvresse sous alimentée entrain de fouiller une benne à ordures près d’un bar du township. Il s’enfuit sans prévenir les secours, laissant la victime agoniser seule. Une mort dont tout le monde se fiche, les flics du Cap ne lèvent pas le petit doigt, ils ont d’autres chats à fouetter. Sauf Turner qui décide de mener l’enquête pour trouver les coupables. Turner, un excellent flic noir, d’une intégrité absolue face à la corruption régnante, farouchement déterminé à rendre justice, peu importe le prix à payer. Pour lui, tout le monde est soumis à la même loi. Turner, un spécialiste des arts martiaux, un mélange entre Dirty Harry et Rambo. Rien ne l’arrête, même quand il apprend que les possibles meurtriers sont des blancs richissimes habitant très loin du Cap et qu’il sera bien dur de les mettre derrière les barreaux.

Nous ne sommes pas dans une simple enquête de police puisque nous connaissons très vite le coupable.  La mort selon Turner est l’affrontement impitoyable entre Turner, l’incorruptible et Margot Le Roux, la mère de Dirk, une richissime Afrikaner, propriétaire minière qui règne en seigneur local sur ses terres. Le flic veut faire triompher la justice, la mère veut protéger son fils. La mort selon Turner est le récit d’une croisade justicière, une traque sans pitié par un policier hors norme qui n’a rien à perdre, il ira jusqu’au bout de lui même en franchissant toutes les limites, semant la mort et le chaos autour de lui.

Ce western dans un décor de désert sud africain ne vous laissera pas souffler un instant, les scènes s’enchaînent à un rythme incroyable ! C’est puissant, très noir, violent, sanglant et bourré de testostérone. C’est épique, entre l’opéra et la tragédie grecque, plein d’excès et ça vous coupe le souffle ! La plume de Tim Willocks est sublime, poétique et la façon toute particulière qu’il a de plonger dans l’esprit humain -n’oublions pas que l’auteur est psychiatre- pour l’explorer dans les moindres replis donne une touche exceptionnelle à l’histoire.

Dans cet affrontement du Bien et du Mal, le lecteur se posera plus d’une fois la question: qui a raison et qui a tort ?

Un grand roman noir que je vous conseille vivement !

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Editeur: Sonatine, 384 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Les heures indociles – Eric Marchal

Les heures indociles – Eric Marchal

Une véritable pépite !

La magie a opéré… j’ai adoré.

Un roman historique richement documenté, qui mêle avec maestria la grande Histoire et la petite. Aventures, intrigues, complots, amour, suspense, frissons sont au rendez-vous. Une fois entamé, vous ne le lâcherez pas, un vrai feuilleton plein de rebondissements qui vous tiennent en haleine du début à la fin.

Eric Marchal nous immerge au coeur de Londres en 1908 et nous raconte -à la façon de Ken Follet- l’histoire de trois rebelles qui feront trembler l’Angleterre.
Olympe Lovell, une suffragette très engagée dans le courageux combat des femmes dans un pays conservateur qui leur refuse le droit de vote (elles l’obtiendront en 1928, et en 1944 pour la France). Des femmes qui secouaient la société et se battaient parfois au péril de leur vie pour changer les choses.
Thomas Belamy, un brillant médecin urgentiste à l’hôpital St Bart’s. Il suscite le respect et l’admiration de ses collaborateurs, il est aimé de tous les malades, considéré comme un médecin exceptionnel qui fait des « miracles » en alliant l’acupuncture et la médecine non conventionnelle aux traitements classiques. Il cache un mystère lié à son passé. Horace de Vere Cole, un aristocrate excentrique, énervant sur les bords, un épicurien qui ne cesse de provoquer des scandales avec ses canulars.

Le récit est nourrit de faits historiques, je salue l’impressionnant travail de documentation effectué par l’auteur. C’est très bien écrit, pointu, habilement décrit avec un souci du détail. Cela reste fluide sans lourdeur, ni complication et nous apprenons énormément de choses sans nous ennuyer une seule seconde.
Une immersion dans le service des urgences de l’hôpital, les progrès de la médecine et la chirurgie de l’époque en détail, la pharmacopée, la rivalité entre la médecine officielle et la non conventionnelle (personnellement j’ai été fascinée par les détails sur l’acupuncture).
Une magnifique reconstitution de Londres au début du siècle, la bourgeoisie et ses salons, la politique en vigueur, les services de police, le palais royal et le roi Edward VI. Une plongée dans les quartiers pauvres de l’East End, les misérables conditions de vie et la misère qui y règnaient.

Les 596 pages se lisent toutes seules et vous entraînent dans un tourbillon d’aventures passionnantes, foisonnantes, plus palpitantes les unes que les autres, aux côtés de personnages extrêmement attachants, hauts en couleur et finement étudiés.

Si je devais émettre un mini bémol, ce serait le dénouement fort rapide qui m’a quelque peu frustrée. Mais  ce n’est qu’un détail.

Une lecture immersive qu’on referme à regret, un pur bonheur que je vous recommande à 1000%.

Je remercie chaleureusement les éditions Anne Carrière pour leur confiance.

4ème Couverture

1908. La reine Victoria n’est plus et son fils Edward VI se rapproche de ses voisins européens. Le vieux monde britannique se fissure sous l’impulsion de groupes d’avant-garde, comme les suffragettes qui mènent une lutte acharnée pour le droit de vote des femmes. L’heure n’est pas à la révolution, mais à une révolte sociétale de moins en moins feutrée dont les hautsfaits se déroulent dans le Londres de Virginia Woolf et de Conan Doyle, celui des parcs et de la bourgeoisie de l’ouest et que des taudis de l’East End ouvrier.
Dans Les heures indociles, Éric Marchal relate le parcours de trois personnages hors du commun : Olympe Lovell, la suffragette, une guerrière au service de Mrs Pankhurst, prête à tous les sacrifices pour la cause. Thomas Belamy, l’annamite, médecin au Saint Bartholomew Hospital, le plus vieil établissement de Londres. Il travaille dans le service flambant neuf des urgences et dirige un département de médecine non conventionnelle dont le but est d’unifier les pratiques occidentales et chinoises. Enfin, Horace de Vere Cole, le plus excentrique des aristocrates britanniques, poète et mystificateur, à la recherche de son chef d’oeuvre, le plus grand canular de tous les temps.
Chacun d’eux est un rebelle. À deux, ils sont dangereux. À trois, ils sont incontrôlables et deviendront la cible du pouvoir et d’un mystérieux personnage se faisant appeler l’Apôtre.

Editeur: Anne Carrière, 596 pages, date sortie: 7 septembre 2018

Bilan lecture – novembre 2018

Bilan lecture – novembre 2018

8 livres lus, soit 3669 pages

Un magnifique et exceptionnel mois lecture, je jubile en écrivant mon bilan.  8 livres lus dont 4 gros pavés de plus de 500 pages. J’ai découvert 7 auteurs dans des genres complètement différents.
J’ai lu un roman mystère dont je ne peux vous parler pour l’instant.
Vous imaginez ? Un truc de ouf de dingue, c’est Noël avant l’heure, découvrir Mattias Köping, Armelle Carbonnel, Tim Willocks, Eric Marchal, Fiona Cummins et son premier roman, tout ça sur un mois…. dis donc, quel choc !  Elle est pas belle la vie d’une serial lectrice ? A l’heure où j’écris mon bilan, je termine juste Les heures indociles, je peux déjà vous dire que je l’ai refermé à regret, triste de quitter les personnages. Sinon, mea culpa, j’ai accumulé du retard dans mes chroniques, pas encore écrit celle sur La mort selon Turner, c’est promis, je m’y colle ce week-end.

Allez, c’est parti pour un résumé de mes lectures. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

Promenons nous dans ce bois-Nele Neuhaus : Un ressenti en demi teinte pour moi. Un polar classique qui lorgne du côté du thriller psychologique. L’intrigue est bien ficelée, la plongée dans l’ambiance du village très réussie mais le roman souffre de beaucoup de longueurs !

Le manufacturier-Mattias Köping : Je n’avais encore jamais lu un thriller aussi percutant, je n’avais jamais vécu une telle expérience de lecture, ni pris une gifle aussi forte. A lire absolument, attention pour public averti.   Coup de coeur ? le mot est faible… je dis COUP DE FOUDRE !!!

Le collectionneur-Fiona Cummins : Un premier roman parfaitement maîtrisé, l’auteure apporte un « petit quelque chose » d’original et une touche de sensibilité particulière à l’histoire. Un page turner glaçant de 509 pages qui ne nous laisse aucun répit et se lit quasi d’une traite tant la mécanique est bien huilée. 100% glaçant, 100% plaisir !

Sinestra-Armelle Carbonel : Une merveille… une charge émotionnelle dévastatrice !
Armelle Carbonel a tout compris de la littérature, elle nous offre une vraie leçon d’écriture. Un voyage envoûtant qui vous sortira de votre zone de confort, un voyage dont vous vous souviendrez longtemps.

La mer qui prend l’homme-Christian Blanchard : Mal de mer garanti, vous voilà prisonnier des vagues dans un huis clos glaçant. Entre les secrets, les histoires de vengeance et de paranoïa, rien ne se passe comme prévu, les choses vont sérieusement déraper jusqu’au bain de sang. Tension, violence larvée, histoire bien ficelée mais bémol pour la fin, il m’a manqué quelque chose.

La mort selon Turner-Tim Willocks : Un western en Afrique du sud. Quand le bien affronte le mal. C’est très noir, sanglant, puissant, épique, ça vous coupe le souffle !

Les heures indociles-Eric Marchal : Si vous aimez Ken Follet, vous allez adorer !
Un médecin, une suffragette, un aristocrate excentrique, trois rebelles qui font trembler l’Angleterre. Intrigues, aventures, passions, rebondissements. 100% plaisir de lecture garanti. Truculent, foisonnant, passionnant, addictif.

Un livre mystère dont je ne peux rien dire pour l’instant, il sortira en mars 2019

MERCI A VOUS DE ME SUIVRE !

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Le manufacturier – Mattias Köping

Le collectionneur – Fiona Cummins

Sinestra – Armelle Carbonel

La mer qui prend l’homme – Christian Blanchard

Les heures indociles-Eric Marchal : ma chronique arrive tout bientôt.

La mort selon Turner-Tim Willocks : ma chronique arrive tout bientôt.