Code Victoria – Thomas Laurent

Code Victoria – Thomas Laurent

J’ai testé la recette Code Victoria.  

Etonnante à plus d’un titre, je l’ai dévorée quasi d’une traite.

Voici les principaux ingrédients.

Un village coupé de tout, Rochehaud, perché à 2400m dans les Pyrénées. Un Lebensborn (datant de l’Occupation allemande) en son centre. Sept moines de l’Ordo Oleam, un monastère maudit, une église abandonnée, un labyrinthe, des grottes. Un codex médiéval indéchiffrable.  Le Moyen Age,  les nazis, Himmler. Un chat noir, un comte, le Diable, une jeune journaliste charismatique qui n’a pas froid aux yeux. Des disparitions étranges, d’anciens secrets inavouables. Des superstitions, des légendes mêlées à des faits historiques véridiques.

Mélangez le tout vigoureusement et vous obtenez un excellent roman ésotérique, oscillant entre l’Histoire et le thriller. Une incroyable intrigue au coeur de la folie humaine.

« Les hommes et les femmes du Moyen Age, ceux qui avaient cru aux sorcières, aux goules et aux vampires n’étaient pas si différents.  Ils n’étaient pas stupides: on aurait tort de se croire préservé des superstitions, des croyances irrationnelles, sous prétexte que le monde avait changé.  Rochehauh en était la preuve. »

Code Victoria évite les deux principaux défauts de beaucoup de thrillers ésotériques: se traîner en longueur et raconter énormément de bêtises historiques.

C’est un page-turner intelligent, passionnant et cohérent. L’histoire est menée tambour battant, les révélations, les rebondissements s’enchaînent à un rythme d’enfer, sans temps mort. La plume est belle, très visuelle, le style addictif, n’espérez pas poser votre lecture avant l’époustouflant et inattendu dénouement.

J’ai été impressionnée par la maturité de ce tout jeune auteur de 23 ans,  Thomas Laurent est étudiant en archéologie, il est bourré de talent et a une imagination débordante.  Code Victoria est son deuxième roman.  Le premier « Le signe du diable » (thriller historique au coeur du XVe siècle) est sorti en 2016 aux éditions Zinedi.

Si vous aimez les thrillers ésotériques d’Henri Loevenbruck et Serge Brussolo, vous allez adorer Code Victoria.

Un immense bravo à Thomas Laurent, je vais le suivre de très près, c’est promis !

Je remercie chaleureusement Thomas Laurent et les éditions Zinedi pour leur confiance.

4ème Couverture

Rochehauh. Petit village oublié de tous, où, selon un manuscrit médiéval, serait enfermé le diable lui-même… Un parfait sujet d’article pour Victor, journaliste, parti enquêter trois mois plus tôt, mais jamais revenu. Pour comprendre ce qui s’est passé, son amie Victoria décide de se rendre à Rochehauh. Rapidement, elle est forcée d’admettre que quelque chose ne tourne pas rond. Pourquoi lui interdit-on l’accès au vieux monastère ? Quel secret Victor avait-il découvert dans les pages du codex crypté ? Qui est cet inconnu qui la menace ? Happée dans un dangereux jeu de piste, Victoria n’a d’autre choix que de découvrir la vérité. Plus aucun doute : sa vie en dépend…

Editeur: Zinedi, 255 pages, date sortie: 15 juin 2017

Assassins d’avant – Elisa Vix

Assassins d’avant – Elisa Vix

Un polar psychologique magnifiquement ficelé.  

Une très belle découverte !

Un drame à l’atmosphère angoissante, diablement efficace. Un récit court, sans temps mort, sans longueurs ni fioritures inutiles.

Marie, une jeune institutrice est tuée dans sa classe par un élève de dix ans.  Sa fille Adèle avait cinq ans au moment des faits. Vingt cinq ans plus tard, elle décide d’enquêter sur cette mort, obsédée par la recherche de la vérité.  Elle sera aidée par Manuel, un élève présent dans la classe au moment du drame et devenu policier.

Je me sens vite prise au piège dans cette enquête, je n’arrive pas à lâcher ma lecture tant la tension nerveuse monte au fil des pages, je vais tout lire d’une traite.

Personne ne sera épargné dans cette quête de la vérité, Adèle et Manuel verront leurs blessures du passé s’ouvrir, leurs zones d’ombres et leurs failles les rattraper.  De lourds secrets de famille remontent à la surface. De nombreuses questions apparaissent. Pourquoi le père d’Adèle a t il toujours gardé le silence sur ce drame ? Est-ce pour protéger sa fille ?  Et s’il valait mieux ne pas connaître la vérité ? Pourquoi Manuel cache t il autant de choses et prétend ne pas se souvenir ?

L’écriture est fluide, épurée, limpide. Elisa Vix manie à merveille l’art du suspense, le rythme est excellent et nous tient en haleine jusqu’à la toute fin.

Voulez vous connaître toutes les réponses ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

Mars 1989. Marie Moineau, une jeune institutrice est tuée dans sa salle de classe par un élève de dix ans qui, échappant à la police, est renversé par une moto et meurt à son tour. Vingt-cinq ans plus tard, sa fille Adèle, qui avait cinq ans au moment du décès de sa mère, décide d’enquêter. A son corps défendant, l’enquête va l’emporter bien au-delà de ce qu’elle imaginait.

Editeur: Rouergue (coll. Rouergue noir), 176 pages, date sortie: 6 septembre 2017

Akwaba – Jean Louis Rouillan

Akwaba – Jean Louis Rouillan

Akwaba, un manuscrit en quête d’un éditeur.

Je me suis écartée du chemin des polars, j’ai suivi mon instinct et je suis très heureuse de cette belle découverte, un vrai cadeau du ciel !  J’avais une très légère crainte que le récit tombe dans la mièvrerie ou l’eau de rose, rassurez vous, il n’en est rien, bien au contraire.

Nous sommes à la fin du 19è siècle, Jean quitte l’Indochine, il s’installe en Côte d’Ivoire pour se lancer dans une plantation d’ananas.  Dès son arrivée et au mépris des conventions sociales, il a une liaison avec Awa, une belle et mystérieuse ivoirienne.  Il rencontre ensuite Mely, une jeune bordelaise exilée par son père sur un navire à destination de l’Afrique, suite à l’échec d’un mariage arrangé.  Ils tomberont éperdument amoureux, alors que tout les oppose.  Nous allons suivre le couple pendant trente ans. Les hauts, les bas, les coups du sort, les joies, les peines, les infidélités, la naissance d’un fils,  les révolutions technologiques, le succès de la plantation, la vie dans cette colonie, le monde qui continue de tourner, la guerre, la mort.  Le récit d’une vie, et quelle vie !

A peine ai je mis le nez dedans, j’ai été emportée, transportée, immergée à 100%  dans cette fabuleuse histoire. On suit et découvre la vie sur cette terre d’Afrique, la modernité qui s’installe petit à petit, les rites, la sorcellerie, les guérisseurs, les marabouts.

Une saga d’aventures, un magnifique roman d’amour baigné du soleil africain, une ode à la sensualité.   On s’y croirait tellement l’écriture est visuelle et nous fait ressentir les couleurs, les odeurs, les parfums sucrés, la chaleur… tout nous enivre dans ce roman sensuel, envoûtant et passionnant.  J’ai l’ai lu quasi en apnée, tous les sens en éveil, en ressentant toute la palette des émotions.

Je me permets de citer l’auteur en terminant: « Un récit d’une vie entre Voie lactée et un Chemin des drames, où quand on pense que tout est fini, on découvre que rien ne l’est jamais tout à fait.  Que certains êtres sont liés… comme l’arbre et l’écorce. »

Je croise les doigts et tout ce que je peux pour que ce manuscrit rencontre un éditeur. Si besoin, j’irai frapper à la porte des éditeurs.

Un tout grand merci à Jean Louis Rouillan pour sa confiance.

 

Glaise – Franck Bouysse

Glaise – Franck Bouysse

Un coup de foudre !

Il m’est difficile de vous parler de ce roman.  Pour la première fois, les mots me manquent et je sais qu’ils ne seront pas à la hauteur de l’immense talent de Franck Bouysse.

Le plus beau roman lu depuis longtemps !  Un éblouissement  !

Je préfère vous laisser découvrir l’histoire, juste quelques mots.  Août 1914, nous sommes à Saint Paul de Salers, petit village du Cantal.  Les hommes sont partis au front.  Seules restent les femmes, les jeunes, les vieux, les estropiés pour s’occuper des fermes, des animaux et survivre dans les campagnes profondes, dans les coulisses de cette guerre cruelle.

Réduire Glaise à un roman noir serait une grave erreur.  C’est un roman immense, sublime, d’une puissance inouïe. Un roman magistral et brillant.

Une histoire d’amour, de passion, d’initiation.  Une histoire de haine, de rage, d’injustice et de rancoeurs. Un hymne à la vie.

La noirceur côtoie la lumière, la beauté se combine à la rudesse, le désespoir se conjugue à l’espoir.

J’ai lu Glaise en deux soirées, happée par les personnages extraordinaires, d’une grande humanité. J’ai été bouleversée, ensorcelée, envoûtée et émue jusqu’aux tripes.

Franck Bouysse est  un conteur, un raconteur, un magicien des mots.  Son écriture est finement ciselée, travaillée, les mots sont d’une justesse et d’une sensibilité incroyable, une beauté et une poésie rare s’en dégagent.

Je laisse mes larmes couler toutes seules en tournant la dernière page.  Glaise me hantera très longtemps.

Je remercie chaleureusement La Manufacture de livres pour sa confiance.

4ème Couverture

Au pied du Puy-Violent dans le Cantal, à Saint-Paul de Salers, dans la chaleur de ce mois d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre, là- bas, loin. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants, même si on pense revenir avant l’automne, les travaux de champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Victor toute juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin devenu son ami. Dans une ferme voisine, c’est le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage : une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.
Même son frère, celui de la ville, est parti à la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Marie se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes perdue va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Editeur: La Manufacture de livres, 425 pages, date sortie: 7 septembre 2017

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Oh joie, Marc Voltenauer est de retour !  

Après le succès de son excellent premier polar Le dragon du Muveran, la question que tout le monde se posait: va-t-il parvenir à négocier le deuxième virage avec Qui a tué Heidi ?

Je vous l’avoue, quand j’ai aimé le premier livre d’un auteur, j’ouvre toujours le deuxième avec une certaine appréhension, et si je suis déçue ?

Je n’ai pas lu Qui a tué Heidi ?,  je l’ai dévoré et adoré.

Dans ce deuxième opus, nous sommes de retour à Gryon, petit village pas si paisible des Alpes vaudoises en Suisse et nous allons voyager à Lausanne, Berlin, Genève et Moscou.

Une intrigue complexe et tordue mêlant des magouilles immobilières, des querelles de paysans, l’assassinat d’une vache et d’un éleveur, un politicien abattu à l’opéra de Berlin en pleine représentation de la Walkyrie, des disparitions inquiétantes de jeunes femmes.  Mais que vient faire Litso Ice, un horrible tueur à gages russe, au milieu de tout cet imbroglio ?   Et qui est l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère ?

L’inspecteur Andreas et son compagnon reprennent du service pour notre plus grand plaisir.  Ils auront bien du mal à y voir clair pour démêler les fils d’une passionnante intrigue qui nous tiendra en haleine jusqu’à la toute dernière page.

La construction est impeccable, les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit.  Les personnages sont de plus en plus attachants et gagnent en profondeur.  Nous explorons la complexité et la part d’ombre d’Andreas qui sera fort secoué et malmené dans cette enquête.

La plume s’est affinée, les chapitres très courts créent un sentiment d’urgence et une impossibilité à lâcher l’histoire, les pages se tournent à une vitesse folle, je reprend mon souffle entre les nombreux rebondissements, en m’égarant sur de fausses pistes.  Je devine le coupable, cette fois c’est sûr, j’ai trouvé… et non, j’aurai tout faux jusqu’au bout !

Marc Voltenauer est d’une cruauté sans nom (et oui, j’ose le dire !) en nous offrant une fin ouverte, en forme de cliffhanger !  Dieu que l’attente de la suite sera longue !

Son premier polar était très bon, son deuxième est excellent.

Et si vous avez aimé Le dragon du muveran, vous adorerez Qui a tué Heidi ?

N’attendez plus !

Je remercie chaleureusement Marc Voltenaueur pour sa confiance et l’envoi de son roman.

4ème Couverture

Un chassé-croisé infernal « Andreas fonçait au volant de sa vieille BMW. Il enchaînait les virages et jouait avec les limites qu’imposait la route sinueuse. Les haut-parleurs diffusaient encore la chanson. Le refrain lancinant résonnait au fond de lui comme un écho de son état intérieur. » Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ? Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon. Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr… Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte. Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Editeur: Slatkine et Cie, 445 pages, date sortie: 25 août 2017 (France/Belgique, 7 septembre 2017)

Bilan lecture août 2017

Bilan lecture août 2017

8 livres lus, soit  3296 pages et un manuscrit soit 265 pages

L’heure du bilan a sonné.  Août, c’était les vacances ! J’ai un peu moins lu mais cela a été un magnifique mois, les émotions, les frissons, l’adrénaline, les surprises  et même quelques larmes étaient au rendez vous !

Une très belle découverte avec deux premiers romans: « Je suis innocent » et « Zoo »

Des retrouvailles attendues avec trois auteurs et leurs excellents thrillers: « Tu tueras l’ange », « Ressacs » et « Heidi »

Une grosse déception: « Ragdoll »

Un énorme coup de coeur: « Fidèle au poste »

Un magnifique cadeau: « Akwaba » (un manuscrit)

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures… Lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

 

Voici la liste, en détails (cliquez sur les titres pour accéder directement aux chroniques)

Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri

Je suis innocent – Thomas Fecchio

Fidèle au poste – Amélie Antoine

Qui a tué Heidi – Marc Voltenauer (chronique en septembre pour sa sortie)

Le zoo – Gin Phillips (chronique en septembre pour sa sortie)

Ragdoll – Daniel Cole

Couleur bleuet -Schünemann & Volic

Ressacs – David-James Kennedy

Akwaba – Jean Louis Rouillan (chronique à suivre)