Le collectionneur – Fiona Cummins

Le collectionneur – Fiona Cummins

100% glaçant, 100% addictif, 100% plaisir !

Deux enfants sont enlevés, une troisième enfant a disparu depuis un an. Ils ont tous un point commun, lequel ? Ils ont croisé la route du Collectionneur. Un homme effacé, un monsieur tout le monde le jour, qui se transforme en un redoutable serial killer la nuit. Un tueur complexe et terrifiant qui collectionne les os humains pour son musée morbide transmis de père en fils. Mais attention pas n’importe lesquels, il cherche la rareté, des os spéciaux et uniques. Les enfants enlevés sont atteints de malformation osseuse. Clara  a une malformation au niveau des mains et Jakey est atteint d’une maladie génétique rare, la fybrodisplasie ossifiante progressive, appelée la maladie de l’homme de pierre, des os supplémentaires poussent jusqu’à l’enfermer petit à petit dans son corps.

Fiona Cummins nous offre un premier roman parfaitement maîtrisé, un page turner glaçant de 509 pages qui ne nous laisse aucun répit et se lit quasi d’une traite tant la mécanique est bien huilée.

L’auteure apporte un « petit quelque chose » d’original et une touche de sensibilité particulière à l’histoire, elle donne une belle profondeur à tous ses personnages, les parents, les victimes, l’inspectrice et nous les rend tellement proches. Elle nous immerge complètement dans la vie des parents en nous faisant ressentir ce qu’ils endurent au quotidien avec la maladie de leurs enfants, leur désarroi, leur fragilité et leurs angoisses face à l’enlèvement. Criant de vérité et très touchant ! J’ai beaucoup aimé l’inspectrice qui mène l’enquête, une femme forte, déterminée, fragile, instable, en proie à des problèmes de couple et pleine d’empathie pour les victimes. Un mini bémol concernant le Collectionneur, il m’a manqué un petit truc, peut être aurais-je aimé qu’il soit plus mis en lumière. Je pense que l’auteure a fait le choix de mettre sa collection morbide au premier plan.

Un course contre la montre qui nous maintient sous tension permanente, les chapitres très courts donnent un rythme de dingue à l’histoire, nous tournons frénétiquement les pages pour savoir si les enfants vont être sauvés par l’inspectrice Etta Fitzroy. Les rebondissements s’enchaînent de plus en plus vite jusqu’à la fin. Et quelle fin ! Je vous en parle ? WTF, j’ai juste failli jeter mon livre par terre.

Mon petit doigt me disait que Fiona Cummins avait prévu une suite, elle vient de paraître en Angleterre, il n’y a plus qu’à patienter.

Avis aux amateurs… un thriller que je vous recommande vivement !

Je remercie chaleureusement les éditions Slatkine & Cie pour leur confiance.

4ème Couverture

Un tueur en serie encore plus effrayant qu’Hannibal Lecter.
Le Collectionneur a tout organisé et mène une double vie. Dans l’une, il est comme vous et moi. Dans l’autre, il est le gardien d’un macabre musée de famille : une collection d’ossements humains.
Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Deux enfants, Jakey Frith et Clara Foyle, souffrent l’un et l’autre d’une maladie génétique orpheline (une centaine de cas en France) qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, lamaladie de l’homme de pierre. Le Collectionneur se doit d’avoir ces deux pièces rarissimes que sont deux petits squelettes au tout début de leur déformation.
Dans sa traque éperdue, il déjoue la vigilance du père de Jakey et celle d’un détective trouble, Etta Fitzroy, qui enquête sur une série d’enlèvements.

Editeur: Slatkine & Cie, 509 pages, date sortie: 18 octobre 2018

Le manufacturier – Mattias Köping

Le manufacturier – Mattias Köping

Coup de coeur ? le mot est trop faible… je dis COUP DE FOUDRE !!!

Je découvre Mattias Köping avec Le Manufacturier. Je n’ai pas lu son premier roman Les démoniaques, sa noirceur me faisait trop peur. J’ai rencontré l’auteur il y a quelques mois à Saint Maur en Poche et il a balayé toutes mes appréhensions en quelques minutes, un monsieur d’une grande douceur et d’une extrême gentillesse, qui prend le temps d’écouter ses lecteurs.

Je vais vous faire un aveu, je lis du noir et des thrillers depuis plus de 35 ans, environ 125 par an, faites le compte, ça donne le vertige…
Je n’avais encore jamais lu un thriller aussi percutant, je n’avais jamais vécu une telle expérience de lecture, ni pris une gifle aussi forte.  A côté du Manufacturier,  certaines de mes lectures les plus noires ressemblent à « Oui, oui, à la plage ». Mattias Köping a un talent fou et il faut le dire haut et fort !!!

Ce roman m’a laissée KO et il continue de me pourchasser, je suis restée trois jours sans lire, difficile d’ouvrir un autre livre après un tel uppercut ! Personne ne peut sortir indemne d’une telle lecture. Je me retrouve sans voix devant ma page blanche, si je m’écoutais, je me contenterais d’aligner une kyrielle d’adjectifs louant ses nombreuses qualités.

Mise en garde aux lecteurs, Le Manufacturier est destiné à un public averti, les personnes trop sensibles qui n’ont pas le coeur bien accroché passeront leur chemin.

Les années 90, le conflit dans les Balkans et la guerre que se livrent les serbes, croates et bosniaques. Milovan, un garçon croate échappe aux tortionnaires, les Lions de Serbie, qui ont massacré toute sa famille, il rejoint la France pour vivre chez un oncle. Vingt cinq ans plus tard, une avocate serbe enquête sur les criminels de guerre. Milovan va l’engager pour retrouver les bourreaux qui ont exterminé sa famille.
La ville du Havre, le trafic de drogue dans ses cités, la prostitution, la corruption, les mafias et les parrains sans état d’âme. L’univers du Dark Web où le Manufacturier propose des vidéos de ses crimes à la vente sur son site internet.

Nous allons croiser de nombreux personnages, les intrigues sont très denses, elles se croisent, s’entremêlent avec fluidité dans une construction minutieuse et intelligente, elles s’imbriquent au fur et à mesure qu’on avance pour finir  par se rejoindre et se percuter dans un final ahurissant.

Bienvenue en enfer, aucune échappatoire possible ! Le Manufacturier, c’est une plongée dans la bestialité de l’âme, la nature humaine dans ce qu’elle a de plus horrible, le Mal à l’état pur.
Une plongée dans la monstruosité du conflit serbo-croate qui a fait 200 000 morts et dont on parle très peu. Tout y est décrit sans aucune censure, les atrocités, les cruautés, les vengeances, les horreurs et tortures les plus abjectes. La plume affutée et incisive de l’auteur ne nous épargne rien. Vos tripes se retourneront plus d’une fois, la nausée vous envahira et pourtant, aucune violence n’est gratuite, tous les détails servent l’intrigue. L’auteur a effectué un énorme travail de documentation, c’est impressionnant de justesse et de réalisme.

Le Manufacturier, c’est :
548 pages à couper le souffle, d’une rare puissance et d’une brutalité effrayante
548 pages explosives, ultra noires, d’une violence inouïe
548 pages millimétrées à la perfection, pleines de rebondissements, sans aucune longueur
548 pages sacrément addictives qui soumettront vos nerfs à rude épreuve
548 pages crues et sordides qui vous décaperont et vous broieront corps et âme
548 pages qui s’imprimeront tout au fond de vous pour très longtemps

Je termine en citant l’auteur : « aucune fiction n’arrive à la cheville du monde réel en termes d’horreur ».

Le Manufacturier est un grand, un énorme, un terrible bouquin… que dire de plus ? Mattias Köping est un auteur qui a du génie, ne passez pas à côté !!!

J’ai envie de le souligner. Le Manufacturier est le troisième roman des éditions RING que je termine et la troisième claque d’affilée. Après Ghislain Gilberti « Sa majesté des ombres » et Frédéric Mars « Les marcheurs ». Je suis entrain de lire Sinestra d’Armelle Carbonel, bien parti pour rejoindre mes coups de coeur. RING, une maison d’édition qui a un don particulier pour dénicher des talents et qui ose publier des romans coup de poing qui percutent et dérangent. 

Je remercie chaleureusement les éditions RING pour leur confiance.

4ème Couverture

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilić tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés.

N’ayez pas peur. Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n’y a pas d’autre issue.

Editeur: RING, 548 pages, date sortie: 25 octobre 2018

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Je découvre Nele Neuhaus avec ce 8è opus de la série mettant en scène le commissaire Oliver von Bodenstein et l’inspectrice Pia Kirchhoff. Une série qui rencontre visiblement un gros succès, le 2è tome « Blanche Neige doit mourir » s’est vendu à 1 million d’exemplaires en Allemagne.

Nous sommes plongés au coeur du village natal du commissaire, petit coin isolé dans la région montagneuse du Taunus. Quelqu’un s’acharne à tuer des gens sans histoires, les cadavres s’accumulent. Les victimes ont un point commun : elles se connaissent toutes.

Le commissaire est mal à l’aise car il connait les victimes et les habitants, l’enquête s’annonce très complexe. Il est persuadé que le meurtrier est un des villageois et que ces meurtres sont liés à des évènements du passé. De vieux secrets enfouis depuis quarante ans vont être déterrés… jalousies, trahisons, adultères.  Artur, le meilleur ami de Bodenstein a disparu brutalement durant l’été 1972, que s’est-il réellement passé ? Bodenstein a enfoui ce traumastime d’enfance.
Les enquêteurs devront faire face au silence des villageois, tout le monde semble avoir des choses à cacher et il leur faudra beaucoup de patience pour assembler les pièces du puzzle et percer les zones d’ombre.

Ne vous attendez pas à des rebondissements incessants, l’intrigue très dense démarre fort lentement.  Nele Neuhaus prend son temps pour nous présenter les nombreux personnages et nous immerger dans le décor et l’atmosphère oppressante du village, au coeur des secrets, des non-dits, des mensonges et des vieilles rancoeurs.

Un ressenti en demi teinte pour moi. Globalement, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce polar classique qui lorgne du côté du thriller psychologique. L’intrigue est bien ficelée, la plongée dans l’ambiance du village très réussie mais le roman souffre quelque peu d’un manque d’originalité (oui, je sais, je suis difficile et j’aime être surprise) et de beaucoup de longueurs (544 pages quand même !).

Un livre que je conseillerais aux amateurs d’ambiance de polars nordiques. Et je le répète, ceci n’est que mon humble avis, faites vous le vôtre.

Une mention spéciale pour la sublime couverture ! Je remercie les éditions Calmann Lévy pour leur confiance.

4ème Couverture

Dans la région montagneuse du Taunus, la forêt prédomine. Peut-on alors parler d’accident quand en pleine nuit, au coeur des bois, un feu tue un homme dans sa caravane ? Et quand non loin, dans un village reclus, deux autres morts suspectes se succèdent ?
Le commissaire Bodenstein et sa jeune collègue Sander comprennent vite qu’un même meurtrier s’acharne, mais pourquoi s’en prend-il à des gens sans histoires et qui se connaissaient tous ? Peu à peu, l’enquête les ramène à l’été 1972, lorsque le meilleur ami de Bodenstein, Artur, disparut sans laisser de traces. Un traumatisme d’enfance pour lui, et un drame que beaucoup auraient préféré oublier. Et si un lien existait avec les victimes récentes ? Pour arrêter le coupable, un seul moyen : découvrir ce qui s’est vraiment passé à l’époque, là-bas, dans ce bois…

Editeur: Calmann Lévy, 544 pages, date sortie: 10 octobre 2018