Sauvez-moi – Jacques Expert

Sauvez-moi – Jacques Expert

COUPABLE OU PAS  ?

Jacques Expert, un ancien journaliste spécialiste des grandes affaires criminelles, nous questionne sur les erreurs judiciaires, l’acharnement et les méthodes policières.

Nicolas Thomas, surnommé « le monstre au visage d’ange » par la presse, a été condamné pour quatre meurtres macabres grâce à une jeune enquêtrice Sophie Ponchartrain. Il va clamer et hurler son innocence durant 30 ans. Dès sa sortie de prison, il disparaît.  Un nouveau meurtre est commis, semblable à ceux commis il y a 30 ans.  L’ambitieuce Sophie Ponchartrain, devenue commissaire divisionnaire, n’a aucun doute sur le coupable.  Elle est sûre d’avoir raison, elle reprend l’enquête et va tout tenter pour arrêter le monstre.

Son dernier polar Hortense  a été un coup de coeur, déroutant et scotchant de bout en bout (voici le lien de ma chronique). Sauvez-moi est raconté à la manière d’un fait divers passionnant mais ce n’est pas le meilleur roman de l’auteur. Une mécanique bien huilée, efficace, qui se lit d’une traite mais quelque peu décevante dans l’ensemble. Une intrigue qui entremêle présent et passé en nous plongeant dans un véritable puzzle.  Le lecteur est  baladé de fausses pistes en impasses, il se retrouve piégé, sous tension, il doute et tente de démêler le vrai du faux, l’exercice n’est pas simple. Hélas, j’ai trouvé beaucoup d’incohérences et d’exagérations dans le personnage de Sophie Ponchartrain, pourquoi avoir grossi le trait aussi fort ? Cela décrédibilise fortement l’histoire.

Cela n’est bien sûr que mon humble avis.  A vous de voir !

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Après trente ans d’incarcération, Nicolas Thomas passe les portes de la centrale de Clairvaux. Il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tout le monde l’a abandonné le jour où il a été reconnu coupable d’avoir assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles.
Quelques jours plus tard, il disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblables à ceux dont il a été accusé.
Sophie Ponchartrain, commissaire divisionnaire à Paris, reçoit alors une étrange lettre signée par Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces deux mots :  » Sauvez-moi ! « 

Editeur: Sonatine, 400 pages, date sortie: 7 juin 2018

Qaanaaq- Mo Malo

Qaanaaq- Mo Malo

Le polar qui vient du Groenland made in France !

Qaanaaq, le polar qui me laisse de glace…

La couverture est sublime, la campagne de médiatisation autour de la sortie du livre a été énorme, le mystère autour du pseudonyme de l’auteur a attisé la curiosité des lecteurs.  Un auteur très connu fait sa première incursion dans le monde du thriller.  Tout le monde cherche à savoir qui il est. Mystère !
Je me pose la question: pourquoi donc ce bandeau mensonger en couverture ?  L’auteur est français, a-t-il choisi un pseudo à consonance danoise pour surfer sur la vague très à la mode des polars nordiques ?

Qaannaq, une immersion totale, un voyage dans le grand Nord tout blanc, tout froid, les paysages de glaces à perte de vue, la nuit polaire, les ours, les Inuits, les chasseurs de Morses. Dépaysement assuré !
L’auteur a effectué un fabuleux travail de recherche, nous apprenons beaucoup de choses sur les us et coutumes de la vie groenlandaise, leur culture ancestrale, l’exploitation du pétrole, les intérêts financiers et les enjeux économiques qui s’y jouent, les politiques et la corruption.

Une histoire de meurtres, quatre ouvriers d’une plate forme pétrolière meurent en quelques jours, leur corps complètement déchiquetés. Ont-ils été victimes d’une attaque d’ours ? Mais les ours ne fracturent pas les serrures. L’inspecteur Qaanaaq est envoyé sur place pour enquêter.

L’intrigue est alambiquée, complexe, sent le déjà lu, elle est bourrée de grosses ficelles. Il y a un gros problème de rythme, il est tellement lent que le lecteur plonge dans un ennui profond.  Sommes nous dans un polar ou un docu-fiction ? Aucun personnage n’est parvenu à sauver ma lecture, impossible de m’y attacher.

Bref, vous avez compris que le Groenland et moi, ça fait deux… sauf quand Sonja Delzongle est aux commandes et nous offre « Boréal », un excellent polar qui a des tripes et sort vraiment du lot.
Je le répète, ceci n’est que mon humble avis et non parole d’évangile.  Faites vous le votre !

Une chose est sûre, le polar nordique a la cote et Qaanaaq surfe sur la vague.

Je remercie l’agence Anne & Arnaud pour sa confiance.

 

4ème Couverture

Dans le vaste pays blanc, l’esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu’au bout.

Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?

Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Editeur: La Martinière, 496 pages, date sortie: 31 mai 2018

La griffe du chat – Sophie Chabanel

La griffe du chat – Sophie Chabanel

J’ai rencontré Sophie Chabanel au Boulevard du polar à Bruxelles, j’ai apprécié son humour, elle m’a donné envie de découvrir son univers.

J’aime les chats, je les aime à la folie, alors vous pensez, un polar qui parle de chats, impossible de passer à côté, c’est un must !

Le pitch en deux lignes. Un crime est commis dans un bar à chat lillois, le propriétaire est retrouvé gisant dans une mare de sang.  La chat star du bar, Ruru, a disparu. L’assassin serait il un voleur de chat ? La veuve éplorée pleure. Normal, me direz-vous. Sauf qu’elle ne pleure pas son mari mais Ruru. La commissaire Romano est chargée de l’enquête avec son adjoint Tellier, beaucoup de pistes, peu d’indices.

L’intrigue  se révèle très classique, le rythme est lent, trop lent sur une bonne moitié du roman pour s’accélérer bizarrement sur la fin.

Les personnages hauts en couleurs sont le gros point fort, ils tiennent tout le roman. Des personnages super attachants qu’on suit avec beaucoup de plaisir, une mention spéciale pour la commissaire Romano. Une héroïne atypique au caractère plus que trempé, célibataire, féministe, libre, borderline, décalée, drôle.  Elle n’a pas sa langue en poche et est flanquée de son adjoint Tellier, carré, terre à terre, un brin dépressif, en révolte permanente.  Leur duo se complète et fonctionne à merveille.

Le décor est amusant, le ton léger, enlevé et loufoque. J’ai aimé les échanges caustiques, les petites touches piquantes et critiques sur certains travers de notre société.

Un polar bien sympathique, sans prise de tête, à lire avec un chat ronronnant sur les genoux.

Je remercie chaleureusement les éditions Le Seuil pour leur confiance.

4ème Couverture

Une étude américaine a prouvé que caresser un chat diminuait le risque d’infarctus, mais il n’est pas encore dit que cela arrêtait les balles : le propriétaire d’un bar à chats lillois est retrouvé gisant dans une mare de sang au milieu de ses matous. Comble de l’infamie, le chat star du commerce, Ruru, manque à l’appel. La commissaire Romano est mise sur le coup, assistée de son adjoint Tellier – aussi terre à terre qu’elle est spirituelle et borderline. Étrangement, ce duo insensé fait des étincelles sur le terrain, et l’assassin voleur de chat (si tant est que ce soit une seule et même personne) va devoir user de mille ruses s’il compte échapper à ces deux enquêteurs de choc…

Editeur: Le Seuil, 272 pages, date sortie: 1 mars 2018