Horrora Borealis – Nicolas Feuz

Après le gros coup de coeur de cet été pour « Le dragon du Muveran » de Marc Voltenauer, j’ai eu envie de découvrir un autre polar suisse.

Il est porté aux nues par beaucoup de blogs et les avis sont unanimement bons.
On peut lire sur la toile « Putain la claque » ou « Purée le bouquin » ou « Un grand Feuz, le meilleur » ou « Un livre excellent » et ce n’est qu’un petit échantillon des louanges.

Au risque de me faire huer (même pas peur !), j’ai un avis plus mitigé, je dois être la seule et j’assume.

Horrora borealis est un bon polar à lire pour décompresser, sans se poser trop de questions et surtout sans attacher d’importance à la qualité de l’écriture.

D’un côté, nous avons une intrigue ambigüe, machiavelique, sanglante, haletante, des courses poursuite, des retournements de situations, un suspens de tous les instants et une histoire impossible à lâcher.

Et de l’autre, quelques incohérences dans l’intrigue, une écriture baclée (dur pour une amoureuse des mots), des personnages un peu cliché, pas fouillés du tout (moi qui aime tant la profondeur des personnages), trop de heureux hasards et coïncidences dans la dernière partie et une fin fort tirée par les cheveux.
Je le dis souvent, trop c’est trop et à force d’en remettre dix couches, ça tue tout.

Cela reste une lecture distrayante, ne boudez donc pas votre plaisir et comme je suis la seule avec mon avis mitigé, il y a de fortes chances que ce thriller plaise à un grand nombre d’entre vous.

4ème Couv.

Tout ce sang qui coule aux pieds de Walker. La question n’est pas de savoir qui est ce cadavre avec une balle dans la tête. Non. La bonne question est : qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ? Les souvenirs sont flous, mais ce qui est sûr, c’est que de longue date, Walker ne croit plus au Père Noël. Et vous ? Vous y croyez encore ?

Editeur: The BookEdition, 307 pages, sortie le 18 octobre 2016

Les filles des autres – Amy Gentry

Un thriller psychologique centré sur les thèmes de la disparition d’un enfant, des relations mère-fille, de la famille, ses mensonges et ses culpabilités.

Un premier roman original, réussi et encensé unanimement par les critiques.

Et pourtant, je suis restée sur le quai, je ne suis pas montée dans le train.
Je n’ai pas été sensible à cette histoire.

Une construction très originale avec une chronologie inversée.
Mais une lecture trop entrecoupée, confuse, embrouillée pour moi avec les incessants flash back et toutes les histoires parallèles qui compliquent la narration.

Je n’ai pas adhéré à l’écriture, peut être est ce dû à la mauvaise traduction ?

Il m’a fallu beaucoup de patience pour tenir le coup jusqu’à la fin, tout en pataugeant dans les longueurs.

Le final et le dénouement sont grandioses et énormes !
Mais est-ce suffisant ?

J’ai lu un peu partout: si vous avez aimé « Les apparences », vous aimerez « Les filles des autres »… voilà le problème, j’ai pas du tout aimé « Les apparences ».

4ème Couv.

Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D’ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?
À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.
Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

Editeur: Robert Laffont (La Bête noire), 336 pages, sortie le 19 janvier 2017

Version officielle – James Renner

Version officielle – James Renner

Attention !!!     Ce livre est un véritable OVNI.

Sa lecture est un choc qui peut gravement remettre en question vos certitudes les plus profondes sur le monde et l’histoire avec un grand H.

Un roman inclassable, mêlant le thriller, le fantastique, la science fiction, l’imaginaire, l’histoire.
Un roman complètement barge mais oh combien jubilatoire !!!

L’auteur est un virtuose qui joue avec les théories conspirationnistes comme personne. Il a un talent fou qui frôle le génie et il ose absolument TOUT !

Le roman démarre comme un thriller qui vous happe rapidement pour vous balancer dans la plus folle histoire que j’ai jamais lue.

Impossible alors de faire demi tour, vous êtes vite englué jusqu’au cou.

La construction est magistrale, la lecture très addictive, les 500 pages défilent à toute allure. Oh my god que c’est brillant et intelligent !

Ce livre est perturbant, renversant, fascinant, hallucinant. Et au delà du divertissement, l’auteur pose des questions essentielles sur la mémoire du monde et notre facilité à oublier.

Embarquez dans ce voyage inoubliable qui revisite l’histoire de notre passé oublié et acceptez de perdre pied, de vaciller, de quitter vos certitudes, d’être bousculé, dérangé… au point de devoir poser le livre pour prendre un peu de distance et même de devenir gravement paranoïaque.

Je l’ai refermé à regret.
Une seule certitude, je ne sors pas indemne de cette lecture qui me hantera longtemps, très longtemps.

Le titre original de Version officielle est « The great forgetting », le grand oubli, bien plus fidèle au roman.

Un tout grand merci à l’ami Yvan qui m’a donné envie de lire cet extraordinaire bouquin, sans lui, je passais à côté.
Un grand merci aussi aux Editions Super 8 d’éditer de telles pépites.

Je viens illico d’acheter le premier thriller de James Renner « L’obsession ».

4ème Couv.

Professeur d’histoire, Jack Felter revient dans sa petite ville natale de l’Ohio. Son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire. Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux et qui a fini par épouser Tony Sanders, un psychiatre et son ancien meilleur ami. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans, et est présumé mort.
Le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans soigné pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Leur quête – sidérante – va les mener de Manhattan à des structures secrètes enfouies sous les montagnes des Catskills, pour s’achever sur une île secrète du Pacifique.
L’enjeu ? Aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler les véritables évènements de la Seconde Guerre mondiale.
Tandis que tout ce que pensait savoir Jack s’effondre, une question demeure, essentielle : est-il préférable d’oublier notre plus grande erreur, ou de se la rappeler pour ne plus jamais la commettre ?

Editeur: Super 8 éditions, 496 pages, sortie le 9 février 2017

Canicule – Jane Harper

Jane Harper fait son entrée dans la cour des grands avec son premier roman qui ne rencontre que des louanges.

Vous en avez marre de l’hiver qui s’éternise, enfilez votre maillot et lisez donc CANICULE, la température va vite monter jusqu’à devenir insupportable.

Nous voilà au coeur du bush australien, dans un petit village in the middle of nowhere, où sévit une atroce canicule depuis deux ans, c’est la fournaise.

L’ambiance est lourde, chaude, étouffante, électrique… prête à s’embraser à tout moment. La tension est permanente, les habitants deviennent fous, les animaux meurent, les récoltes ne poussent plus.

Bienvenue à Kiewarra !

Aaron Falk, policier à Melbourne, qui a fui le village il y a 20 ans va enquêter sur le prétendu suicide de son ami Luke. Il aurait mis fin à ses jours après avoir massacré toute sa famille.

L’intrigue est bien ficelée, comme un jeu de piste entre présent et passé sous forme de flash back.

L’auteure a l’art de nous embarquer constamment sur des fausses pistes, de brouiller les cartes et de nous mener par le bout du nez jusqu’au dénouement final, très inattendu.

Tous les villageois deviennent supects, des villageois qui se connaissent tous, du moins, le croient ils !
L’auteure prend le temps de raconter leur l’histoire et de fouiller en profondeur leur psychologie. Elle nous décrit aussi magnifiquement les paysages, l’environnement et l’atmosphère de ce bush, on s’y croirait. Et je vous assure que cela ne donne pas envie d’y vivre !

Un thriller rural sur le poids du passé, les secrets, les rumeurs et non dits, les illusions de l’adolescence et le poids de la culpabilité.
Quelques longueurs, de la confusion par moment et un super final, mais très tiré par les cheveux, dommage (non je ne vous dirai rien!)

Un excellent premier roman, prenez donc votre billet pour Kiewarra, vous ne le regretterez pas.

4ème Couv.

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

Editeur: Kero, 400 pages, sortie le 11 janvier 2017

Ce qui se dit la nuit – Elsa Roch

Découvrir le premier livre d’un auteur, c’est toujours un moment spécial et jubilatoire pour moi et la magie a opéré avec Elsa Roch.

Ah que j’ai aimé ce livre !

Si vous cherchez un thriller haletant où ça dézingue à tout va, passez votre chemin.

Nous sommes ici dans un polar noir, mais surtout un magnifique roman d’atmosphère.

Transporté dans un minuscule village français où le temps semble s’être arrêté. L’ambiance est oppressante, envoûtante et il se passe des choses bizarres dans ce village au passé sombre.

Le commissaire Marsac, au bout du rouleau, vient se ressourcer sur les lieux de son enfance.

A peine arrivé au village, un meurtre sordide est commis.
Marsac participe à l’enquête, au cours de laquelle il tente de renouer avec son passé lourd, douloureux et retrouve les vieux démons qu’il a fuit.

Une intrigue classique qui nous englue dans sa toile et nous offre de belles surprises. Un roman à voix multiples où chacun y va de son avis.

Les vieux secrets qu’on croyait enfouis ressurgissent, les jalousies, les non dits, les rancoeurs, les rumeurs, les silences des vieux qui en disent long, les souvenirs oubliés, les superstitions ancestrales qui se réveillent, le rebouteux-guérisseur sait beaucoup de choses mais… entre les vaches qui meurent bizarrement et les chèvres qui ont la tremblante, on se pose des questions.

Les protagonistes sont très humains et attachants avec leurs failles, leurs doutes, leurs peurs et leur complexité. L’auteure est psychologue et cela se sent, sa plume est belle, fine et précise pour décortiquer l’âme humaine, elle nous offre aussi de merveilleux dialogues et une très belle réflexion sur le deuil, la perte.

Un petit bijou, un vrai coup de coeur que j’ai savouré du début à la fin.

Je suivrai avec plaisir la suite des aventures du commissaire Marsac, j’espère qu’il reviendra vite.

4ème Couv.

Rentrer chez soi.
Tout oublier après le cadavre de trop, vingt ans dans la police à collectionner les «ides»: homicides, infanticides, parricides… À peine quadragénaire, le ommissaire
Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Il n’en peut plus. Il fuit Paris direction le village de ses origines.
Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue, un morceau de tissu bleu cousu au niveau du coeur.
Cette femme, c’est Marianne, une f gure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les sombres coulisses de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

Editeur: Calmann-Lévy, 306 pages, sortie le 8 février 2017

La voix secrète – Michaël Mention

Une belle découverte pour moi, je ne connaissais pas du tout la plume de Michaël Mention.

Un polar historique qui nous plonge dans le Paris de 1835, sous le règne de Louis Philippe.

Pierre Lacenaire -l’escroc, le voleur, le criminel érudit et poète- vit ses derniers jours emprisonné à la Conciergerie. Il écrit ses Mémoires en attendant la guillotine.
Pendant ce temps, un assassin rode dans les rues de Paris en décapitant des enfants. Ses crimes ressemblent à ceux de Lacenaire. S’agit il d’un copycat ?

La police patauge complètement. Allard, chef de la Sureté et ami de Lacenaire va faire appel à lui pour démasquer le coupable.

Au delà de l’enquête elle même, c’est l’atmosphère que j’ai beaucoup aimé.
Nous sommes immergés dans le Paris du XIX… la misère, la famine, les ouvriers exploités, les enfants travaillant dans les fabriques.
Le Paris des bas fonds, les ruelles sordides, sales et puantes, les abattoirs dégueulasses, le Paris de la débauche, les tripots, l’absinthe, les prostituées…

J’ai adoré la magnifique plume de l’auteur, viscérale avant tout, elle touche tous nos sens et parvient si bien à nous faire ressentir les atmosphères de l’époque, on y est vraiment, on respire les odeurs, on entend les bruits de la ville et on voit tout !

Un excellent roman historique qui mèle fiction et faits réels, il se lit très vite, d’une traite.
J’ai beaucoup aimé et le recommande à tous les amateurs du genre.

Un seul regret: c’était trop court!

J’ai hâte de découvrir les autres romans de l’auteur.

4ème Couv.

Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, alors que Paris est rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, vers le célèbre poète et assassin Pierre-François Lacenaire. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et à rédiger ses Mémoires en attendant de passer sous la guillotine. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide alors de le solliciter dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation, qui les entraînera tous deux dans les coulisses d’un Paris mystérieux et violent.

Editeur: 10 x 18 (Grands détectives), 240 pages, sortie le 5 janvier 2017

Dompteur d’anges – Claire Favan

Enooorme !!!! ❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️

Claire Favan avait confirmé l’immensité de son talent avec son dernier livre SERRE MOI FORT (sorti le 9 février en poche), je l’attendais donc de pied ferme, pensant qu’elle avait atteint le sommet de son art et qu’elle ne pouvait nous offrir une deuxième claque à la suite.

Et bien non, elle ose et elle récidive avec DOMPTEUR D’ANGES en frappant plus fort encore, beaucoup plus fort !!!

Une bombe, une claque, une pépite, une tuerie, une évidence sont des mots bien faibles pour parler de Dompteur d’anges.
Un vrai chef d’oeuvre du genre, un putain de coup de foudre, oui !!!

Accrochez vous, ce thriller original et atypique va vous bousculer, vous chambouler, vous estomaquer et vous laisser groggy.

J’ai commencé ce livre en soirée, j’ai dévoré 300 pages, hypnotisée par une intensité de lecture rarement atteinte, j’ai dû me faire violence pour le lâcher et dormir quelques heures.

Impossible de vous parler de l’histoire, de vous dévoiler quoi que soit sans gâcher votre plaisir de lecture, la 4ème de couverture en dit déjà trop.

Un conseil, entre nous, surtout ne lisez pas les chroniques qui vont vous détailler l’histoire en long et en large sous peine de ruiner complètement votre plaisir de lecture, vous voilà prévenus !

Un roman en trois parties avec un twist de malade au milieu. La première est très noire, elle nous vrille les tripes, la deuxième est un véritable uppercut qui nous tord l’estomac et la troisième nous coupe le souffle à chaque page, avec des retournements de situations inattendus.

Des histoires de malades, de barges, de psychopathes, j’en ai lu beaucoup mais celle ci est unique et d’une perversité sans limites.
C’est machiavélique, diabolique, intense, magnifiquement construit, psychologiquement génial, totalement addictif avec un suspense extraordinaire maintenu jusqu’à la toute fin.
Tout est parfait !

Ah qu’elle est douée Claire Favan pour nous manipuler et nous retourner comme personne. Du grand art !

Elle installe un univers, une atmosphère en quelques lignes tant son écriture est belle et fluide. Elle a l’art de pénétrer dans la tête de ses personnages et de les décrypter dans les moindres détails, mon dieu que c’est jouissif.

Claire Favan est vraiment une toute grande dame du polar et je m’incline à genoux devant son talent fou !

Un incontournable, un chef d’oeuvre du genre à lire de toute urgence !!!!

Impossible de passer à côté… sauf si vous avez décidé de ne plus jamais lire de thriller dans votre vie.

Une petite demande à Claire Favan: si vous frappez encore plus fort dans votre prochain roman, faudrait peut être voir avec l’éditeur pour distribuer un Lexomil avec chaque livre, histoire que vos lecteurs ne pètent pas tous un câble et sortent indemnes de leur lecture.
Qu’en pensez vous ?

4ème Couv.

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur…
Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu’à ce qu’une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature…

Editeur: Robert Laffont (La Bête Noire), 432 pages, sortie le 16 février 2017

En douce – Marin Ledun

Emilie se retrouve amputée et handicapée suite à un accident de voiture. Elle en veut à la terre entière et a envie de le faire payer à tout le monde en sombrant dans une folie destructrice, aveuglée par la rage et la solitude.

Emilie est frappadingue, elle joue la victime qui se fout toute seule dans les emmerdes. On la suit page après page, on a envie de savoir jusqu’où elle va aller dans son délire de rendre le monde responsable de sa vie merdique, râtée et insipide.

Tout à la fois roman noir, roman psychologique, drame social et huis clos. Nous sommes fort loin du huis clos oppressant des Noeuds d’acier de Sandrine Collette ou de Misery de Stephen King.

Il m’a manqué quelque chose pour que la sauce prenne.
Je ne suis pas vraiment rentrée dans cette histoire, je n’ai pas été touchée. Peut être parce je n’ai ressenti aucune empathie pour Emilie qui m’a laissée de marbre avec son côté victime.

L’écriture est belle et le récit très bien construit avec des flash back dans le passé d’Emilie. J’ai accroché à la première moitié pour m’ennuyer ensuite jusqu’à la fin. Dommage !

Bref, EN DOUCE, ne m’a pas convaincue mais je retenterai un autre livre de l’auteur.

4ème Couv.

Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Emilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard. L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne. La colère d’Emilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance. En douce est un roman dévastateur, où l’injustice se heurte à la force de vie d’une héroïne lumineuse.

Editeur: Ombres Noires, 251 pages, sortie le 24 août 2016

Toxique – Niko Tackian

Une intrigue banale, classique en apparence, qui se révèlera redoutablement tordue au final.

Un crime est commis, une directrice d’école est assassinée. L’enquête est bouclée et le coupable vite appréhendé. Fin de l’histoire… oui MAIS ! Tomar a une intuition qui ne le lâche plus, quelque chose ne tourne pas rond dans cette école…

Tomar, le pillier de ce livre, un flic plus que fêlé, torturé, borderline, hanté, tourmenté par son passé.
Tomar le flic attachant et charismatique, certain que l’histoire n’est pas aussi simple qu’on croit, il va creuser profond, entouré de son équipe et de Rhonda, la flic amoureuse de son chef et prête à tout.

Et là, nous basculons pour plonger dans un polar psychologique, l’histoire passionnante d’une sociopathe, de sa folie, de sa souffrance, une histoire de manipulation mentale.

C’est noir, oppressant et d’une perversité rarement atteinte.

Les chapitres sont courts, l’écriture est vive, sèche, percutante, très cinématographique.
Le rythme est soutenu, on dévore les 300 pages de ce page turner d’une traite, en oubliant de respirer.

Je ne vous dirai rien de plus.
Il faut lire TOXIQUE, un point c’est tout !

Ce polar vous tordra les tripes et vous coupera le souffle.
Une belle découverte et un coup de ❤️ !

Et, je vais suivre cet auteur, entré dans la cour des grands, retenez le nom de Niko Tackian.

4ème Couv.

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas. Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

Editeur: Calmann-Lévy, 306 pages, sortie le 4 janvier 2017

Un avant goût des anges – Philippe Setbon

Un avant goût des anges – Philippe Setbon

Dernier opus de la trilogie « Les trois visages de la vengeance ».

Le premier opus Cécile et le monsieur d’à côté  est très très bon, mais celui ci est tout à fait exceptionnel et frôle la perfection !

Pas d’humour noir et décalé, ni de légèreté dans cet opus.
Une plongée dans la profondeur de l’âme humaine, un concentré de noirceur et de manipulation, c’est brut de chez brut et ça vous ébranle de tous côtés. Une tragédie noire !

L’intrigue est complexe, intelligente et remarquablement construite.

Je ne vous en dévoilerai rien bien sûr, ce serait un crime.

Vous allez cotoyer des personnages fragiles, meurtris par la vie, qui pètent une durite et basculent vers la vengeance.  Ils vont vous toucher, vous émouvoir jusqu’au fin fond de vos tripes.
Attendez vous à vivre des émotions très fortes durant votre lecture, grâce à la magnifique plume de l’auteur.

Un troisième opus coup de poing qui confirme l’immense talent de Philippe Setbon !!!
Enorme coup de coeur !
N’attendez pas, les trois tomes sont disponibles aux Editions du Caïman

Je le répète, les trois opus peuvent se lire séparément, ils sont juste reliés par quelques détails communs.

4ème Couv.

Troisième volet du tryptique Les trois visages de la vengeance, de Philippe Setbon, ce roman, situé une fois de plus dans son quartier fétiche des Batignolles à Paris, décline une nouvelle vengeance pour le moins alambiquée… L’ex-flic Bruno Fabrizio devenu SDF, est recueilli par France, une femme étrange dont il tombe éperdument amoureux. Découvrant peu à peu son passé traumatisant, Bruno, à peine remis sur pied, va entreprendre de venger la jeune femme et de retrouver ceux qui l’ont agressée des années plus tôt. Mais France dit-elle toute la vérité ? Est-il vrai que l’amour, surtout l’amour fou, rend aveugle ?

Editeur: éditions Caïman, 200 pages, date sortie: 12/09/2016