Femme sur écoute – Hervé Jourdain

Femme sur écoute – Hervé Jourdain

Au coeur d’une enquête policière !

L’histoire met du temps avant de démarrer, accrochez vous durant les 100 premières pages,  l’auteur installe lentement le cadre de son intrigue.

Un pavé de 520 pages qui débute avec la retranscription d’écoutes téléphoniques entre Manon, une escort girl et sa copine. Je n’ai pas compris où l’auteur m’emmenait, ça partait un peu dans tous les sens, avec une multitude de personnages.

J’ai même failli abandonner et là, il s’est passé quelque chose, un déclic… et je suis entrée à fond dans cette intrigue complexe aux ramifications multiples.  Nous suivons plusieurs enquêtes en parallèle et au fil du récit, toutes les pièces du puzzle finissent par s’imbriquer, les rebondissements se multiplient et cela devient passionnant, addictif et impossible à lâcher.

Une plongée dans Paris la nuit et sa vie underground, ses club VIP, les escort girls, les strip-teaseuses,  le monde carcéral, les politiciens corrompus et l’abus de pouvoir, les journalistes et leurs manigances pour les scoops et  la vie quotidienne des flics avec leurs journées interminables.  Les femmes flics qui tentent de survivre et de se faire une place dans ce monde machiste et sexiste, les flics misogynes, les ripoux…

Nous sommes clairement au coeur d’une enquête policière, une enquête très réaliste, très précise, nous sommes sur le terrain, au coeur de la fourmillière, avec beaucoup de descriptions de procédures par moment.  Mais Hervé Jourdain sait de quoi il parle, c’est un ancien capitaine de police de la brigade criminelle.  Et tous les aspects techniques de l’enquête sont équilibrés par des personnages au charisme fort, attachants et terriblement humains dans leurs failles.

Un excellent et surprenant moment de lecture !

Je remercie chaleureusement Fleuve noir pour sa confiance.

4ème Couverture

Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa sœur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt.
Sexe, politique, sécurité… Et des morts sans connexions apparentes. Au plus près du réel, en s’appuyant sur le système des écoutes téléphoniques, Hervé Jourdain bâtit une intrigue à l’architecture saisissante, doublée d’un portrait (à l’acide) de son époque.

Editeur: Fleuve noir, 528 pages, sortie le 13 avril 2017

Quand on a que l’humour – Amélie Antoine

Quand on a que l’humour – Amélie Antoine

Un livre lumineux, un livre rare, un livre ESSENTIEL…

J’ai adoré au delà de tout !

Ce n’est pas mon genre de lecture habituel mais pour la petite histoire, j’ai flashé sur la sublime couverture et j’ai lu le titre avec un énorme lapsus, j’y ai vu « Quand on a que l’amour » en pensant à Brel… du coup il me fallait le lire à tout prix.

J’ai envie d’aligner des lignes entières d’adjectifs pour en parler mais cela ne sera pas suffisant.  Une pure merveille, un diamant précieux, une pépite magnifique, un roman initiatique, émouvant, profond et bouleversant, d’une justesse incroyable et plein de vie, c’est fort, puissant et intense, c’est beau.

Je ne vous raconterai rien de l’histoire sous peine de spoiler, elle est en deux parties et se lit comme un polar avec une intrigue.

Une histoire D’AMOUR… de solitude… de non-dits… une histoire de liens et de deuils… une quête de sens du temps qui passe, que faisons-nous de nos vies ?

Amélie Antoine a une plume sublime de grande conteuse.  Des mots qui touchent en profondeur, des mots justes qui ébranlent l’Ame.  Ses mots ont une musique particulière, emplie de poésie et de sensibilité.  Une rare sensibilité, pas le pathos inutile, pas la sensiblerie mièvre à deux balles, pas le monde tout rose des bisounours.

Amélie, elle nous prend par la main pour nous raconter l’histoire d’Edouard. Elle nous percute en plein coeur, nous remue les tripes et nous retourne le cerveau.  J’ai ri, j’ai ri triste, j’ai pleuré, j’ai terminé émue avec une grosse boule dans la gorge, heureuse d’avoir rencontré Edouard.

Amélie, elle est toute jeune et elle nous offre un roman d’une telle maturité et sagesse, elle a dû vivre dix vies, c’est pas possible autrement.  Elle va tellement loin dans la psychologie de ses personnages, elles les fouillent, les décortiquent jusqu’au tréfonds.  Elle regarde les doutes et les fragilités qui se cachent derrière les masques.  Elle met en lumière les blessures qui ne cicatrisent jamais, avec lesquelles il nous faut composer.  Elle écoute les silences remplis de mots… ces mots qu’on ne dit pas, qu’on ose pas, qui s’accumulent comme un poison au fond de nous.

Edouard, l’humoriste, le clown qui fait rire… c’est vous, c’est moi, c’est tous les humains.  On se croit différents mais au final, on est tous pareils, on fait du mieux qu’on peut, maladroits dans nos relations et nos fragilités, on tente de s’en sortir en bricolant nos vies.

Quand on a que l’humour a résonné tellement fort en moi, je suis certaine qu’il fera écho chez vous.

Et comme dirait le héros du livre, Edouard Bresson, si vous le lisez, alors tout ira bien.

Et si vous dites aux gens que vous les aimez, ça ira encore mieux !

La vie, c’est ici et maintenant, ne passez pas à côté.

Amélie Antoine est l’auteure d’un premier roman, un polar « Fidèle au poste », il a remporté un énorme succès, je ne l’ai pas lu mais je m’empresse de le faire.

4ème Couverture

C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.
Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.
C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.
Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.
Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

Editeur: Michel Lafon, 424 pages, sortie le 4 mai 2017

Hier ou jamais – Elisabeth Herrmann

Hier ou jamais – Elisabeth Herrmann

Un polar intimiste au coeur de la seconde guerre mondiale

Un héritage fait ressurgir de lourds secrets de famille bien enfouis.

Je remercie vivement les éditions Slatkine & Cie de m’avoir proposé cet ouvrage, une très belle découverte. Un livre dont on parle peu et c’est bien dommage.

Publié en 2005 en Allemagne et récemment traduit en français, c’est le premier volet d’une série à succès, avec le personnage récurrent Joachim Vernau.

Elisabeth Herrmann a été émue par un fait méconnu de la seconde guerre mondiale, elle a voulu en témoigner à travers son roman.  Des jeunes filles (presque des enfants) des pays de l’est ont été déportées en Allemagne pour travailler comme bonnes et nounous dans les riches familles allemandes, maltraitées, violées, exploitées comme des esclaves.  Rejetées dans leur pays d’origine à la fin de la guerre, elles furent accusées de collaboration et emprisonnées ou déportées.   Certaines familles allemandes ont reconnu les faits et leur ont ainsi permis de recevoir une compensation, mais début des années 2000, certaines attendent toujours réparation et indemnisation.

Faites connaissance avec  la famille des comtes von Zernikow.  Irène, la grand mère nonagénaire, au caractère fort, elle surveille tout le monde et mène la famille à la baguette.  Utz, le père, un grand avocat qui possède le cabinet Zernikow.  Sigrun, sa fille, futur sénatrice en campagne électorale. Joachim Vernau, son fiancé, jeune avocat à l’essai au cabinet Zernikow.

Durant un diner chez ses beaux parents, Joachim assiste à une scène étrange.  Une vieille dame sonne et insiste pour remettre un message à Utz.  Elle est mise à la porte immédiatement et retrouvée morte le lendemain.  Intrigué par cette histoire, Joachim va mener l’enquête, aidé par une ex petite amie avocate.

A ses risques et périls, il tente de secouer la famille Zenikow pour qu’ils parlent.  La grand mère se mure dans le silence et son fils Utz, enfant durant la guerre ne se souvient plus ou ne veut pas se souvenir.

Mais quel est donc ce terrible secret qu’ils cachent tous ?

Joachim Vernau s’entête et cherche, même si il a beaucoup à perdre dans cette aventure… sa fiancée, son statut d’avocat privilégié au cabinet Zernikow mais il a aussi beaucoup à y gagner, son honneur et la paix de son âme.

L’histoire se déroule de nos jours à Berlin avec des flash back historiques.  Le Berlin contemporain, si bien décrit, tout en finesse, où la misère des quartiers populaires flirte avec le luxe le plus inouï.

Le récit démarre lentement, il faut s’accrocher un peu pour entrer pleinement dans sa lecture et l’apprivoiser.

J’ai beaucoup aimé cette quête de la vérité, captivante de bout en bout et j’ai adoré le personnage de Joachim.

Un tout petit bémol, je préfère le titre allemand « Das Kindermädchem » (la nounou/la nourrice), mieux adapté au contenu.

Une chose est sûre, je suivrai désormais les aventures de Joachim Vernau.

4ème Couverture

– Ton grand-père t’a légué une maison à Grünau.
Il s’agit d’une propriété perdue après-guerre, et qui pourrait éventuellement être restituée aujourd’hui.
– Elle vaut combien ? Utz leva les mains.
– Difficile à dire. Si on joue de malchance, rien du tout. En fait, il n’est pas certain qu’elle vous appartienne, qu’elle t’appartienne vraiment.
– Mon père est enregistré ici comme propriétaire légal.
– Utz hocha la tête.
– C’est vrai, mais regarde la date, s’il te plaît.
– 1933, marmonna Abraham.
Joachim Vernau est avocat associé au cabinet Zernikow. Il habite la villa Zernikow et s’apprête à épouser la petite-fille Zernikow.  L’ouverture d’un testament va bouleverser sa vie.  Qui a dit que l’avenir était la mémoire du passé ?

Editeur: Slatkine & Cie, 512 pages, sortie le 14 novembre 2016

Malgré elle – David-James Kennedy

Malgré elle – David-James Kennedy

MOTEUR !  ACTION !  COUPEZ ! 

Non, mais c’est quoi ce thriller de dingue ?  

Une histoire survoltée, survitaminée, qui file à 1000 à l’heure, sans aucun temps mort.  Un extraordinaire page turner, 576 pages haletantes et palpitantes qui se dévorent quasi d’une traite en apnée.

Ca démarre sur des chapeaux de roue, l’auteur nous happe dès les premières pages pour nous relâcher complètement épuisé, essoufflé à la dernière page.

Quand le passé rattrape le présent !  Un drame survenu il y a 26 ans dans une bande d’adolescents au lycée Henry IV refait surface sous forme d’une implacable vengeance.

Nos deux héros, Tom et Emma, essaient de comprendre ce qui se passe et tentent de sauver leur peau. Nous les suivons dans leur course poursuite aux quatre coins de la planète, Suède, Ecosse, Suisse, New York, Grèce en croisant des tueurs fous.  Les meurtres se succèdent, ça va vite, terriblement vite, à un rythme d’enfer.

Révélations, complots, rebondissements, expérimentations neuro-scientifiques, vos nerfs seront mis à rude épreuve.  La course poursuite est entrecoupée de flash back qui nous donnent le temps de reprendre quelque peu notre souffle.

L’intrigue est brillante, magnifiquement construite et la plume de David-James Kennedy est belle, très fluide et efficace.

J’ai ADORE le final époustouflant !!!  Il fallait oser mais en regard des expérimentations actuelles en neuro-sciences, nous ne sommes finalement peut être pas si loin de la réalité.

Un gros coup de coeur, une magnifique découverte !

N’hésitez pas une seconde, FONCEZ, ne passez surtout pas à côté !

Et moi, je vais lire le premier thriller de l’auteur « Ressacs » sorti récemment chez Pocket.

4ème Couverture

Paris, 1989. Au très chic lycée Henri-IV, les réputations se font et se défont. La magnétique Emma n’a pas conscience du pouvoir d’attraction qu’elle exerce sur les garçons. Yann. Arno. Manu… La liste de ses prétendants est longue. Mais c’est en Tom, ado solaire fou de sensations fortes, qu’elle a trouvé un alter ego. Lui qui la connaît si bien.

Un drame va survenir et assombrir le tableau de cette adolescence parfaite.

Paris, 2015. Les chemins se sont séparés. Tom est resté ce casse-cou qui faisait tomber les filles, profitant de la revente de sa boîte pour se laisser le temps de vivre. Jusqu’à ce jour où Lukowski, ancien d’Henri-IV envers lequel Tom se sent redevable, laisse deux messages désespérés, l’implorant de le retrouver.
Une fois sur place, il découvre la dépouille de son vieux camarade, flottant entre les rochers d’une lointaine côte suédoise. À l’intérieur de la maison voisine, un ordinateur portable et, sur l’écran, un défilé de photos accompagnées d’un mail menaçant. Emma ado, Emma adulte, Emma partout, sur chaque prise de vue. Qu’est devenue sa meilleure amie ? Qui était-elle réellement ? Pour qui et pour quoi devraient-ils tous payer après vingt-six ans ?

Editeur: Fleuve noir, 576 pages, sortie le 13 avril 2017

La fille derrière la porte – Patricia Hespel

La fille derrière la porte – Patricia Hespel

Un polar psychologique qui donne froid dans le dos.

Une belle découverte, une grosse surprise, un pur régal !

Prévoyez quelques heures devant vous avant de commencer votre lecture, il vous sera très difficile de la lâcher en cours de route.

Une petite question: vous méfiez vous de vos voisins ?  Des gens ordinaires que vous croisez chaque jour dans votre immeuble, dans votre quartier, vous les saluez, vous taillez un brin de causette et petit à petit, votre vie quotidienne bascule dans le drame et l’horreur.

La fille derrière la porte est une histoire infernale, une machination diabolique, un labyrinthe complexe, une quête d’identité qui nous plonge dans la folie, la schizophrénie, la manipulation psychique.

Une intrigue puissante et originale, un suspense inouï qui monte crescendo, une savante construction avec de nombreux flash back qui rythment le récit .

328 pages surprenantes, déstabilisantes, troublantes, anxiogènes et cauchemardesques.

La psychologie des personnages est un des points forts de ce roman, on les aime, on les déteste mais ils ne laissent pas indifférent.  L’auteur les dissèque en profondeur dans leur quotidien et nous fait traverser toute leur palette d’émotions fortes.

Patricia Hespel nous mène en bateau jusqu’au dénouement.  On est loin, très loin d’imaginer le final époustouflant qui laisse sans voix.

Bluffant de bout en bout !!!  Bravo Patricia Hespel, une auteure à suivre sans hésiter.

Son premier roman « Au bout du chemin » (Pocket, 2014) est un road movie.

 

4ème Couverture

Deux jeunes femmes, deux destins. D’un côté, Emmy, une jeune femme dépressive, fragilisée par les aléas de la vie et, de l’autre, sa voisine, Léna, une battante sûre d’elle qui va vite tenir la première sous son emprise et lui proposer un pacte singulier. Au fil des mois et de cette amitié atypique, un pacte venimeux et addictif s’articule autour de leur longue descente aux Enfers…
La gagnante du Prix du Suspense Psychologique 2017 présidé par Franck Thilliez.

Editeur: Les Nouveaux Auteurs, 328 pages, sortie le 27 avril 2017

Roma – Mirko Zilahy

Roma – Mirko Zilahy

La sublime couverture de ce roman m’a donné envie de le lire !

Prenez ces différents ingrédients: un serial killer, un profiler déprimé et alcoolique, de très bons flics, un professeur « de profiling » à la retraite, des meurtres abominables et sordides, une chasse à l’homme, des friches industrielles à Rome… Mélangez les et vous obtenez un premier roman réussi MAIS…

Le premier tiers de l’histoire est vraiment excellent. La plume sublime de l’auteur (il a étudié les lettres classiques) nous plonge assez vite dans l’histoire et l’atmosphère noire et si particulière du Rome industriel, ses friches et terrains vagues, ses égouts… très loin des cartes postales et du Colisée des touristes.

Les différents personnages entrent en scène, l’équipe du commissaire Mancini, un profiler de génie en pleine dépression, devenu alcoolique suite au décès de son épouse.

Un premier meurtre est commis, suivi très vite d’un deuxième, Mancini est immédiatement appelé sur les lieux.  Contraint et forcé d’accepter l’enquête, il commence une chasse à l’homme, envers et contre tout.

L’histoire est fluide, la construction intéressante, le suspense présent de bout en bout.  Mais au fur et à mesure du récit, cela devient assez classique, formaté,  déjà vu et cela manque quelque peu de tripes, d’émotions, d’adrénaline.  Les nombreuses descriptions de procédures rendent l’histoire un peu froide et les relations entre les personnages mériteraient d’être approfondies un peu plus réchauffer l’atmosphère.

J’ai l’impression que l’auteur a voulu nous en mettre plein la vue, nous en donner trop.  Comme s’il avait suivi le modèle américain en nous montrant qu’il connaissait bien les classiques du genre. L’auteur est traducteur d’auteurs anglo saxons, peut être a t il été influencé ?  En lisant, j’ai pensé au film Seven et ses septs meurtres atroces avec Brad Pitt et Morgan Freeman.  Comme j’aurais aimé que l’auteur nous offre son supplément d’âme italienne, à l’instar d’Andrea Camilleri.  Pourquoi copier les américains quand on est italien ?

Tentez l’expérience de ce polar glauque et noir !  Si vous êtes amateur de serial killer, vous aimerez.

Un premier roman plein de potentiel et un auteur est à suivre de près !

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

4ème Couverture

Dans les entrailles de la Ville éternelle…
Pluie sur Rome, torrents de boue le long du Tibre. Loin des monuments qui font sa renommée, au milieu d’un terrain vague, la ville dévoile au petit jour un corps atrocement mutilé… Un crime aussi barbare, seul le commissaire Mancini peut l’élucider. Cependant, ce profiler formé aux méthodes de Quantico n’a plus la tête aux assassinats : endeuillé par la mort de sa femme, Mancini a sombré dans l’alcool et supporte de moins en moins le monde extérieur. De plus, il a déjà un dossier en cours : la disparition inquiétante d’un oncologue réputé, celui-là même qui avait tenté en vain de sauver son épouse. Mais bientôt apparaissent d’autres corps suppliciés. Mancini n’a plus le choix. Épaulé par une équipe d’élite basée dans un ancien bunker, le flic brisé se laisse happer par une enquête qui le rapproche inexorablement de ses fantômes.

Editeur: Presses de la Cité (Sang d’Encre), 432 pages, sortie le 18 mai 2017

La fille idéale – Gilly MACMILLAN

La fille idéale – Gilly MACMILLAN

J’avais beaucoup aimé son premier livre « Ne pars pas sans moi »,  j’ai ADORE « La fille idéale ».

En lisant, la 4è couverture, vous penserez peut être que l’histoire n’a rien de spécial, sa construction très originale et vertigineuse vous feront changer d’avis.

Un des meilleurs polars psychologiques de ces derniers mois.

Un huis clos assez théâtral de 450 pages pendant lesquelles l’auteur nous tient en haleine, nous mène par le bout du nez, ne cesse de nous surprendre et attise sans cesse notre curiosité.  Imaginez… la plus grande partie de l’histoire se déroule dans une cuisine. L’air de rien, sans beaucoup d’action, c’est terriblement addictif, d’une rare intensité, on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Une narration à plusieurs voix, chaque chapitre est consacré à un personnage qui s’exprime et raconte à la première personne, on alterne sans cesse du présent au passé, ce qui rythme parfaitement le récit.  Par petites touches la psychologie des protagonistes est décrite avec finesse.  Pas à pas, leur vie et leurs états d’âme se dévoilent sous nos yeux, avec des révélations surprenantes sur des lourds secrets de famille.  Nous avons vraiment l’impression d’être assis avec eux dans cette cuisine entrain de les écouter parler.

La plume de Gilly MACMILLAN est magnifique et très littéraire.

Le suspense est distillé au compte goutte, la tension présente dès les premières pages monte crescendo au fil du récit jusqu’à l’énorme retournement de situation. Ouf, la pression se relâche quelque peu, le temps de respirer… pour remonter en flèche jusqu’à la toute fin.  Un final brillant et inattendu, qui nous met une bonne claque !

Vous aimerez à fond ou vous détesterez mais tentez l’expérience pour sortir des sentiers battus.

4ème Couverture

Zoe est la fille idéale : élève brillante, enfant modèle, musicienne talentueuse… Pourtant, l’adolescente cache un lourd secret : quelques années auparavant, elle a été à l’origine d’un tragique accident.

Zoe tente à présent de se reconstruire. Sa mère, Maria, et elle ont emménagé dans une autre ville. Maria s’est remariée avec un homme qui ignore tout de leur passé. Pour la mère, l’accident et ses répercussions n’ont plus aucune place dans le cocon de la  » famille idéale  » qu’elle a créée.

Le soir où Zoe doit donner le concert pour lequel elle se prépare depuis des mois, la nuit tourne au cauchemar et un meurtre est commis. Alors que tous essayent de comprendre les raisons de ce crime, Zoe sait que la vérité n’est jamais aussi simple que l’on pourrait le penser et que les apparences sont souvent trompeuses.

Editeur: Les Escales (Escales Noires), 450 pages, sortie le 4 mai 2017

Les enfants de Venise – Luca di Fulvio

Les enfants de Venise – Luca di Fulvio

Prenez votre billet pour Venise et offrez vous un FABULEUX et EXTRAORDINAIRE voyage !

UN SERENISSIME COUP DE COEUR !!!

Une vrai plaisir de lecture qui vous évadera complètement, vous oublierez tout ce qui vous entoure: vos horaires, votre boulot, votre vie sociale, vos soucis…

Comment ne pas être emporté et séduit par cette magnifique histoire ?  800 pages de pur bonheur qui se dévorent quasi d’une traite, une saga pleine de suspense qui rythmera et envahira vos journées et vos nuits.

Luca di Fulvio est un fabuleux raconteur d’histoire, quel sacré talent et quelle fougue il a pour nous tenir en haleine de la première à la dernière page d’une aventure qui en compte près de 800.

Un savant mélange d’histoire, d’aventure et de romanesque. C’est émouvant, palpitant, passionnant et bouleversant.  Une fresque historique unique qui nous immerge complètement dans la Venise du XVIè siècle et nous balade à travers le Rialto, le Canal grande, les calli, campi, sotoportegi de la Sérénissime.  Des milliers de détails rendent les descriptions si réalistes;  tout y est ! les couleurs, les images, les bruits, les odeurs, l’ambiance si particulière… une jouissance pour l’amoureuse-connaisseuse de Venise que je suis.

Luca di Fulvio nous raconte la vie quotidienne de la ville, la misère de ceux qui tentent de survivre comme ils peuvent, les prostituées et l’épidémie du mal français, le ghetto juif, le pouvoir de l’église.

On suit les aventures d’une bande de gamins des rues, ils nous parlent de l’enfance, de l’amitié, de la découverte de l’Amour, des rêves, des ambitions, d’honneur et de trahison.  Un magnifique récit d’apprentissage et d’initiation.

Un livre qui se lit comme un film tant l’écriture est visuelle. On est là, tout juste à côtés des personnages, on les voit, on les entend, on a presqu’envie de leur parler.  Des personnages hauts en couleurs et si attachants. On les aime, on les déteste mais aucun ne laisse indifférent.  On croise des gamins paumés, des petits escrocs, des vrais méchants repoussants, des rêveurs, des amoureux, un médecin juif, un moine fou, un capitaine…

L’auteur a l’art de jouer avec nos émotions et nous fait passer du rire aux larmes en un instant.  J’ai tremblé, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai espéré, j’ai respiré aux côtés de Mercurio, Giuditta, Isacoo, Anna…

Plus la fin approchait, plus je ralentissais le rythme pour ne pas atteindre la dernière page.  Je regrette au final qu’il n’y ait que 797 pages et non 1500.  Un livre dont je ne voulais pas sortir, je l’ai refermé à regret, en me sentant orpheline.  Arriverdeci,  Mercurio, Giuditta, Zolfo, Anna, Isacoo, Lanzafame… vous me manquez déjà.

Jetez vous sans hésiter dans les canaux de Venise, vous ne le regretterez pas.

Grazie mille e congratulazioni signor Luca di Fulvio per il vostro eccellente romanzo !

Merci aux Editions Slatkine & Cie.  Je tiens à souligner l’excellente qualité d’impression, le choix d’un papier doux et épais, de toute beauté.  Un régal pour les yeux !

J’ai aussi envie de féliciter Françoise BRUN pour sa formidable traduction de l’italien, un travail colossal et particulièrement réussi !

 

4ème Couv.

Le nouveau roman-événement de Luca di Fulvio, auteur du Gang des rêves !

Après l’Amérique des années 20, c’est cette fois-ci la Venise de la Renaissance que l’auteur va choisir comme cadre et comme ancrage de son récit ; un récit à couper le souffle qui reprend certains motifs déjà présents dans le Gang des rêves. Des jeunes gens qui feront tout pour réaliser leurs rêves les plus fous; l’amour qui s’affranchit de tous les obstacles, même les plus insurmontables; la misère et la violence sociale en toile de fond, mais décrite toujours avec justesse et sans voyeurisme; la question, enfin, de l’identité et de l’être au monde. Pour porter l’intrigue aux multiples rebondissements, le narrateur se démultiplie, l’histoire est racontée par plusieurs personnages, dont les destins sont irrémédiablement liés : un jeune voyou, pickpocket à ses heures perdues, une jeune fille juive qui possède un talent singulier et sans limites, son père enfin, avec qui elle entretient une relation difficile mais pleine d’amour…

Avec Les enfants de Venise, Di Fulvio s’impose donc vraiment comme le maître des sagas qui se dévorent aussi vite qu’une nouvelle…

Editeur: Slatkine & Cie, 797 pages, sortie le 4 mai 2017

Sharko- Franck Thilliez

Sharko- Franck Thilliez

Franck Thilliez… le retour !  

Un évènement attendu chaque année !

Un grand cru de Franck Thilliez, 18è roman et il parvient une fois de plus à nous surprendre  avec un thriller démoniaque qui nous piège de bout en bout.  Le Maître s’est même surpassé en nous offrant une plongée directe dans l’ambiance de ses tous premiers romans.

Si vous ne l’avez jamais lu, je vous invite fortement à lire les premiers opus pour appréhender les personnages et ne pas rester dans le brouillard, avec des questions sans réponse.  Sharko et Lucie ont un très lourd passé en commun et beaucoup de références aux premiers livres sont faites dans cet épisode SHARKO, 6è aventure du couple.

Faites connaissance avec Franck Sharko dans Train d’enfer pour Ange rouge et Deuils de miel.  Faites connaissance avec Lucie Henebelle dans La chambre des morts et La mémoire fantôme. Et rencontrez le couple Sharko-Hennebelle dans Le syndrome E. Deux flics écorchés vifs qui ne vivent que pour leur boulot.

Franck Thilliez tisse une histoire hallucinante, à couper le souffle en mêlant deux intrigues. D’un côté, une enquête dans l’enquête avec une descente en enfer et une torture psychologique pour le couple Sharko-Hennebelle, uni à la vie à la mort.  De l’autre, une plongée dans le milieu des satanistes de la pire espèce à travers une secte assoiffée de sang.  De quoi nous donner la chair de poule et nous glacer d’effroi plus d’une fois.

L’intrigue machiavélique, la tension permanente, l’intensité rare, le rythme infernal et le suspense puissance 1000 vous empêcheront de lâcher l’histoire avant le dénouement final.

L’auteur va très loin dans l’exploration de la noirceur de l’âme humaine.  Certaines scènes sont plutôt horribles, macabres, gore, violentes, sordides, noires et rouges comme de l’hémoglobine entrain de sécher.  Ames sensibles, passez donc votre chemin !

Un roman maîtrisé de bout en bout et extrêmement bien documenté scientifiquement, peut être même un peu trop, avec quelques longueurs vers la fin. Seul petit bémol !  La tension retombe quelque peu, avant de remonter en flèche dans les dernières pages.

Un excellent Thilliez à placer dans le haut du panier !

4ème Couv.

 » Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse.
Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élancent à la poursuite du gibier.
À la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. « 

Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.
Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.

Editeur: Fleuve Noir, 576 pages, sortie le 11 mai 2017

Un moindre mal – Joe Flanagan

Un moindre mal – Joe Flanagan

Qui a dit que le polar était un genre mineur ?  Ce brillant roman NOIR nous prouve le contraire.  Un grand roman d’atmosphère dans l’Amérique profonde des années 50.

UN JOYAU !!!

Deux enquêtes parallèles qui se croisent et se rejoignent à la fin.  La première sur  des meurtres atroces d’enfants dans ce coin reculé et tranquille de Cape Cod et la deuxième, celle que le lieutenant Warren va mener sur son collègue Stasiak.

L’affrontement du Bien et du Mal avec ces deux hommes que tout oppose.  Warren, le flic droit et intègre de la police locale, qui vit seul avec son jeune fils handicapé et Stasiak, un flic de la police d’Etat, une pourriture  corrompue jusqu’à la moelle.

Outre l’intrigue passionnante, l’auteur nous dépeint avec un talent fou et une écriture très littéraire le Cape Cod des années 50. La vie quotidienne, le conservatisme, le puritanisme, la religion très présente, les homosexuels qui n’ont pas leur place et font peur.

Les personnages sont fouillés à l’extrême.  Ils sont décrits par petites touches, avec beaucoup de finesse, de subtilité et de sensibilité. C’est touchant et plein d’humanité.

Le récit est dense, l’ambiance s’installe lentement avec une montée en tension tout au long du livre, elle devient insoutenable et envoûtante dès la moitié.  L’auteur nous offre un final éblouissant qui deviendra une référence dans le roman noir.  Le face à face extrême, l’affrontement brutal et sans concession entre Warren et Stasiak. Tout simplement grandiose !  j’en suis restée K.O. sans voix

Un immense plaisir de lecture.  Du grand art pour un premier roman, bravo Monsieur Joe Flanagan !

Un indispensable pour tous les amateurs de NOIR.

4ème Couv.

Cape Cod, 1957. Dans cette petite communauté tranquille, une série de meurtres d’enfants paralyse la population, une famille disparaît dans d’étranges circonstances, un homme se fait violemment tabasser et refuse de dénoncer ses agresseurs. Le lieutenant Warren, de la police locale, découvre la difficulté de mener à bien son enquête dans un service corrompu. Sa position devient intenable quand arrive dans la région Stasiak, officier légendaire de la Police d’État aux méthodes douteuses. Dépossédé de ses dossiers, Warren comprend vite qu’élucider ces affaires n’est pas le but premier de ce flic brutal et manipulateur. Pourtant il ne peut pas lui laisser le champ libre, au risque d’y perdre sa place, sa réputation et peut-être beaucoup plus.

Editeur: Gallmeister (coll. Noire), 480 pages, sortie le 30 mars 2017