Le mal en soi – Antonio Lanzetta

Le mal en soi – Antonio Lanzetta

La couverture nous met d’emblée l’eau à la bouche avec l’accroche « le Stephen King italien ».  Magnifique accroche mais personnellement, je n’y ai vu aucun lien, sinon que le roman fait référence à l’adolescence.
Une bande de quatre ados amis « pour la vie » en 1985, quatre ado innocents, insouciants qui découvrent la vie et dont la vie va voler en éclat. L’auteur nous fera voyager entre présent et passé. Deux époques, deux histoires parallèles racontées par deux héros différents hantés par leur enfance et leur culpabilité.  Un meurtre en 1985, un autre aujourd’hui, ils sont forcément liés, un tueur en série sévit depuis trente ans ou plus, le passé ressurgit et les cicatrices vont s’ouvrir.

Nous sommes complètement immergés dans ce petit village italien de Castellacio où personne n’a de secret pour personne. L’intrigue n’est vraiment pas originale, déjà vue et revue.  Vu l’accroche, je m’attendais à quelque chose de plus percutant.  J’épinglerai cependant la noirceur du récit et l’ambiance sombre, la belle plume de l’auteur et sa galerie de personnages empathiques.

Un roman court, plutôt addictif que j’ai lu en une après midi.  Je n’ai pas été totalement convaincue et n’en garderai pas un souvenir impérissable.  A vous de voir ! Et comme je dis toujours, ceci n’est que mon humble avis.

Je remercie chaleureusement les éditions Bragelonne pour leur confiance.

4ème Couverture

Automne 2016. Castellacio, petit bourg du Sud de l’Italie. Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé pendu par les poignets avec du fil barbelé aux branches d’un saule. Sa tête décapitée gît entre les racines, ses yeux vitreux fixent Damiano Valente. Valente, c’est le Chacal, un écrivain à succès de « true crime », hanté par le passé et condamné à traîner sa jambe brisée. Depuis trente et un an, il traque sans relâche le meurtrier de Claudia, sa meilleure amie sauvagement assassinée au cours de l’été 1985. Aidé de son ami le commissaire De Vivo, il se lance sur les traces de celui que la presse a baptisé « l’homme du saule ».

Été 1985. Castellaccio, Flavio, jeune orphelin originaire de Turin, débarque chez son grand-père après la mort de sa mère. Rien n’est gagné d’avance avec cet homme bourru. En compagnie de ses nouveaux amis Stefano, Claudia, Damiano et du brave Jack, énorme chien au pelage noir, Flavio découvre l’insouciance, l’amour, la vie loin de Turin, dans la magnifique région du Cilento, à quelques coups de pédales de la mer et de la montagne. Et si le bonheur était à portée de main ? C’est oublier un peu vite que le mal n’est jamais loin…

Editeur: Bragelonne, 288 pages, date sortie: 14 mars 2018

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

J’ai découvert Valerio Varesi l’an dernier avec La pension de la via saffi, une très belle surprise.
Cette année, j’ai eu la chance de participer à l’aventure du SP Voyageur sans frontières organisé par Lau Lo du blog Evadez-moi (je la remercie vivement au passage).  C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé le commissaire Soneri dans sa première enquête traduite en français.

Un pur roman d’atmosphère à la saveur toute particulière.  Nous sommes dans le nord de l’Italie, dans la région de Parme, il pleut sans relâche depuis quatre jours et le fleuve Pô -personnage à part entière- est en crue.
Valerio Varesi et sa plume subtile, fine, poétique nous immerge complètement dans cette ambiance humide, moite, froide et brumeuse.

La péniche de Tonna, un vieux batelier de 80 ans, dérive sur le fleuve avant de s’échouer  sans personne à bord.  Où est passé Tonna ?  Le lendemain, un vieil homme est retrouvé défenestré dans la cour d’un hôpital, c’est le frère de Tonna.  Mort accidentelle ou non ? La coïncidence est plus que troublante, d’autant que les deux frères avaient des liens avec l’Italie fasciste des années 40.

Le commissaire Soneri est chargé de la double enquête. Deux enquêtes complexes, aux ramifications multiples qui plongent dans un passé douloureux peuplé de terribles souvenirs qu’on tente d’oublier et hanté par les fantômes des fascistes, des résistants, des chemises noires, des communistes.  La haine et les rancoeurs sont encore bien présentes.   Il va devoir fouiller les secrets inavouables pour déchirer le voile d’un passé peu glorieux.
Soneri est un personnage très attachant, un fouineur au flair infaillible, assez proche de Maigret.  Un épicurien amateur de parmesan, de bonne bouffe, de vin et de cigare.
Il  parle peu, écoute beaucoup, il observe, prend son temps, progresse lentement au rythme de la crue et décrue du fleuve. D’une patience à toute épreuve, bien nécessaire pour démêler les fils du passé.

Un polar sombre au charme tout particulier, empreint de mélancolie et de regrets.  J’ai beaucoup aimé.

Embarquez, laissez vous porter par les méandres du fleuve, sentez la brume vous envelopper et vous hypnotiser, vous ne regretterez pas le voyage.
Amateurs de polars d’action au rythme infernal, emplis d’adrénaline, passez vite votre chemin.

4ème Couverture

Dans une vallée brumeuse du nord de l’Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit. Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l’aval avant de disparaître dans le brouillard. Quand elle s’échoue des heures plus tard, Tonna, son pilote aguerri, est introuvable. Au même moment, le commissaire Soneri est appelé à l’hôpital de Parme pour enquêter sur l’apparent suicide d’un homme. Lorsqu’il découvre qu’il s’agit du frère du batelier disparu, et que tous deux ont servi ensemble dans la milice fasciste cinquante ans plus tôt, le détective est convaincu qu’il y a un lien entre leur passé trouble et les événements présents. Mais Soneri se heurte au silence de ceux qui gagnent leur vie le long du fleuve et n’ont pas enterré les vieilles rancœurs.
Les combats féroces entre chemises brunes et partisans à la fin de la guerre ont déchaîné des haines que le temps ne semble pas avoir apaisées, et tandis que les eaux baissent,
la rivière commence à révéler ses secrets : de sombres histoires de brutalité, d’amères rivalités et de vengeance vieilles d’un demi-siècle…

Editeur: Agullo, 320 pages, date sortie: 16 mai 2016

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Il y a tout juste un an, je découvrais Camilla Grebe avec son premier roman glaçant Un cri sous la glace.  Une magnifique révélation, une intrigue bluffante et une construction très originale.

Je me suis plongée dans cet opus avec une grande excitation. Pas évident de négocier le virage du deuxième roman, le pari est plutôt réussi avec ce très bon thriller.

Nous sommes à Ormberg, petite ville suédoise en déclin, avec une affaire de cold case.  Deux corps sont retrouvés quasiment au même endroit à huit ans d’intervalles. Peter et Hanne sont de la partie sans être les personnages principaux. Ils disparaissent subitement au cours de leur enquête. L’histoire sera racontée par Malin, une toute jeune flic ambitieuse et Jake, un adolescent bizarre qui porte un lourd secret.

Une belle intrigue bien ficelée qui voit s’entremêler plusieurs histoires, des personnages attachants et intéressants, une écriture fluide, quelques rebondissements imprévus, une certaine tension tout au long du récit, quelques lenteurs et longueurs dans la première partie et une magnifique fin que je n’ai pas vu venir.

Une lecture (un peu trop classique à mon goût) que je recommande vivement aux amateurs de thrillers scandinaves, même si je n’ai pas eu le coup de coeur attendu.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Un cri sous la glace pour apprécier pleinement ce deuxième opus.

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour aunlendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

Editeur: Calmann-Lévy Noir, 432 pages, date de sortie: 7 mars 2018

Par les rafales – Valentine Imhof

Par les rafales – Valentine Imhof

COUP DE COEUR…

Coups en plein coeur !

C’est l’histoire d’une cavale, d’une course, d’une folie.
C’est l’histoire d’Alex… Alex a peur, elle est traquée, elle fuit en laissant des cadavres d’hommes derrière elle.  Metz en France, la Nouvelle Orléans, Gand en Belgique et les îles Shetland. Alex est une écorchée vie, elle recouvre son corps de tatouages et s’oublie dans l’alcool et le rock.

Un roman dur, un roman noir, de cette noirceur qui vous colle à la peau et vous englue entièrement.
Une histoire brute qui vous secoue les tripes, vous vrille les entrailles, vous soulève le coeur, vous coupe le souffle et vous déchire en deux.  Une expérience de lecture sous tension dont vous ne sortirez pas indemne.

285 pages de pure poésie noire, le style est tellement beau qu’il m’a donné le vertige.
285 pages pleines de rage, de fougue, de haine, de vengeance, de violence, de coups au coeur.

Un premier roman d’une rare puissance… brillant et remarquable.  Je ne suis pas prête d’oublier Alex. Valentine Imhof a un talent fou, elle fait une entrée fracassante dans le monde du noir, retenez bien son nom et guettez son prochain roman.

Un uppercut qui me laisse K.O.,  je vous le recommande vivement. Attention, âmes sensibles ou en recherche de lecture distrayante et légère, mieux vaut passer votre chemin.

Je remercie chaleureusement les éditions Rouergue pour leur confiance et pour nous offrir de telles pépites.

Valentine Imhof est l’auteure d’une biographie d’Henry Miller.

4ème Couverture

Ils avaient réussi à la retrouver. Alex l’avait compris. Le type inventait des souvenirs bidon, il a proposé de s’arrêter dans un café de campagne pour boire un pot. Pour le plaisir d’être en France, parce que c’est si différent des États-Unis… Ça, elle le savait. Quand il a enserré ses jambes entre les siennes, elle n’a rien fait pour se dégager. Au contraire. Elle a envoyé tous les signaux pour lui faire entendre qu’elle n’attendait que ça depuis le début… Elle le tenait… Elle saurait disparaître ensuite. C’est du moins ce qu’elle pensait. Mais on laisse toujours quelque chose derrière soi. Et au moment où Alex s’apprête à tuer un homme, pour la troisième fois, Kelly MacLeish, jeune sergent juste sortie de l’école de police et mutée aux Shetland, décide de changer complètement d’angle dans l’enquête sur le meurtre de Richard MacGowan le soir du Up Helly Aa, la fête des Vikings, lorsque tout le monde se rassemble pour la crémation du drakkar. Le seul indice retrouvé sur le cadavre, c’est un long cheveu noir. Alors sans le savoir, Kelly rejoint le camp des poursuivants. Ceux qui courent après Alex, ceux qu’elle fuit, toujours plus vite, toujours plus au nord.

Editeur: Rouergue (coll. Rouergue noir), 285 pages, date sortie: 7 mars 2018

Sauf – Hervé Commère

Sauf – Hervé Commère

Coup de coeur !

Je me souviens avoir moyennement aimé « Ce qu’il nous faut c’est un mort » d’Hervé Commère.
La quatrième couverture de SAUF m’a immédiatement attirée, je m’y suis lancée sans réfléchir et la surprise a été totale.

J’ai accroché dès le premier chapitre, j’ai dévoré le livre en une journée avec un immense plaisir de lecture.

Une incroyable intrigue, d’une grande complexité mais rendue fluide par une construction parfaitement millimétrée et le grand talent de l’auteur.

Ne vous attendez surtout pas à lire un thriller classique, SAUF est une histoire de dingue, vraiment pas banale, qui vous surprendra de bout en bout. Un récit en forme de puzzle ou de poupées russes qui emporte complètement le lecteur et le manipule avec brio.

Quand le passé ressurgit, nous rattrape et qu’un petit grain de sable fait basculer la routine d’une vie bien rangée vers l’extraordinaire.  Mat, un personnage « ordinaire » se voit poussé au delà de ses limites, il remonte le fil de son passé, de ses souvenirs et enquête sur son enfance pour découvrir une terrible vérité.
Qui est réellement Mat et pourquoi lui en veut-on autant ?

Une passionnante recherche de la vérité, une quête d’identité, une histoire d’amour, une magnifique galerie de personnages, une chasse à l’homme, des secrets lourds du passé, l’enfance, le poids de la famille, nos choix, notre loyauté au clan m’ont fait vibrer tout au long de ce fabuleux roman.

Les révélations laissent la place aux nombreuses questions, impossible de poser ma lecture tant j’ai envie de savoir. Le suspense intense, les chapitres courts et les nombreuses surprises me font tourner les pages très vite.

« Combien de temps reste-t-on prisonnier de son enfance ? »

SAUF… un roman très original avec un supplément d’âme.  J’ai adoré !

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

Editeur: Fleuve noir, 272 pages, date de sortie: 8 mars 2018

Les soeurs de Fall River – Sarah Schmidt

Les soeurs de Fall River – Sarah Schmidt

Bienvenue dans la famille Borden

Ames sensibles, accrochez-vous…

Un crime célèbre a bouleversé les Etats Unis en 1892.
Lizzie découvre son père Andrew Borden et sa belle mère Abby sauvagement assassinés à la hache, baignant dans un bain de sang dans la maison familiale. La maison était fermée, seules Lizzie et la bonne Bridget étaient présentes au moment du drame. La soeur Emma séjourne chez une amie et l’oncle John était absent au moment des faits.  Qui a commis ces horribles crimes ? Les meurtres n’ont jamais été élucidés à l’époque. Lizzie sera accusée et très vite acquittée. Ce drame sanglant a suscité beaucoup de romans, BD, films, pièces de théâtre aux Etats Unis.

Quatre personnes vont raconter l’histoire tour à tour au travers de chapitres assez courts.

Lizzie, la coupable toute désignée. Une femme enfant de 32 ans à la personnalité très énigmatique, fantasque, impossible à cerner. Elle n’a rien vu, rien entendu au moment des meurtres.
Emma, sa soeur qui a fui le domicile familial pour échapper à l’emprise de Lizzie.  Une grande rivalité oppose les deux soeurs.
Bridget, la bonne qui rêve de repartir chez elle en Irlande.  Elle déteste la famille Borden et l’ambiance étrange de cette maison.
Benjamin, engagé par l’oncle John pour intimider le père Borden.  L’oncle John (frère de la première épouse Borden) a promis à sa soeur de veiller sur ses deux filles.

Sarah Schmidt ne tombe pas dans la surenchère atroce et sanglante.  Elle s’empare de cette histoire vraie pour nous offrir un roman choral psychologique envoûtant et terrifiant.  Elle réussit l’exploit de nous plonger dans l’ambiance étouffante, suffocante de cette demeure.  Elle nous fait ressentir la folie des membres de cette famille, leurs dysfonctionnements et les liens étranges qui les unissent  Elle met l’accent sur la relation fusionnelle perverse qui unit les deux soeurs.  Au fur et à mesure, les secrets se dévoilent, la tyrannie du père, la part d’ombre, la noirceur de chacun.  Le lecteur se sent englué, prisonnier de cette atmosphère lourde, macabre, malsaine, morbide.  Le malaise grandit en même temps que la fascination et le lecteur tremblera d’horreur jusqu’à la toute dernière page sans pouvoir reprendre son souffle.

Nous ne saurons jamais la vérité, c’est trop tard… Sarah Schmidt ne se porte pas en juge et l’énigme restera entière.

Un polar atypique, original, passionnant et qui donne froid dans le dos.

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

4ème Couverture

« J’ai regardé Père. Touché sa main en sang… » Le 4 août 1892, à Fall River (Massachussetts), Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère sauvagement assassinés. Très vite, son attitude oriente les soupçons. Sa fragilité la rend-elle coupable ? Et comment une telle violence a-t-elle pu surgir dans une ville si paisible ? D’après une histoire vraie, Sarah Schmidt a composé un roman fascinant, réinventant l’un des crimes les plus célèbres d’Amérique. Elle plonge dans les secrets d’une famille, mettant à nu la relation bouleversante de deux soeurs, Lizzie et Emma, leur besoin d’indépendance aux prises avec les carcans de l’époque. Au-delà du fait divers, ce conte hypnotique lève le voile sur la part d’ombre de chacun.

Editeur: Rivages, 444 pages, date de sortie: 7 mars 2018

La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker

La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker

Mais qu’est-il arrivé à Joël Dicker ?

Je fais partie des lecteurs qui ont beaucoup aimé La vérité sur l’affaire Harry Quebert et Le livre des Baltimore, c’est donc avec une grande impatience que je me suis plongée dans ce troisième opus.

Joël Dicker ne prend pas beaucoup de risques, il reprend la même recette à succès, mélange ses  ingrédients fétiches: une enquête, deux périodes, des flash-backs, beaucoup de personnages et des révélations au compte goutte. MAIS cette fois, la recette ne prend pas et le cake reste tout plat. Dommage !

Tout commence bien et le premier tiers de l’histoire laisse envisager le meilleur page turner. Hélas, au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture,  le suspense diminue.  L’auteur brouille les pistes, multiplie les rebondissements pour nous tenir en haleine mais le lecteur a bien du mal à s’accrocher, beaucoup d’incohérences et d’invraisemblances,  les trop nombreux personnages sont très caricaturaux sans aucune psychologie ni épaisseur.
Le lecteur s’ennuie et se perd dans les longueurs inutiles, le rocambolesque et les explications tirées par les cheveux.

Tout ça pour ça !!! me suis-je dit une fois les 630 pages achevées (on ne peut pas dire qu’on ne les voit pas passer)
Grosse déception pour moi, un polar trop long et trop lisse. Si vous ne connaissez pas Joël Dicker, ruez vous plutôt sur l’excellent La vérité sur l’affaire Harry Quebert.

Je remercie chaleureusement les éditions De Fallois pour leur confiance.

4ème Couverture

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.

Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer?
Qu’a-t-elle découvert?
Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea?

Editeur: De Fallois, 640 pages, date sortie: 7 mars 2018

Boréal – Sonja Delzongle

Boréal – Sonja Delzongle
Une claque phénoménale…

Je ne trouve pas les mots pour écrire ma chronique, un sentiment étrange, une angoisse face à cet exercice périlleux. Comment vous parler d’un roman aussi exceptionnel  ?  Je me lance dans le vide, en sachant que mes mots seront maladroits et absolument pas à la hauteur de ce roman magistral.

Petite parenthèse: j’avoue avoir eu un peu peur à l’idée de quitter l’héroïne Hannah Baxter que j’adore.  Mes craintes se sont vite envolées.

Je pensais que Sonja Delzongle avait atteint le sommet de son art avec Récidive , la confirmation de l’immensité de son talent. J’avais pris une telle claque, rien qu’en y repensant, je sens mes poils se hérisser (si vous ne l’avez pas encore lu, il sort en poche ce 8 mars).
Et bien non, Sonja ose frapper plus fort encore, elle nous surprend et nous offre un roman d’une force inouïe, un chef d’oeuvre du genre qui nous laisse groggy, K.O. sur le carreau pour quelques jours.

Enfilez votre parka et vos bottes, n’oubliez pas vos gants, nous embarquons pour l’enfer dans le grand nord.

J’ai avalé les 440 pages en une soirée et une journée, hypnotisée par une intensité de lecture qui m’a vrillé les tripes, glacé le corps, coupé le souffle à chaque page. Une histoire que j’ai ressentie jusqu’au tréfonds de mes cellules, en frôlant l’infarctus plusieurs fois.

Nous suivons une équipe de huit scientifiques en mission au Groenland, sur l’inlandsis. Ils font une inquiétante découverte, un étrange cimetière de boeufs musqués pris dans la glace. Ils décident de faire appel à Luv Svendsen, une spécialiste des espèces, pour tenter de comprendre cette hécatombe. Dès le lendemain de son arrivée, une première personne disparait.
Ainsi débute cette aventure humaine exceptionnelle, le huis clos le plus terrifiant que j’ai lu, avec une héroïne hors du commun, Luv Svendsen, qui n’a rien à envier à Hannah Baxter.

L’intrigue est brillante et la construction parfaite, le huis clos angoissant nous maintient sous tension constante et quasi insoutenable. Sonja Delzongle réussit un véritable exploit en nous immergeant complètement dans la banquise jusqu’à nous faire ressentir le vent piquant et le froid mordant.  Elle a effectué un énorme travail de documentation pour nous présenter le peuple inuit et ses traditions, les chiens loups, les ours blancs, la vie dans ces contrées sauvages.

Plus qu’un polar, un cri d’alarme, un roman qui nous fait réfléchir à la fragilité de notre planète, à l’équilibre précaire entrain de basculer vers le point de non retour (trop tard pour faire marche arrière),  à la folie destructrice des hommes, aux conséquences écologiques dramatiques de nos comportements irresponsables.

C’est sublime, noir, effrayant,  lumineux par moment, glaçant, brillant, d’une rare puissance. Vous ne regarderez plus jamais le groenland comme avant.

Un livre que j’ai lu comme projetée dans un film tant l’écriture est visuelle dans les moindres détails. Les descriptions de la banquise, des paysages immaculés, des aurores boréales sont d’une beauté à couper le souffle et d’une sensibilité incroyable.

J’ai tremblé, j’ai eu peur, j’ai ressenti le froid intense et mes pieds gelés aux côtés d’Anita, de Fergusson, de Malte, de Mathieu, de Luv, de Lupin… et les mots me manquent pour parler de ces personnages d’une force impressionnante et d’une grande humanité.  Ils se verront  tous confrontés aux limites de leur instinct de survie, jusqu’à l’innommable.  Sonja Delzongle est une magicienne hors pair pour créer des protagonistes touchants et bouleversants de justesse.

Je tourne la dernière page en essuyant mes larmes, le coeur serré… je me sens orpheline.
Comment sortir indemne d’une telle lecture ?  Je penserai longtemps à Lupin, le magnifique chien loup qui m’a émue profondément.

Un coup de foudre
un coup de coeur
un coup au coeur
un incontournable
Passer à côté serait une grave erreur !!!

Et au risque de me répéter, Sonja Delzongle… c’est LE TALENT à l’état pur.

Mention spéciale pour la sublime couverture.

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël et Sonja Delzongle pour leur confiance.

4ème Couverture

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

Editeur: Denoël, 448 pages, date sortie: 8 mars 2018

Ames soeurs – John Marrs

Ames soeurs – John Marrs

Un roman qui sort de l’ordinaire…
la surprise est totale !

J’ai été grandement influencée par les retours plus que dithyrambiques sur ce thriller et ma curiosité a pris le dessus.  Si le pitch de départ me titillait fort, je n’imaginais pas avoir les neurones aussi retournés en lisant cette histoire « de ouf » complètement dingue.

Bon, je vous avoue tout de même avoir eu fort peur durant les cinquante premières pages, avec l’impression d’avoir été trompée,  je ne savais sur quel pied danser, j’étais assez déstabilisée.
Qu’étais je donc entrain de lire ?  un thriller psychologique ?  une romance ? un roman d’anticipation ?  Impossible de le ranger dans une case bien définie et c’est tant mieux !

Un roman choral très original, avalé en un jour, 475 pages tournées frénétiquement, complètement absorbée par ce page turner déroutant et si proche de la réalité.
Imaginez le pitch de départ: vous envoyez votre ADN à une société et quelques jours plus tard, vous saurez quel est votre binôme, votre âme soeur, celle qui vous correspond entièrement, celle que vous aimerez d’un amour profond toute votre vie. Comment résister ? Plutôt tentant, non ? Ou carément flippant ?

Nous allons suivre l’histoire de cinq couples,  les chapitres sont très courts et alternent entre les différents protagonistes. Ils passent un test ADN pour être sûrs d’être faits l’un pour l’autre, ils vont aller de surprise en surprise, entraînant le lecteur avec eux et rendant la lecture méga additctive.
Ah oui, j’oublie de vous dire que parmi ces couples, se cache un abominable serial killer.

John Marrs nous offre une magnifique galerie de portraits, si différents, aux antipodes les uns des autres, des personnages fouillés auquels on attache, on les aime tous (enfin presque), on plonge dans leur vie au quotidien, on les suit pas à pas et on tourne les pages pour connaitre la suite de leur histoire.  L’auteur nous happe dans ses filets, nous manipule du début à la fin avec des twists, des rebondissement inattendus et des cliffhanger à la fin de chaque chapitre, histoire de nous empêcher de poser notre livre.  C’est palpitant, prenant, le rythme est effréné et la tension va crescendo jusqu’à la révélation finale.

Au delà de la distraction, ce livre pose beaucoup de questions : Pourquoi tombons-nous amoureux ?  qu’y a t il derrière l’attirance ? et le fameux coup de foudre ? serait il génétique au final ?  peut on se laisser influencer et se convaincre d’avoir rencontré son âme soeur ? que sommes nous prêts à faire pour trouver le grand amour dans une société où les échanges virtuels prennent le pas sur le reste ?

Un cocktail atypique, hypnotique et diabolique qui vous mettra la tête à l’envers, je vous le recommande chaudement pour passer un excellent moment lecture.

Une dernière question pour la fin: ET VOUS, OSERIEZ-VOUS FAIRE LE TEST  ?

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.  L’auteur a écrit trois thrillers, inédit en France.  J’attends impatiemment leur traduction et publication.

4ème Couverture

MÊME LES ÂMES SOEURS ONT LEUR CÔTÉ OBSCUR. ET LEURS SECRETS PEUVENT S’AVÉRER MORTELS.

Un simple test ADN suffit désormais pour vous permettre de trouver celui ou celle qui partage avec vous  » le  » gêne, celui qui indique que vous êtes faits l’un pour l’autre.
Dans le monde entier, des millions d’individus passent le test. Parmi eux, Jade, Mandy, Nick, Christopher et Ellis. Chacun croit avoir enfin trouvé son Binôme, le grand amour qui l’accompagnera jusqu’à la fin de ses jours. Sans se douter qu’un piège vient de se refermer sur eux et que pour certains, la fin arrivera beaucoup plus vite que prévu. Car les assassins aussi ont une âme soeur.

Editeur: Hugo thriller, 500 pages, date sortie: 1 février 2018

Coupable – Jacques-Olivier Bosco

Coupable – Jacques-Olivier Bosco

Un polar déjanté que j’ai adoré !

Ceux qui me suivent savent que Brutale avait été un gros coup de coeur, j’avais hâte de retrouver la suite des aventures de cette wonderwoman survitaminée entre Nikita et Lara Croft.
Je vous conseille fortement de lire le premier opus (sorti en poche) pour faire connaissance avec Lise.

Si vous aimez Brutale, vous adorerez Coupable.

On retrouve Lise Larteguy, la flic badass, barrée, borderline et charismatique.  Elle a bien essayé de se calmer, de se ranger un peu mais son naturel la rattrape vite. Le directeur de la PJ est assassiné et l’équipe de Lise va mener l’enquête.  Je ne vous en dirai pas plus sous peine de grave spoil.

C’est violent, brut de décoffrage, l’action et l’adrénaline dégoulinent de chaque page.  Brutale filait à 350 km/heure ne laissant aucun moment de répit au lecteur accroché derrière la moto de Lise. Dans ce deuxième opus, l’enquête est entrecoupée de flash back sur l’enfance de Lise, ses démons, ses tourments, ses douleurs et sur son père et son parrain, tous deux flics.  Cela ralentit le rythme endiablé et permet au lecteur de respirer, de reprendre pied.

JOB approfondit son héroïne, il nous la rend plus humaine, fragile, complexe et nous lecteurs, on appréhende sa noirceur et on s’y attache encore plus.  Difficile de ne pas tomber en amour avec ce personnage hors normes et unique.
Les révélations finales cognent fort et me laissent sans voix, au bord de l’émotion.

Et toujours la plume incisive et brute de JOB, son style incroyable avec ses mots écrits au scalpel, des mots qui claquent et percutent.

Plongez dans l’univers sans concession de Lise.
Plaiderez vous Brutale ou Coupable ?  Le verdict sera difficile.

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et la Bête Noire pour leur confiance.

4ème Couverture

Internée à l’adolescence parce qu’elle souffrait de troubles psychologiques, Lise s’est liée à des filles avec qui elle a tout partagé, des  » monstres  » comme elle. Et elle a rencontré son double.
Des années plus tard, Lise est lieutenante à la brigade criminelle de Paris. Quand elle est amenée à enquêter sur la mort de l’un de ses proches, le passé trouble de sa famille réapparaît. Et les secrets de son enfance refont surface.
Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle avait treize ans, dans cette ferme aux murs recouverts de sang ?
Et pourquoi est-elle revenue, celle qu’elle appelait sa  » jumelle « , son double maléfique ?

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 400 pages, date sortie: 22 février 2018