Islanova -Jérôme Camut et Nathalie Hug

Islanova -Jérôme Camut et Nathalie Hug

Un énorme coup de coeur !
Une claque pour ce pavé époustouflant !

Islanova est inclassable. Tout à fois thriller politique, thriller engagé et ambitieux (sans être ennuyeux !), roman d’anticipation, magnifique roman d’aventures. Jérôme Camut et Nathalie Hug réussissent (une fois de plus !) l’exploit fou de nous plonger dans un formidable récit divertissant tout en nous ébranlant de tous côtés, en nous posant des questions essentielles sur notre notre société et l’évolution de notre planète.  Qu’allons nous devenir dans un avenir proche ?

J’ai dévoré les 774 pages en deux jours quasi en apnée. Nous sommes sur l’île d’Oléron où des ultras, des terroristes écologiques imposent leur loi et leur dictature pour obliger les grands états du monde à signer l’accord autorisant la distribution de l’eau dans les pays africains.   Jusqu’où peut on aller pour défendre la vie et la nature ? Peut on justifier la violence ? Roman très dense, beaucoup d’histoires se croisent, de nombreuses ramifications, une multitude de personnages, nous côtoyons l’humain dans le pire: l’aveuglement, l’entêtement, la noirceur, la barbarie, la haine, l’égoïsme et le meilleur: le partage, la compassion, la foi, l’espoir, le dépassement de soi, l’amour.

Les personnages sont la grande force de ce roman, on s’y attache très vite, on vibre avec eux, on a peur pour eux, on les aime fort ou on les déteste; des personnages complexes, profonds, nuancés, touchants et poignants dans leurs multiples contradictions.

Lire Islanova, c’est vivre des scènes d’actions dignes d’un film en 3D,  être essoufflé par le rythme effréné qui ne faiblit pas durant 774 pages, avoir les tripes remuées par le concentré d’émotions qui nous traverse, être complètement immergé dans cette histoire folle sans pouvoir en sortir, grâce au talent et au génie des deux auteurs.

Islanova, un avertissement, un cri d’alarme qui nous pousse à réfléchir.
Eveillerons nous nos consciences endormies ? N’est il pas trop tard ?

Un livre qui déchire.  Un coup de poing qui percute profondément. De la dynamite en pages.
Lisez Islanova… lisez le et rejoignez l’armée du 12 octobre !

J’ai découvert Jérôme Camut dès la première heure, avec sa magnifique série Malhorne (si vous ne l’avez pas lue, ruez vous dessus, l’intégrale est sortie en poche), j’ai suivi de près leurs romans à quatre mains avec Nathalie Hug, c’est pas demain que j’arrêterai.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.
Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.
Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.
Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.

Editeur: Fleuve noir, 774 pages, date sortie: 12 octobre 2017

On la trouvait plutôt jolie – Michel Bussi

On la trouvait plutôt jolie – Michel Bussi

On ne présente plus Michel Bussi. Je l’ai découvert en 2016 avec Nympheas Noirs, une sublime lecture coup de coeur.  J’ai enchaîné dans la foulée avec Le temps est assassin, bingo, deuxième coup de coeur !  J’attendais donc On la trouvait plutôt jolie avec une grande excitation.  Un troisième coup de coeur à la suite ?  Est-ce possible ?

Michel Bussi est un fabuleux raconteur d’histoire.  Son nouveau roman est un polar plein d’humanité, un tantinet engagé avec en toile de fond, la problématique des migrants, des réfugiés, les droits de l’homme, les ONG, les trafics, dérives et course au profit, la déshumanisation du monde.

Leyli est malienne, elle se bat au quotidien pour survivre, elle fait des ménages et vit dans 25 m2 avec ses trois enfants, dans une tour à Aigues Douce, près de Marseille.  Elle protège un secret et nous raconte son passé de souffrance par le biais de son journal. Une histoire faite de secrets, de malédictions et d’un trésor.  Leyli est une héroïne touchante et émouvante, on l’aime tout de suite.

En parallèle, des meurtres atroces se déroulent dans des hôtels luxueux.  Un duo d’enquêteurs cherche à les élucider.  Trois points communs les relient: la thématique des migrants, une association qui cherche à les défendre et Leyli.

Une construction en forme de puzzle, le récit alterne sans cesse entre l’enquête, les migrants et la vie de Leyli. L’auteur prend un malin plaisir à nous balader, il prend son temps et nous manipule avec beaucoup de rebondissements et de fausses pistes.  Le lecteur cherche les liens, essaie de comprendre, il s’accroche, se sent pris au piège jusqu’à ce que l’auteur abatte ses dernières cartes dans la révélation finale.

Le roman est bien rythmé, on ne s’y ennuie pas un instant. L’écriture est légère, fluide et addictive.  J’ai passé un bon moment de lecture mais je n’ai pas eu mon troisième coup de coeur.  Peut être que j’en attendais trop et que le récit n’a pas été à la hauteur de mes attentes ?  Peut être n’ai pas complètement adhéré à l’étrange alchimie entre migrants, enquête et le ton léger du roman ?  Peut être ai je trouvé l’enquête un peu invraisemblable ? Peut être que j’attendais un twist final plus renversant ?

Un roman en demi teinte pour moi, On la trouvait plutôt jolie reste toutefois un très bon divertissement.

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la cité pour leur confiance.

4ème Couverture

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits…
Un suspense renversant et bouleversant.
 » – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie.
Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. « 

Editeur: Presses de la cité, 464 pages, date sortie: 12 octobre 2017

Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

Un livre qui va vous faire perdre la tête et quelques neurones !

Jerry, un auteur de polar à succès est atteint d’Alzheimer précoce à l’âge de 49 ans.  Des meurtres apparaissent autour de lui, la police l’interroge, il avoue les avoir commis, il confond avec les personnages de ses romans, il mélange la réalité avec ses fictions.

Pour son sixième roman, Paul Cleave a eu une idée géniale en abordant la thématique d’alzheimer, couplée à une interrogation sur le métier d’écrivain, le processus de création et d’écriture. L’histoire est très originale, le style de Paul Cleave est présent, sa touche inimitable d’humour noir,  son ton décalé, pince sans rire, son autodérision, son immense talent, tout y est !

La grande question que je me pose: ai je aimé ou pas ?   Je suis fan de l’auteur, toute excitée, je suis entrée à fond dans la partie, je me suis beaucoup amusée pendant la première moitié, ensuite les règles du jeu se sont complexifiées et j’ai fini par me lasser.

Les chapitres alternent entre le Jerry d’aujourd’hui dans sa maison de santé et le Jerry d’avant, au début de sa maladie, il vit encore avec sa femme, a des périodes de lucidité et écrit un journal pour se souvenir.  L’auteur nous entraîne petit à petit dans la profondeur d’un esprit malade et c’est très perturbant. Les personnages de fiction prennent vie, dédoublement de personnalité ? Mes neurones de lectrice commencent à s’embrouiller, je voyage  entre passé et présent, je finis par ne plus savoir où je suis, avant ou après ? je ne suis plus du tout où je pensais être. Cela se complique, l’auteur nous manipule, folie ? alzheimer ? Je dérive, je m’égare, la confusion et le doute m’envahissent, je perds complètement pied.  Mais peut être est-ce tout simplement le but recherché par l’auteur ? Je salue et dis bravo pour la performance.

Et tout à coup, BOUM, je finis par lâcher, je décroche, je n’ai plus de plaisir à jouer.

Ne fais confiance à personne est salué unanimement et reçoit des éloges de partout, je vous invite à vous faire votre avis en jouant le jeu. Je suis juste passée à côté.

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité.

Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

Editeur: Sonatine, 400 pages, date sortie: 31 août 2017

Le dernier hyver – Fabrice Papillon

Le dernier hyver – Fabrice Papillon

Quand le présent entre en résonance avec le passé…
Une pure merveille de 624 pages  !

Fabrice Papillon a tout d’un grand maître,  son premier roman est époustouflant de maîtrise.  L’auteur est historien de formation, il a effectué dix huit mois de recherches pour nous offrir ce fabuleux thriller à la croisée de l’Histoire, de la Science et de la Philosophie.

Comment vous parler de cette pépite ? J’ai d’abord pensé vous proposer une chronique en deux lignes.  « J’ai adoré ce livre, un point c’est tout ! Lisez le, lisez le, ne passez pas à côté ! »  Mais bon, ça fait un peu court, non ?  Je vais tenter de vous en dire un peu plus, mais de grâce, ne lisez pas les chroniques qui vous spolieront le grand Secret (je les vois déjà toutes venir !), vous gâcheriez TOUT votre plaisir.

L’histoire débute à Paris en 2018, la police mène l’enquête sur des meurtres sauvages.  Marie, une jeune biologiste, en stage au service scientifique a d’étranges intuition concernant les scènes de crime. Elle va collaborer à l’enquête.  Serait elle liée à ces horribles meurtres ?  Le compte à rebours est lancé, la crim collabore avec la scientifique, leur enquête va les mener dans des laboratoires, ils vont rencontrer des médecins, des biologistes, des généticiens pour tenter d’élucider ces meurtres.

Dans ce thriller hors norme, l’auteur nous emporte loin, il mêle son imagination débordante à son érudition historique ou est-ce l’inverse ?  Nous allons traverser seize siècles d’Histoire et de connaissance, depuis 415 après JC en croisant de grands personnages, philosophes, scientifiques: Hypatie, Leonardo Da Vinci, John Dee, Elisabeth Tudor, Isaac Newton, Voltaire, Catherine de Medicis, Marie Curie…
Nous allons explorer les sous-sol de Paris en espérant ne pas rencontrer Les Robes Noires qui les hantent. Au prix de leur vie, elles protègent un grand Secret, couché dans un livre et transmis de génération en génération, de l’Antiquité à nos jours. Quand vous croisez Les Robes Noires, votre dernière heure est arrivée…

Une enquête fascinante, une intrigue efficace, brillante, d’une grande érudition. Un rythme effréné qui tient en haleine du début à la fin. Une belle plume, fluide et précise. Une lecture très dynamique, les chapitres alternent entre l’enquête d’aujourd’hui et les différentes époques qui se déroulent devant nous.

624 pages sans aucune longueur, ni ennui, je les ai avalées en deux jours, en ralentissant ma lecture vers la fin pour ne pas tourner la dernière trop vite.

MISE EN GARDE ! ce roman est hautement addictif, attendez d’avoir un peu de temps avant de vous y plonger !

Une histoire qui fait diablement réfléchir: Le dernier Hyver est-il entrain de se réaliser ?

Ruez vous sur cet incontournable thriller. Un MUST !

Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

Je remercie chaleureusement Agnès Chalnot pour sa confiance.

4ème Couverture

On dit que l’hiver vient. Peut-être le dernier pour les porteurs du chromosome Y…
Août 415 après J-C. : La ville d’Alexandrie s’assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypatie, philosophe et mathématicienne d’exception, vient d’être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l’ensemble de ses écrits.
Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et les époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d’Hypatie, poursuivent son grand œuvre et visent à accomplir son dessein.
Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, homme étrange et commandant de police de la  » crim  » du Quai des Orfèvres. Peu à peu, l’étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres.
Est-elle, malgré elle, un maillon de l’histoire amorcée à Alexandrie seize siècles auparavant ? Quel est ce secret transmis par Hypatie et au cœur duquel se retrouve Marie ? L’implacable destin peut-il être contrecarré ou  » le dernier Hyver  » mènera-t-il inéluctablement l’humanité à sa perte ?

Editeur: Belfond, 624 pages, date sortie: 5 octobre 2017

Bilan lecture septembre 2017

Bilan lecture septembre 2017

8 livres lus, soit un total de 2970 pages

Septembre, la rentrée. Un mois exceptionnel !  J’ai l’impression d’avoir beaucoup jubilé, quel bonheur ! Des lectures très éclectiques, je suis passée par toutes les couleurs d’émotions, du rose au rouge, du blanc au gris en passant par le noir très profond. Septembre a commencé fort avec « Glaise » de Franck Bouysse. Quand tu commences le mois avec un tel chef d’oeuvre, tu te dis que la suite va te paraître bien fade. Heureusement, ce ne fut pas le cas, de très belles surprises ont suivi.  J’ai découvert la plume d’Elisa Vix « Assassins d’avant » et celle de Michael Farris Smith « Nulle part sur la terre » et j’ai beaucoup aimé.  Je me suis plongée dans « Code Victoria », un excellent thriller ésotérique de Thomas Laurent, un tout jeune auteur. Je trépignais depuis des mois, l’attente fut longue pour retrouver mon copain Lynwood « Pas de printemps pour Eli » de Sandrine Roy, j’ai adoré, ma nuit fut très courte ! J’ai poussé un WTF à la #findeDINGUE du génial « Mon amie Adèle » de Sara Pinborough.  J’ai été mal à l’aise et me suis posée beaucoup de questions à la lecture de « Le club des pendus » de Tony Parsons.  Et enfin, j’ai terminé le mois avec un extraordinaire roman historique « Le dernier hyver » de Fabrice Papillon, quel terrible bouquin !

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures… Lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Voici la liste, en détails (cliquez sur les titres pour accéder directement aux chroniques)

Glaise – Franck Bouysse

Assassins d’avant – Elisa Vix

Code Victoria – Thomas Laurent

Nulle part sur la terre – Michael Farris Smith

Pas de printemps pour Eli – Sandrine Roy

Mon amie Adèle – Sara Pinborough

Le club des pendus – Tony Parsons

Le dernier hyver – Fabrice Papillon (ma chronique arrive pour sa sortie)