Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

Un thriller psychologique assez glaçant.

Une histoire de famille, d’instinct maternel, de folie, une horrible tragédie, un secret inavouable, un trauma du passé qui vous poursuit.

Le roman de François-Xavier Dillard est magnifiquement construit, comme un labyrinthe dans lequel le lecteur s’enfonce en se demandant s’il va trouver la sortie.

Beaucoup de flash back, des tiroirs qui s’ouvrent et se referment.  Les chapitres courts s’enchaînent très vite, mélangeant plusieurs histoires sans lien apparent, j’ai aimé être complètement perdue et déroutée, entrain de tourner frénétiquement les pages pour tenter de percer le secret.

C’est noir, glauque, malsain, on sent l’horreur poindre le bout de son nez, la tension monte crescendo et l’auteur nous balade jusqu’à la moitié de son livre, jouissif !  Il sème beaucoup d’indices, un peu trop, dommage car j’ai deviné la suite dans les grandes lignes.  J’ai continué ma lecture avec beaucoup de plaisir en espérant m’être trompée.  J’ai attendu une grosse claque pour le final mais elle n’est pas venue.

Un bon thriller psychologique très addictif et si vous ne devinez pas la suite, je vous garantis le « bluff » total.

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance.

4ème Couverture

L’instinct maternel est l’arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Editeur: Belfond, 320 pages, sortie: 15 juin 2017

L’impossible définition du mal – Maud Tabachnik

L’impossible définition du mal – Maud Tabachnik

Quand la réalité dépasse la fiction !

Maud Tabachnik frappe fort avec son dernier roman, elle nous emmène en Russie sur les traces du plus grand tueur en série cannibale du 20è siècle, surnommé « l’ogre de Rostov ».

La Russie ne voulait pas admettre l’existence de tueurs en série sur son territoire.  12 ans de folie meurtrière !  jusqu’à son arrestation en 1992, ce monstre a tué, mutilé et dévoré 52 personnes. Un criminel sauvage, intelligent, marié, père de deux enfants, membre du parti communiste, il jouissait d’une impunité de notable bien inséré dans la société, connaissant le maire et la police, insoupçonnable à tous niveaux.

L’auteure nous entraîne dans la folie du meurtrier, nous pénétrons dans sa tête, nous explorons ses sensations.  Un tueur sociopathe, atroce, sans émotions, sans empathie, sans conscience du bien et du mal, un pervers absolu sans humanité.

Maud Tabachnik s’interroge et nous pose la question: qu’est ce que le Mal et comment un homme ‘normal’ bascule et prend tout à coup du plaisir à tuer ?  Sa plume acérée au ton assez froid nous permet de prendre une juste distance et le recul nécessaire pour aller au bout du récit sans mouvements intempestifs de l’estomac.

Un commissaire têtu et très motivé  traquera le tueur et n’arrêtera pas avant de le capturer, on suivra la passionnante enquête sans pouvoir la lâcher.  Les lecteurs qui attendent un polar haletant seront déroutés car il n’y a pas de véritable suspense, on connaît d’emblée le tueur et les victimes.

L’histoire est avant tout un vecteur pour parler de la Russie contemporaine entre Eltsine et Poutine.  En toile de fond, sont dénoncés l’antisémitisme, la guerre en Tchétchénie, les attentats, la vie politique, les dirigeants, la grande corruption, les mafias, l’ignoble trafic des femmes et la prostitution.

Un roman sombre, un roman noir, un grand roman qui donne froid dans le dos.

A lire sans modération !

Je remercie chaleureusement les éditions De Borée pour leur confiance.

4ème Couverture

Viktor Braunstein, commissaire principal à la Direction des recherches criminelles, est dégradé pour avoir voulu faire le ménage dans la bureaucratie moscovite. Sanction immédiate : il est envoyé en tant qu’adjoint au commissariat numéro 1 de Rostov-sur-le-Don. Braunstein commence juste à prendre ses marques dans ce nouvel environnement et découvrir les moeurs de la province, quand l’actualité criminelle le rattrape… Une jeune femme, Hélène Koskas, est retrouvée morte au milieu des bois. Si son identité et son histoire ne font guère de mystères ― elle devait venir gonfler le nombre des femmes slaves sur les trottoirs des capitales européennes ―, c’est son corps, mutilé, qui interpelle. Suivant le mode opératoire de l’assassinat, tout laisse à penser que ce crime porte la signature du tueur cannibale, un dangereux spree killer en cavale depuis plus de dix ans. Si le meurtrier le plus recherché de Russie est dans la région, il n’y a aucune raison pour qu’il ne récidive pas dans les jours prochains. L’enquête commence… Un récit sombre au plus profond de la Russie d’aujourd’hui : une nation qui se cherche entre la postérité des tsars, un mythe soviétique décadent et le pouvoir actuel conservateur et autoritaire.

Editeur: De Borée (coll. Marge Noire), 327 pages, sortie: 13 avril 2017

Un siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Un siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Une très belle découverte !

Un premier roman d’un « jeune » auteur belge, professeur de français-latin depuis 25 ans.

Un polar ambitieux et très original sous forme de récit de vie.

Marylou, une jeune journaliste belge, est engagée par Dantiedov, un riche vieillard américain pour écrire sa biographie.  Le contrat est si juteux qu’elle ne peut refuser.

Dantiedov est manipulateur, machiavélique, odieux, il tire toutes les ficelles à sa guise.  Marylou reçoit les informations au compte goutte, sous forme d’énigmes à résoudre.  C’est un véritable puzzle qu’elle devra reconstituer.  Mais pourquoi a t elle été choisie ?

Ses recherches la feront voyager à New York, à Syracuse en passant par Bruxelles et Redu (village belge du livre) l’obligeant à remonter le siècle jusqu’en 1907.  Au fil du récit, Marylou sera également amenée à s’interroger sur ses origines dont elle sait très peu de choses.  Une enquête plus complexe qu’il n’y parait, Jean-Louis Aerts a eu la brillante idée de mêler des évènements historiques qui ont jalonné le siècle à son histoire…  passionnant !

Marylou tente par tous les moyens de dénouer les fils d’une pelote fort emmêlée, va t elle y arriver ?  Les surprises, les mensonges, les révélations s’enchaînent à un rythme soutenu, difficile de lâcher l’histoire en cours de route.  La plume est fluide, assez addictive, non dénuée d’humour.

Au final, quelques maladresses d’un premier roman et un seul petit bémol, j’aurais aimé que les personnages soient un peu plus fouillés.

Une lecture que je vous recommande vivement et un auteur que je suivrai de près.

Je remercie chaleureusement les éditions 180° pour leur confiance.

4ème Couverture

Jeune journaliste de trente-trois ans, Marylou est engagée par un richissime vieillard américain pour écrire sa biographie. Le contrat à peine signé, elle se rend compte qu’elle se fait manipuler. Trop tard, le piège se referme inexorablement sur elle. Le compte à rebours est déclenché : il lui reste moins de deux ans pour comprendre les enjeux dont elle est l’objet. Débute alors un véritable bras de fer entre deux êtres que tout semble opposer.
De New York à Syracuse, en passant par Bruxelles, Marylou sera forcée de remonter le passé jusqu’en 1907 et d’ouvrir la boîte de Pandore.
L’auteur nous livre un roman captivant dès la première page, dans lequel il distille, au fil de trente-cinq chapitres, les pièces d’un puzzle qu’on prend plaisir à reconstituer.

Editeur: 180°, 384 pages, sortie Belgique et Suisse: mai 2016, sortie prévue en France: 2018.  Le livre est téléchargeable sur toutes les plates-formes.

I

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

Coup de coeur !

Après avoir lu Toxique,  j’avais envie de découvrir au plus vite les autres romans de Niko Tackian et je ne regrette pas le voyage.

Si je devais résumer La nuit n’est jamais complète en sept mots, je dirais: Déstabilisant, Captivant, Hypnotisant, Envoûtant, Suffocant, Eblouissant, Angoissant.

Je l’ai lu d’une traite, durant une nuit d’orage, entortillée dans mes draps, en immersion totale, entrain de guetter l’apparition des gros yeux jaunes dans ma chambre.  Jouissance absolue !

Une citation d’Elisabeth Kübler-Ross au début d’un polar, étrange ou paradoxal me direz-vous. Comme le titre faisant référence au poème de Paul Eluard.  J’ai aimé d’emblée.

La nuit n’est jamais complète est un huis clos oppressant dans l’immensité du désert, c’est vraiment pas banal.  Dès les premières pages, l’auteur nous happe dans sa toile et nous enferme dans un cauchemar pour jouer avec nos peurs et distiller une angoisse qui ne nous lâchera pas.  Aucun moment de répit n’est offert dans ce suspense intense.   Nous oscillons à la frontière entre fantastique et réalité dans un mystère s’épaississant au fil des pages.

Niko Tackian nous fait ressentir comme personne cette ambiance suffocante et lourde tant son écriture est précise et visuelle, j’ai eu l’impression de regarder un film tout en lisant.  Une histoire impossible à raconter,  juste une expérience très forte à vivre.

Pas un seul instant, on arrive à deviner où l’auteur va nous emmener.  Il nous balade dans un voyage initiatique au coeur de nos peurs, quand nos nuits sont peuplées de cauchemars.  Une ode à la vie.  La vie côtoie la mort ou est-ce l’inverse ?  Et au milieu de tout ça, une très belle relation entre Jimmy le père et sa fille Arielle, fort touchant.

Le final, ah le final… tellement imprévisible avec une grosse dose d’émotions, scotchée comme après un terrible choc frontal.  J’ai adoré !

Niko Tackian a vraiment un énorme talent.

4ème Couverture

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte.  A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar…
Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

Editeur: Pocket, 256 pages, sortie: 13 avril 2017 – éditions Scrineo, sortie 3 mars 2016

La dernière licorne – Tobby Rolland

La dernière licorne – Tobby Rolland

L’auteur nous prévient: tout est vrai dans ce roman, excepté le Parlement mondial des religions.

Tout à la fois thriller ésotérique, roman d’aventures et chasse au trésor. Nous voyageons aux quatre coins de la planète, à la poursuite d’un secret, à la recherche de l’arche de Noé… Et si ce n’était pas une fable ?

Quand la religion, l’histoire biblique, la science, les mythes côtoient la géopolitique, l’archéologie, l’ethnologie, cela donne un roman ambitieux, érudit, extrêmement documenté et très divertissant.

Tobby Rolland a l’imagination bien fertile, il nous embarque dès les premières pages dans une histoire palpitante,  une intrigue assez étonnante, pleine de mystères, de rebondissements et de révélations surprenantes.

Les chapitres sont très courts, 4 ou 5 pages, tout s’enchaîne à un rythme effréné. C’est nerveux, trépidant, addictif.  Le suspense est savamment distillé, même si l’histoire s’essouffle quelque peu dans le dernier quart et n’échappe pas à certaines longueurs.

Quelques petits bémols qui ne m’ont nullement gênée, n’oublions pas que c’est un premier roman ! Trop de heureux hasards, de petits miracles pour nos héros qui s’en sortent toujours en dernière minute, quelques passages légèrement  académiques, des personnages un peu trop caricaturaux avec des méchants très méchants et des gentils trop gentils, la relation stéréotypée entre Cécile, la glaciologue et Zak, l’Indiana Jones aventurier et un dénouement quelque peu prévisible.

Chapeau bas pour ce très bon premier roman, un excellent moment de lecture pour les amateurs du genre !

Tobby Rolland est le nom de plume d’un haut fonctionnaire en poste dans plusieurs ambassades d’Asie centrale et spécialiste des questions diplomatiques, linguistiques et religieuses.

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

4ème Couverture

Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.
Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. « L’anomalie d’Ararat « , cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle  » la  » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?
Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.
Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aven¬turier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?
Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…
Là où la vérité dépasse l’imagination.

Editeur: Presses de la cité, 594 pages, date sortie:  24 mai 2017

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Un magnifique roman choral tout en émotions.

L’histoire débute comme un polar, une femme de 65 ans est retrouvée morte et décomposée dans la solitude d’une chambre de bonne à Paris.  Qui était Lila Beaulieu ?

Douze personnes qui l’ont connue ou croisée rembobinent leurs souvenirs et racontent tour à tour, par petites touches, la vie de Lila Beaulieu.

Une vie faite de solitude,  de peurs, de silences, de fêlures, de blessures, de drames.  Une vie lourde du poids du passé et de ses culpabilités.  Une vie dessinée avec des rêves, des espoirs, des choix, des rencontres, des ruptures.

Et, se faufile LA grande question : que faisons-nous de nos vies ?

C’est tragique et terriblement humain…. Beau, touchant, tout en nuances… Noir et lumineux… D’une justesse et d’une finesse incroyable.

La plume de Catherine Locandro est remarquable de sensibilité et de délicatesse.

Un coup de coeur pour ce sublime portrait de femme.

Je remercie chaleureusement les éditions Héloïse d’Ormesson pour leur confiance.

4ème Couverture

Comme un film que l’on rembobine, cette histoire commence par la fin. Une banale levée de corps par l’équipe des pompes funèbres, celui d’une femme de 65 ans retrouvée dans un studio parisien, entre des magazines, photos éparses et cadavres de bouteilles. Triste spectacle de l’ultime solitude. Pourtant la défunte est loin d’être une inconnue. Elle fut une icône du cinéma. Un rôle qui changea sa vie, et précipita sa chute. Quelle sombre histoire se cache derrière ce destin tragique ?

Editeur: Héloïse d’Ormesson, 205 pages, date sortie: 12 janvier 2017

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Coup de maître  !

Le Breton Morgan Audic frappe TRES fort avec son premier thriller.

Une maîtrise impressionnante et une totale réussite !

Alice a mystérieusement disparu. Peu de temps après sa disparition, son mari l’avocat Anderssen est devenu amnésique suite à un grave accident de voiture. Soupçonné de l’avoir tuée, il la cherche en vain depuis trois ans avec l’aide d’un détective et reçoit d’étranges messages de la part du Corbeau.  Un tueur en série « Le Marionnettiste » est sous les verrous,  des nouveaux meurtres apparaissent, semblables aux siens, s’agit il d’un copycat ?  toutes les jeunes filles sont blondes et ressemblent à Alice.  Alice fait elle partie des victimes ?  Diane, une boxeuse professionnelle au caractère plus que trempé, ex flic, virée de la police, va reprendre du service.  C’est elle qui avait mené l’enquête sur Le Marionnettiste.

Une double enquête fort excitante, une construction vertigineuse en tiroirs, une intrigue très originale et alambiquée, un scénario en béton, un rythme d’enfer sans aucun temps mort.  Au fil du roman, les rebondissements se multiplient, le suspense s’intensifie, cela devient carrément haletant, difficile de lâcher l’histoire.

C’est magnifiquement écrit, Morgan Audic a un vrai style et une plume très fluide.

L’auteur sème des indices, nous avançons sur des fausses pistes pendant que les cadavres s’accumulent et que les magouilles pointent le bout du nez.  Notre route croisera un procureur, des flics qui se tirent dans les pattes, des Roms, des avocats, un détective, un médecin qui donne dans l’humanitaire et Diane en personnage central.

Nous sommes bluffés plus d’une fois et baladés jusqu’au dénouement final totalement imprévu.  Du grand art,  bravo Morgan Audic !  C’est pour découvrir de telles pépites que je suis une serial lectrice.

Un auteur que je suivrai de très très près !

Lisez-le, lisez-le, et lisez-le ! 

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, avocat au barreau de Paris, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu et qui cherche en vain à retrouver la mémoire. Andersen qui reçoit des SMS énigmatiques, en forme de questions cryptées. Andersen, le mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres que la brigade criminelle traque en vain depuis des mois et qui tue, justement, à nouveau. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant, Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs. Dans un premier roman où les indices prennent la forme de charades, Morgan Audic tisse un jeu de faux-semblants, de trompe-l’oeil et de chausse-trappes aussi fascinant qu’un conte pour enfants diaboliques.

Editeur: Rouergue (coll. Rouerge noir), 357 pages, date sortie: 6 avril 2016

La pension de la via Saffi – Valerio Varesi

La pension de la via Saffi – Valerio Varesi

Un grand roman noir d’une rare sensibilité, empreint d’amertume et de nostalgie !

Deuxième enquête du commissaire Soneri, découvert dans Le Fleuve des brumes.

Le roman débute la veille de Noël avec la mort de Ghitta Tagliani, propriétaire d’une pension au centre de Parme.  Le commissaire est appelé sur les lieux. Il connait bien Ghitta et la pension, il y a logé durant ses études et c’est même là qu’il y a rencontré Ada, son épouse, brutalement décédée durant son accouchement.

En débutant son enquête, il fouille dans les papiers de Ghitta et trouve une photo d’Ada accompagnée d’un autre homme. Ses vieux fantômes ressurgissent, ses souvenirs douloureux, ses blessures. Parallèlement à son enquête, il cherchera la vérité sur la vie de son épouse.

Les choses ont bien changé depuis les années 70, la pension pour étudiants s’est transformée en maison de rendez vous pour couples illégitimes.  Soneri découvre une Ghitta qu’il ne connaissait pas, une vieille dame assoiffée de revanche sociale, vénale, sans état d’âme, qui s’est servie des secrets de la ville pour exercer des chantages sans nom.  Serait ce là le motif de son assassinat ?

Le lecteur qui accepte de s’enfoncer dans l’ambiance envoûtante, enveloppante de Parme pour se perdre dans le brouillard hivernal de ses ruelles découvrira un fabuleux roman, empreint de nostalgie, de mélancolie et d’amertume.

Un grand roman noir, un brin vintage avec une ambiance désuète à la Simenon.

Soneri, amateur de bonne cuisine et de bons vins tourne en rond dans les quartiers de Parme, il prend son temps et mène l’enquête avec une certaine lenteur, il doute, il se questionne, il interroge un SDF et le barbier Belatti (seul survivant des petits commerçants).  Il ne reconnait plus sa ville, elle a perdu son âme, tous les petits commerces ont disparu au profit de magouilles immobilières.

Nous découvrons la mémoire cruelle de Parme, du fascisme aux années de plomb avec toutes ses corruptions politiques, sociales et criminelles.  La ville est un personnage à part entière dans ce roman et Valerio Varesi y insuffle tout son amour à travers sa magnifique plume d’une rare poésie.

Le commissaire devra percer beaucoup de secrets pour débusquer le coupable.  Y parviendra t il ?

Je remercie chaleureusement les éditions Agullo pour leur confiance.

4ème Couverture

« Les villes sont comme les enfants, elles changent d’année en année et si tu restes un moment sans les voir, tu ne les reconnais plus. Mais au fond, ce sont toujours les mêmes. »

Dans ce deuxième opus, Valerio Varesi nous entraîne dans une Parme fantomatique et glaciale où les souvenirs personnels du commissaire se heurtent de plein fouet à l’amnésie généralisée. Vingt-cinq ans plus tard, que sont devenus les combats et les luttes du passé et qui s’en souvient ?
À quelques jours de Noël, alors que la morsure du froid envahit Parme, Ghitta Tagliavini, la vieille propriétaire d’une pension du centre-ville est retrouvée assassinée dans son appartement. L’enquête est confiée au commissaire Soneri mais cette affaire fait ressurgir un drame enfoui : c’est dans cette pension pour étudiants de la via Saffi qu’il rencontra jadis sa femme, Ada, tragiquement disparue peu après leur mariage.

En s’enfonçant dans le brouillard épais comme on traverserait un miroir, Soneri va découvrir un univers bien plus sordide que ses souvenirs. L’aimable logeuse se révèle être une femme sans scrupules, enrichie par la pratique d’avortements clandestins et derrière la modeste pension, se cache en réalité un monde vivant de haine et de chantage, frayant avec le cynisme de cercles politiques corrompus.

Pour trouver l’assassin, le commissaire devra se confronter à l’épreuve du temps et à la vérité sur la vie et la mort d’Ada. Car qui est cet homme qui pose à côté d’elle sur cette photographie jaunie ?

Editeur: Agullo, 320 pages, date sortie: 23 mars 2017

Projet Anastasis – Jacques Vandroux

Projet Anastasis – Jacques Vandroux

 Et si c’était vrai ?

  J’ai dévoré cet époustouflant roman et j’ai jubilé du début à la fin.

Conquise et emballée totalement !

L’auteur m’a accrochée et  scotchée dès les premières pages pour me relâcher complètement essoufflée à la toute dernière ligne.

Thriller, roman d’aventures sur fond historique-politique avec un brin d’espionnage et d’anticipation.

Ca commence très fort avec un attentat qui secoue le coeur de Notre Dame à Paris.  La panique, la pagaille, les morts et la disparition d’un enfant de six ans, petit fils d’un homme politique français.  Un privé est engagé pour le retrouver, il ne sait pas très bien dans quoi il va mettre les pieds.  Le voilà plongé au coeur d’un vaste complot, d’une énigme mystérieuse, d’une machination politique et diabolique prenant ses sources au coeur du IIIè Reich durant la seconde guerre mondiale.  Je ne vous en dirai pas plus, ce serait criminel !

L’histoire est haletante et palpitante, elle nous fera voyager de Paris à Munich, en passant par les Vosges, l’Alsace, la Bretagne, l’île de Malte et nous allons croiser des diplomates, des flics et politiciens corrompus, des scientifiques fous et allumés.

Jacques Vandroux a une imagination débordante, son intrigue est complexe et passionnante, sans jamais perdre le lecteur.  Aucun répit dans cette histoire palpitante et captivante, une course poursuite qui nous balade de surprises en rebondissements et fait méchamment grimper notre taux d’adrénaline. Quel rythme soutenu pour cette lecture hautement addictive !

Le style est fluide, vif, nerveux, l’écriture très visuelle, (l’adaptation cinéma ne doit pas être loin) et les personnages sont bien campés, bien croqués.

Toute cette histoire me donne froid dans le dos et au final, je me pose une question: sommes nous si loin de la réalité ?

Plongez dans ce Projet Anastasis, vous ne regretterez pas l’aventure.

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont pour leur confiance.

4ème Couverture

Jean Legarec, responsable d’une agence privée de renseignements, est un expert en affaires sensibles. Mais il est loin d’imaginer ce qui l’attend lorsqu’il accepte d’enquêter sur la disparition d’un enfant. Ce dernier, petit-fils d’un homme politique influent, a été enlevé lors du chaos qui a suivi un attentat perpétré à Notre-Dame de Paris. Très vite, Legarec découvre qu’il ne s’agit pas d’un  » simple  » kidnapping, mais d’un large complot dont les racines remontent au Troisième Reich.
Aidé de Béatrice, la tante du garçon, il va devoir plonger au coeur des heures les plus sombres de l’histoire européenne. Et ce, alors même que son attirance grandissante pour Béatrice menace d’obscurcir son jugement… Parviendra-t-il à mettre de côté ses sentiments personnels pour sauver un enfant innocent de cette toile infernale ?

Editeur: Robert Laffont, 528 pages, date sortie: 8 juin 2017